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Entretien

Boualem Aïssaoui, producteur-réalisateur : «La nouvelle République a besoin de temps pour construire son image…»

Publié par LSA
le 21.06.2020 , 11h00
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Entretien réalisé par Mokhtar Benzaki

Le Soir d’Algérie : En ces temps de déconfinement progressif, quel regard portez-vous sur l’actualité culturelle et notamment cinématographique, plus précisément, que vous inspire l’installation récente d’une nouvelle commission à la tête du Fonds d’aide à la production cinématographique ? Un signal pour la relance du secteur ? 

Boualem Aïssaoui : Je n’ai pas à proprement parler à donner un avis sur la nouvelle composante de la commission du Fonds d’aide à la production cinématographique, connu sous les initiales de Fdatic, plus exactement Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique, mise en place depuis peu, sauf à souhaiter plein succès à ses membres dans l’accomplissement d’une mission, à la fois noble et complexe, de surcroît dans un contexte culturel où, en plus des déficits depuis longtemps diagnostiqués, sont venues s’ajouter les contraintes imposées ces derniers mois par ce virus satanique qui a mis le monde entier à genoux et éloigné les acteurs et les publics de la scène culturelle et artistique. 
Pour soutenir le choix, la crédibilité, il aurait fallu, à mon sens, publier face aux noms respectables, j’entends tous les noms, qui composent cette nouvelle commission du Fdatic, le parcours, la biographie de chacun et donner ainsi à l’acte, dès le départ, sa pleine transparence, puisque celle-ci est à la fois une «vieille» revendication des acteurs du secteur culturel et une forte exigence du moment. Je note par ailleurs que l’élément féminin est insuffisamment représenté alors que l’écriture ou l’empreinte féminine dans le cinéma, la télévision, la littérature, les arts plastiques, la musique bien sûr, est bien présente et en plein essor sur la scène culturelle et artistique, toutes générations confondues. Bien évidemment, Fatima Belhadj, interprète accomplie, qui a fait ses preuves dans le texte et la réalisation, saura apporter son expertise et sa sensibilité, et faire oublier qu’elle est la seule femme du collectif. 
Homme de télévision et de cinéma porté sur le patrimoine populaire et les questions de société avec une approche particulière qui a valu une audience populaire à ses productions, Mohamed Hazourli, nouveau président, aux qualités professionnelles et humaines reconnues et saluées, a la délicate tâche de s’extraire de son costume de réalisateur, de faiseur de films à sa manière pour pouvoir juger, en toute indépendance, avec ses collègues, de la valeur intrinsèque des textes qui lui sont soumis dans leur seul rapport aux normes de l’écriture, de l’originalité des contenus et de leur développement, leur fraîcheur et leur insolence parfois, dans la proximité avec les aspirations qui parcourent la société algérienne qui a grand besoin de se reconnaître dans l’image que l’on fait d’elle, de son histoire, de son vécu et de ses rêves, surtout lorsque cette image se façonne avec son propre argent comme c’est souvent le cas. 
Que dire d’autre du Fdatic ? Si vous insistez, bien sûr, le Fdatic ce n’est pas seulement sa composante qui nous interpelle ou du moins qui fait à elle seule son succès, je veux dire la réussite de sa mission.

Que voulez-vous dire ?
D’abord, le Fdatic intéresse aussi bien le cinéma que la télévision et ceux qui feignent l’ignorance, que dis-je, qui proclament avec arrogance qu’il faut verrouiller ses portes devant les œuvres audiovisuelles, doivent relire simplement son texte fondateur, faire preuve d’humilité et se défaire d’un complexe de supériorité, toujours malsain dans l’univers de l’art et de la culture.
Le Fdatic est une institution qui relève de l’autorité publique, financé en grande partie, en très grande partie, par l’argent public. Vous remarquerez ensuite que tous les membres qui le composent exercent des activités culturelles et artistiques en qualité d’indépendants et n’ont que leurs compétences et talents à faire valoir dans le domaine qui est le leur.
C’est dire la grande responsabilité qu’ils endossent à l’endroit du Trésor public qui leur confie, dès l’instant où ils sont officiellement installés, la charge de distribuer des aides selon des critères précis, ainsi qu’aux yeux des acteurs de l’activité cinématographique et audiovisuelle dont ils ont pour mission d’évaluer les projets selon une grille de lecture où la qualité technique du texte, sa construction dramatique, la profondeur des personnages, l’harmonie des décors, l’émotion que l’on rencontre à leur contact, les arguments qui motivent le coût prévisionnel et la faisabilité de la production envisagée en termes de moyens renseignent à la fois sur la force de l’imagination, le pouvoir de création et le réalisme économique du porteur auquel les temps difficiles ont appris à modérer sur ce terrain-là son ambition, sans avoir à économiser de sa créativité bien sûr, sinon il perdrait de son âme.
Ceci dit, si le Fdatic fonctionne en principe sur la base d’un règlement intérieur et si ses délibérations sont secrètes, l’exigence de transparence devrait se manifester sans tarder par la création d’un site web dans lequel seraient consignés les appels à projets dans des délais non contraignants, la liste des projets inscrits à l’ordre du jour de ses travaux, selon un ordre de passage respectueux des dates de dépôt, la liste des projets retenus ou proposés à une réécriture, leurs synopsis, la hauteur des aides accordées, la présentation publique de son bilan moral et financier annuel, et toute autre information que la commission jugerait utile de communiquer. 
Si le Fdatic accorde des aides à la production, on peut aussi se poser la question de savoir s’il entre dans ses prérogatives de visionner ou de délivrer un avis une fois le produit fini et, dans des cas extrêmes et rares, de voler au secours d’une façon ou d’une autre d’une production ayant bénéficié d’une contribution, dont le tournage s’est brutalement arrêté pour insuffisance de provisions ou d’imprévus, ou d’accident dûment constaté, pour éviter un naufrage et la perte totale de l’investissement, sans préjuger bien sûr des sanctions qu’il serait amené à prendre à l’avenir et dont la moindre serait d’inscrire désormais le porteur du projet défaillant, si sa responsabilité directe est avérée, sur une liste rouge à laquelle l’accès au fonds lui serait interdit pour une période plus ou moins longue. Quelle que soit ici l’économie du texte fondateur, il serait légitime qu’au moins un membre de la commission et au mieux son président assiste à la première séance de visionnage pour se rendre compte du travail accompli au regard du projet initial, nonobstant l’appréciation personnelle qu’il peut se faire de l’œuvre qui vient de voir le jour grâce à un apport du Fdatic, fut-il modeste, et d’ouvrir une réflexion sur le deuxième point qui participe dans le fond de la philosophie d’accompagner le producteur, qu’il fasse beau ou mauvais temps. 

La mise en œuvre d’un plan de relance de l’activité cinématographique appelle assurément la mobilisation de gros moyens financiers bien au-delà des capacités du Fdatic, comme on l’entend souvent dire auprès des professionnels et des experts. Que faire pour atteindre cet objectif stratégique ? 
Parce que le cinéma, art populaire par excellence, et la télévision, qui fait partie désormais du livret de famille de chaque foyer algérien, participent de la cohésion nationale et entretiennent les valeurs du vivre-ensemble, notamment lorsque les œuvres proposées se distinguent par la qualité des contenus et la beauté de l’expression, on peut dire, grâce aux aides qu’il octroie, que l’action du Fdatic revêt dans ce cas un caractère de service public. Au moins pour cette raison, les collectivités locales sur les territoires desquels se déroulent des tournages, les grandes entreprises économiques, les banques devraient suivre l’exemple de l’ANP et de la Direction générale de la Sûreté nationale, pour apporter en ce qui les concerne, sous forme de sponsoring ou tout autre type d’assistance et de facilités, un soutien puissant à la production cinématographique et audiovisuelle. 
C’est vrai, l’état actuel du parc des salles de cinéma en termes de confort et en nombre, ce qui renseigne sur leur mauvaise gestion, ajouté aux mutations qui se sont opérées au sein de la société algérienne et aux interdits que l’idéologie des ténèbres a fait peser sur sa tête durant une longue période, ont éloigné le public du grand écran et fini par faire de la télévision le «parti unique» de l’image. Lorsqu’on sait que ce qui fait courir les grands annonceurs c’est bien la visibilité immédiate de leur marque sur le marché local et étranger, on réalise le long chemin à faire et les défis à gagner pour lever les hésitations. 
S’il est attendu que le film circulera mieux en termes de qualité, en nombre et en plate-forme d’exploitation où la technique et le confort seraient enfin au rendez-vous dans les salles de cinéma, grâce à la nouvelle politique que l’Algérie entend conduire dans le domaine des arts et lettres et notamment dans le secteur cinématographique et audiovisuel, reconnu porteur de l’image d’un pays, les grands opérateurs publics et privés du secteur industriel, économique et commercial  devraient témoigner d’ores et déjà de toute leur solidarité pour aider les projets qui ont reçu le label du Fdatic à se faire dans de meilleures conditions pour accueillir, par le biais de contrats de sponsoring, avec une meilleure visibilité, l’identité de leur marque dans les génériques des films.
L’Agence nationale d’édition et de publicité (Anep) qui gère les budgets des grands annonceurs nationaux publics et privés dans certains cas devrait aider par son savoir-faire à l’accélération de ce processus. Pour être clair, la contribution du Fdatic comme son nom l’indique, plafonnée à des seuils, ne peut en aucun cas couvrir un budget tout entier d’une production cinématographique, et d’ailleurs ce n’est pas ce qui lui est demandé par le législateur. Et si on mettait sur la table deux sujets qui
≈fâchent ? Au plan de sa localisation, le Fdatic  devrait être délocalisé de l’administration centrale, c’est un point de vue, vers le Centre national du cinéma et de l’audiovisuel (CNCA) qui en assumerait son secrétariat et protègerait ses archives. 
Ce centre, qui a un caractère administratif, qui veille de par ses attributions à la réglementation, qui dispose d’espaces, y compris de salle de visionnage, qui a par expérience et de par les activités qu’il organise périodiquement, le contact professionnel avec la communauté cinématographique et audiovisuelle, donnera sans doute plus de présence et d’autonomie de fonctionnement au Fdatic qui a eu, dit-on, à souffrir par le passé, dans les périodes «fastes», d’injonctions et de passer outre qui ont eu souvent raison de ses membres les plus attachés à l’intégrité de leur mission.
Une deuxième interrogation qui rejoint votre précédente question touche au rapport actuel du ministère des Moudjahidine au cinéma et plus précisément au financement du film historique. Si la loi sur le cinéma dans un de ses articles controversés  proclame que la réalisation de toute œuvre cinématographique sur le mouvement national et la lutte de libération requiert obligatoirement et préalablement l’accord du gouvernement, le ministère des Moudjahidine a vite fait de s’ériger en guichet unique pour produire à coups de gros budgets ou s’introduire à des seuils significatifs dans des montages financiers de films à caractère historique traitant généralement des grandes figures de la révolution algérienne avec dans certains cas des polémiques infinies sur l’appréciation des contenus, ce qui renseigne sur l’imprécision ou la confusion des rôles des uns et des autres en aval et en amont, polémiques dont la noblesse des projets en question aurait inciter, vous en conviendrez, à en faire l’économie.
Pour la clarté du débat, le retour rapide de chacun à son propre territoire serait la bonne direction à prendre. Le ministère des Moudjahidine devrait quitter le champ de la fiction, du ressort en termes d’activité du ministère de la Culture, de ses établissements sous tutelle concernés et des fonds d’aide en place comme le Fdatic qui ont de l’expertise à faire valoir dans ce domaine, et se consacrer,  dans le cadre de ses centres  d’études et de recherche et ses directions centrales spécialisées, à la production directe de films institutionnels sous forme de témoignages et de films documentaires si utiles aux chercheurs, aux universités, aux écoles et aux maisons de la culture. 
Les fonds disponibles à son niveau dédiés initialement à la fiction et ils seraient importants, selon des gorges profondes, devraient revenir, selon une procédure que le législateur aura à concevoir, au seul Fdatic, qui deviendrait ainsi l’instrument public national privilégié dans l’aide à la production cinématographique. Les chaînes de télévision publiques et privées, ces dernières une fois légalisées, devraient concourir, quant à elles, au renouveau du cinéma algérien, par des pré-achats, l’entrée en coproduction par voie contractuelle, ou tout simplement par l’achat de droits de diffusion suivant un quota rendu désormais obligatoire dans leur propre cahier des charges.
Bien sûr, sauf normalement pour les films expérimentaux, le producteur porteur d’un projet déposé au Fdatic devrait justifier d’un apport personnel et s’acquitter, pourquoi pas, c’est un sujet de débat, de droits d’inscription à définir, pour aider éventuellement à l’organisation de séances de pitching (audition) autour des scénarios, à l’édition des scénarios primés et à leur promotion dans les universités, les grandes écoles de cinéma, les instituts du secteur, dans le respect bien évidemment de la réglementation protégeant les auteurs. Dans tous les cas de figure, le Fdatic,  quelle que soit son épaisseur, ne peut à lui seul garantir, c’est vrai, la relance maintes fois programmée du cinéma algérien. 

On entend parler d’industrie cinématographique aujourd’hui à laquelle un secrétariat d’État est entièrement dédié…
L’industrie cinématographique, et l’autorité ministérielle en charge du ministère de la Culture doit le savoir sans aucun doute, suppose avant toute chose l’actualisation du concept au regard des conquêtes fulgurantes de la technologie. 
L’industrie d’hier avec ses laboratoires qui ressemblent à des usines du XIXe siècle et ses cités de tournage de la grosseur d’une ville n’est plus une référence de nos jours, bien que cette carte postale compte encore de nombreux nostalgiques. Lorsque j’occupais un poste de responsabilité dans une agence de production publique au début des années quatre-vingt équipée à l’époque en analogique, et que j’avais invité un chef monteur, remarquable critique de cinéma par ailleurs, à la formation académique attestée, de s’exercer sous l’œil d’un équipementier à l’exploitation d’une cellule de montage vidéo nouvellement acquise, que de reproches avais-je dû affronter comme si j’avais demandé à ce collaborateur d’une grande sensibilité, aujourd’hui disparu, de se défaire de son identité. En aucun cas il ne voulait se séparer de sa table de montage de l’ère argentique aux dimensions imposantes taillées dans l’acier, du toucher et de l’odeur unique de la pellicule, des «chutiers», grosses caisses en bois au fond desquels s’entassaient «les mauvaises prises», et dont les montants sous forme d’anses servaient de support à la fixation des morceaux de films épars scrupuleusement numérotés et classés par un assistant qui n’avait pas droit à l’erreur, et qui attendaient, suspendus à des clous fins, d’être assemblés dans une continuité qui renvoie au développement du scénario original.

Il ne voulait pas s’éloigner des bruits saccadés de sa scotcheuse qui lui permettait, selon les indications détaillées d’un rapport script, une sorte de mouchard doté cependant de bonnes intentions auquel rien n’échappe durant les enregistrements répétés des prises de vue et de son, de faire les joints entre les bonnes prises comme un maçon le ferait avec des briques pour construire un édifice aux formes harmonieuses, ou une couturière avec les coupons précieux d’un ensemble destiné à enchanter une assistance exigeante.
Il ne voulait pas quitter bien sûr les murs de sa salle de montage plongés à toute heure de la journée dans une obscurité percée uniquement par une infime tache de lumière qui lui permettait de visionner en noir et blanc, en raison des coûts élevés des travaux de laboratoire, des milliers de mètres d’images saisies pourtant en couleur, qu’il faisait défiler parfois nerveusement dans un sens ou dans un autre, dans une ambiance nuit, devant des yeux voués tôt ou tard à l’usure. C’est le dilemme du passage de l’ère mécanique au numérique que je garde en mémoire.
Un clin d’œil à l’occasion de ce rappel personnel  à ceux encore vivants, qui ont fait le cinéma d’hier qui continue d’enchanter des familles entières toutes générations confondues, un hommage mérité aux disparus auxquels l’historique association Lumières a consacré une plaque en marbre commémorative que tous les passants peuvent voir sur l’imposante façade d’un endroit mythique d’Alger dédié justement au septième art. Mais au-delà des plates-formes techniques qui vont jusqu’à incorporer aujourd’hui les prouesses des téléphones portables en matière de capture d’images, l’industrie cinématographique, si c’est bien de cela qu’il s’agit, appelle la mise en place d’un système de production qui couvre toutes les étapes de fabrication d’un film, des résidences d’écriture et de réécriture, du soutien direct et indirect à la mise en œuvre des scénarios validés selon une procédure réglementaire transparente, aux studios de tournage intérieurs et extérieurs amovibles avec leurs ateliers spécialisés et leurs structures d’hébergement au confort étoilé pour répondre aux exigences de coproductions de haut niveau .
L’industrie cinématographique au sens extensif du terme, c’est aussi une académie des arts d’où sortiraient de nouvelles promotions de comédiennes et de comédiens, des musiciens de films, des décorateurs, pour ne citer que ces disciplines qui disposeraient, qu’ils soient permanents ou intermittents, de statuts protecteurs et valorisants au même titre que les scénaristes, les réalisateurs et les personnels techniques principaux.
C’est la formation supérieure et le perfectionnement continu des personnels techniques et de production, notamment dans les postes-clés où le déficit est flagrant depuis de nombreuses années, la post-production longtemps agitée comme une branche inaccessible pour des raisons qui n’emportent pas dans tous les cas de figure l’adhésion, un circuit de salles de cinéma moderne qui ne se suffit pas de travaux de réhabilitation, dont on a déjà souvent presque tout dit pour ne pas avoir encore à redire aujourd’hui, la distribution et la promotion nationale et internationale selon les règles du marketing propres justement à l’industrie cinématographique.
C’est aussi l’émergence d’une critique constructive dont les auteurs ne seront pas «en service commandé» pour abattre un film à sa naissance et, à défaut, l’homme qui lui a donné vie, et qu’on souhaiterait voir maîtriser en toutes circonstances leurs ambitions et leurs frustrations lorsqu’il s’agit de débattre d’un nouveau film en s’inspirant simplement de leurs aînés qui ont laissé des textes d’une grande valeur intellectuelle, journalistique et pédagogique. 
En s’éloignant de toute forme de narcissisme, la critique a assurément un rôle majeur à jouer dans l’accompagnement des grands chantiers du renouveau attendu du cinéma national.
L’industrie du cinéma, c’est aussi l’urgente expertise et la réforme d’organismes existants qui font officiellement dans le «développement» de l’activité cinématographique mais sans moyens propres, qui ont montré leurs limites en construisant des pans de studios en parpaing qu’un ministre rendu aujourd’hui à sa vocation initiale s’était précipité à inaugurer et à désigner de nouvelles cités du cinéma en Algérie, et en s’arrogeant le droit de prélever d’autorité un pourcentage sur le montant de l’aide accordée par le Fdatic au porteur d’un projet, au motif qu’ils ont la charge de gérer le plan de financement de cette contribution financière, n’hésitant pas à s’incruster comme producteur dans les génériques de films, quitte à apparaître comme un intermédiaire encombrant et coûteux que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier d’entité parasitaire.
Le cinéma c’est aussi un réseau de cinémathèques vivant, des cinéclubs actifs, des associations de professionnels capables sans arrogance, ni tendance maladive à la pratique à l’exclusion contraire à l’essence même de l’esprit de création, à l’éthique et aux valeurs démocratiques qui devraient être partagées en tous lieux et en toutes circonstances, de contribuer dans un esprit unitaire à l’union des énergies qui émargent réellement au registre des métiers du cinéma, c’est également des espaces de rencontre et des élans de solidarité envers le membres de la communauté artistique que les temps difficiles ont éloignés de la scène ou simplement fragilisés. Vous conviendrez qu’avec une feuille de route dense et intense qui n’est pas, bien évidemment exhaustive, nous sommes face à un vaste chantier qui appelle le lancement d’un «programme spécial», bien loin donc des capacités du Fdatic et des ressources d’un sponsoring.

Vous êtes optimiste pour l’avenir immédiat ?
Je ne sais pas si les rencontres sur l’état des lieux du cinéma, à mes yeux convoquées précipitamment il y a quelques semaines, et auxquelles j’avais fait parvenir, par la voie officielle, une contribution écrite dont j’ignore à ce jour si elle est parvenue en définitive à son destinataire, n’ayant reçu, comme le recommande la courtoisie d’usage en pareil cas, aucun accusé de réception et encore moins un mot de remerciement, vont approfondir le débat sous une autre forme, sans populisme aucun, sur les questions essentielles qui touchent au renouveau du cinéma national auquel le Premier magistrat a appelé avec force dès son investiture et bien avant, dans ses précédentes fonctions, pour ceux qui suivent de près l’actualité.
Dans tous les cas de figure, il n’y a pas de raison pour ne pas faire confiance à ceux qui ont la charge du secteur en totalité et dans ses démembrements, et lorsque je vois un secrétaire d’État à la production culturelle, médecin de formation et compositeur de musique émérite, je me dis secrètement que l’écoute est au moins assurée car à la base, le succès de ces deux fonctions si nobles et si essentielles au développement humain  relève de cette immense qualité.
La nouvelle République a aussi bien besoin de temps pour construire, ou reconstruire son image.
Vous voyez, à partir d’une simple question sur le Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique (Fdatic), tout ce que vous m’avez fait dire !
M. B.

 

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