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Débat

Situation du métis face à la mondialisation

Publié par LSA
le 04.04.2018 , 11h00
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Par Slimane Benaïssa
Pour ma part, je me définis comme tri-culturel, de culture berbère, française et arabe. Mes langues sont ma pluralité, mon lieu culturel est mon métissage, ma parole en est la synthèse. Ainsi, je suis le fils de l’histoire. Mes parents ont été mes géniteurs biologiques et mon existence culturelle allait se faire ailleurs que dans l’espace d’origine. L’histoire est devenue une sorte de lieu psychanalytique dans lequel je forge ma pluralité. Elle est la justification et la raison de ma vie. Elle est mon alibi identitaire.
Le métis est le pur produit de notre histoire commune, faite de colonisation et de décolonisation. Cette période de l’histoire s’est soldée par l’échec du colonisateur dans son projet, doublé de l’échec de beaucoup d’indépendances. Ce qui a fait que le métis et le métissage, au lieu d’être perçus comme une richesse, sont vécus comme porteurs d’échec et, pour certains extrémistes, comme le symbole même de l’échec.
Un Algérien ne peut prétendre que sa culture est universelle au sens où elle serait un modèle pour les autres, mais il peut dire que la culture universelle a influencé sa culture nationale. L’expérience historique a montré que les nations qui se sont élevées au-dessus des autres en s’érigeant en civilisation universelle ont influencé les autres cultures, soit pacifiquement soit par la force. Mais aussi forte soit-elle, l’influence d’une culture universelle sur une culture nationale ne peut ni l’effacer complètement ni s’y substituer. Le processus d’influence suit ses propres lois, il est fondé sur la disponibilité d’une culture nationale à recevoir et assimiler une culture universelle en fonction de ses besoins.
Une société qui stagne ou qui a peur ne peut assimiler d’autres cultures. L’histoire des influences culturelles prouve que seuls les peuples en progrès sont capables d’assimiler d’autres cultures et de reproduire une autre culture qui fera partie intégrante de leur propre culture nationale.
Au sein de toutes les sociétés métissées, les différentes cultures en présence s’opposent et s’enrichissent sans pour autant trouver le chemin vers une symbiose évolutive qui renforcerait la société dans sa globalité et dans sa dimension nationale. C’est pour cela que la gestion du multiculturalisme dépend du poids du nationalisme dans la société, de son niveau de démocratie et de sa tolérance. D’autant plus que le multiculturalisme n’est pas à maintenir en l’état, il n’est pas une fin en soi, il doit être résorbé et absorbé dans un projet politique et social qui deviendrait riche de sa diversité et qui ne souffrirait plus de ses différences. Par ailleurs, l’identité fait appel au territoire et à l’affectif. Le brassage des cultures déterritorialise, brouille les repères, perturbant ainsi la dimension identitaire parce qu’il la prive de ses espaces de ressourcement, l’affaiblit et la prive d’une grande partie d’elle-même. Le paradoxe du brassage des cultures se situe dans le fait qu’il a besoin d’identités affirmées pour bien réussir, mais que le brassage même affaiblit ces identités. Malheureusement, la civilisation métissée a encore un long chemin à faire avant de trouver l’assise nécessaire à son épanouissement. Elle sera longtemps encore vécue entre négation et acceptation, entre fascination et rejet, parce que l’histoire est trop proche pour qu’on puisse aller vers un dialogue serein. Le multiculturalisme avance vers son propre avenir déchiré entre inquiétude et certitude, entre angoisse et enthousiasme. Espérons qu’il saura s’enrichir de lui-même pour un meilleur lendemain. Et pour conclure je vous dis : «Il y a toujours plus pur que le pur, mais, seul le mélange est sûr.»
S. B.

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