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Rubrique Culture

Evocation Youcef Iliou, l’homme qui a découvert plus de 300 stations de gravures et peintures rupestres en Algérie

Le chercheur-archéologue, le Dr Youcef Iliou, nous quitta à jamais le 5 février 2001. Algérien musulman, d’origine française, il repose parmi les siens au cimetière Sidi-Boudjemaâ de Aïn-Sefra.
Youcef Iliou est venu en Algérie, en octobre 1963, comme coopérant technique à l’école laïque de Aïn-Sefra. C’est à Boussemghoun, alors directeur d’école primaire de 1966 à 1972, du temps où cette région des monts des ksour relevait de la circonscription de Aïn-Sefra, qu’il embrassa l’islam sous la bénédiction de l'imam et les notables de cette ville, et portera désormais le prénom de Youcef au lieu de Joseph et obtint par la suite la nationalité algérienne.
En 1973, il revint à Aïn-Sefra, comme conseiller pédagogique, puis professeur de l’enseignement dans les deux cycles (moyen et supérieur) jusqu’à 1987, date de son départ à la retraite. Titulaire d’un doctorat de 3e cycle de l’Institut d’art et d’archéologie (Panthéon Sorbonne), spécialité préhistoire, le défunt archéologue s’était consacré à l'inventaire et l’étude de l’art rupestre du Sud-Ouest algérien (du Tell à la frontière malienne) et rédigea la première partie d’une habilitation à diriger des fouilles portant sur l’objet pouvant servir à graver.
Youcef Iliou gravait, comme l’homme préhistorique, sur plaquette de grès, et sur le terrain, il s’intéressa à la paléolimnologie, au mégalithisme, à l’étude des migrations Nord/Sud, à partir de ses études et des documents originaux inédits sur la région, ramenés de France.
Dans la région des monts des ksour, il a à son actif la découverte de plus de 300 stations de gravures et de peintures rupestres inédites, parmi les plus belles d’Algérie, et la mise au point d’une méthodologie de relevés, à l’échelle des gravures.
Il a découvert les premiers gisements de vertébrés du secondaire (dinosaures, crocodiles, tortues, poissons...), les premiers canaux d’irrigation néolithique, une vaste carrière où venaient se ravitailler en silex les préhistoriques, de l’industrie atérienne, ibéro-maurusienne et néolithique, des inscriptions libyques inédites, des stations à cupules et à signes pictographiques.
Ses expositions se sont étalées en France à Paris (Centre culturel algérien, Centre culturel Pompidou) et en Algérie d’Est en Ouest et du Nord au Sud. II a en plus une collection d’estampes et de cartes géographiques dont certaines datent d’avant 1830. Le 5 février 2001, le Dr. Youcef Iliou nous quitta à jamais à l’hôpital Cavale Blanche de Brest, en France, laissant une riche archive pleine d’histoire et de pièces archéologiques.
Si dans son testament, l’un de ses souhaits a été exaucé, celui d’être inhumé parmi les siens au cimetière Sidi-Boudjemaâ dans sa ville adoptive, l’autre souhait, à savoir la réalisation d’un musée pour l’histoire dans la capitale des monts des ksour, pour l’exposition de ses recherches et ses richesses archéologiques, n’a jamais été réalisé.
B. Henine

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