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Culture

Théâtre Une Tempête, d’Aimé Césaire, présentée à Alger

Publié par R.C
le 10.02.2019 , 11h00
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La générale de la pièce de théâtre Une tempête, une réflexion sur le concept de race, le pouvoir et la décolonisation, du célèbre écrivain Aimé Césaire, a été présentée, mercredi, à Alger, par La troupe du festin.
Accueilli au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (Tna), le spectacle a été mis en scène par Afifa Bererhi et Lionel Longubardo sur un texte tiré de La tempête, œuvre originale de  William Shakespeare, réécrite et réadaptée en 1969 à la période «post-coloniale et anticolonialiste» par Aimé Césaire (1913-2008), «fondateur et représentant majeur», dès les années  1930, du mouvement littéraire et politique de la «négritude» avec Léon-Gontran Damas et Léopold Sédar Senghor, entre autres. Servie par une dizaine de comédiens amateurs, la trame a été focalisée  dans sa réécriture sur les personnages de «Prospéro», maître blanc  incarnant le colonisateur et ses pratiques  de déculturation et de déshumanisation, ainsi que ses deux serviteurs  opprimés et soumis, «Ariel» la mulâtre, et «Caliban» l’esclave, qui, tous  deux, vont proposer deux visions différentes du combat pour la liberté. Ainsi, si Caliban, jadis propriétaire de l’île envahie par Prospéro et ses  hommes, s’est résolu à mener une révolte avec ses compatriotes, rejetant sa  condition d’esclave, Ariel, elle, espiègle, prône la non-violence, préférant la ruse et la sagesse à toute autre forme d’affrontement, car elle sait que son peuple est démuni de la puissance nécessaire à sa libération. 
Sur un espace doté uniquement de quelques accessoires, les metteurs en  scène ont choisi de miser sur la densité du texte et la direction d’acteurs, faisant valoir le jeu des comédiens, qui se sont donné la réplique, 90 minutes durant, dans des échanges soutenus, occupant l’ensemble de la scène. 
«Nous n’avons bénéficié d’aucune subvention, d’où la difficulté de monter un décor et habiller les comédiens», a tenu à préciser Afifa Bererhi. Foulant la scène pour la première fois pour bon nombre d’entre eux, les  comédiens, Adem Ayach, Linda Bensid, Yaniss Boudjelouah, Anès Boumaaza,  Merouene Ghalloussi, Sarah  Guessab, Fawzi Kara, Réda Messaoud-Nacer et Zine El Abidine Mezaoui, tous  universitaires et amateurs de théâtre, ont su porter le texte, soutenus par des projections vidéo, pour illustrer des flash- back reconstituant la genèse de l’histoire. 
La bande-son, faite de reprises choisies par l’ensemble des éléments de la Troupe du festin, et l’éclairage sombre, vertical ou latéral, ont été concluants, assurant au spectacle les atmosphères adéquates à chacune de ses scènes. 
La Troupe du festin a déjà monté durant son année de création, en 2018, par Afifa Bererhi, Don Juan, pièce de Molière, présentée au Tna avec  quelques-uns des comédiens qui récidivent cette année avec Une tempête, un spectacle intellectuellement  contenu, et qui demande, cependant, plus de travail dans son volet  biomécanique notamment. Organisé par la Troupe du festin, en collaboration avec le Tna, la pièce  de théâtre Une tempête est reconduite jeudi au Tna, aux mêmes horaires.

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