Entretien / Entretien

MUSTAPHA MEKIDÈCHE, ÉCONOMISTE :

«Les pays émergents doivent leur essor au secteur privé producteur de richesses»

C’est un observateur perspicace de la scène économique et politique que nous avons sollicité pour les lecteurs du Soir d’Algérie. Il répond sans détour et dans le ton que nous lui connaissons. Il s’agit de Mustapha Mekidèche, un économiste qui a eu à occuper divers postes de responsabilité.

Le Soir d’Algérie : Tout d’abord, quelques mots sur une distinction du gouvernement japonais qui vous a été remise le 8 juillet 2019 par son ambassadeur à Alger. 
Mustapha Mekidèche : Il s’agit de l’Ordre du Soleil Levant et des rayons d’Or et d’Argent. Cette  distinction, qui a été créée en 1875 pendant l’ère du Meiji, m’a été octroyée au printemps 2019 avec l’avènement d’une nouvelle ère impériale au Japon, celle de la Reiwa, synonyme d’harmonie et d’espoir. Cette distinction m’a été octroyée aussi  dans une période privilégiée pour mon pays, celle également d’un changement politique et économique historique porteur aussi d’espoir de développement inclusif et d’institutions politiques réellement démocratiques. Un tel contexte partagé ne peut que favoriser pour l’avenir le développement des relations d’amitiés, nées en 1958 lors de l’ouverture d’un bureau du FLN à Tokyo, et consolidées par le partenariat fécond dans le secteur de l’énergie dès la fin  de la première décennie de notre indépendance. 
En tant que jeune manager de la Sonatrach,  j’avais appris les fondements du management japonais au contact des dirigeants et des ingénieurs de ces entreprises japonaises, dans les pôles gaziers et pétrochimiques des zones industrielles  de Skikda  et d’Arzew dont j’ai été successivement le directeur. J’en ai tiré d’ailleurs un grand profit pour le reste de ma carrière.

Vice-président du Conseil économique et social (Cnes), la situation induite par le mouvement populaire ou révolution du 22 février interpelle l’institution. Quels en seraient les points forts de réflexion après 6 mois de protestation pour le changement du système ?
Quelques mots d’abord sur les institutions consultatives et de concertation, dont le Cnes que vous citez. Bien que certaines de ces institutions aient été constitutionnalisées, leur fonctionnement avait été gelé dans les faits par le régime précédent. Je pense au Cnes mais également au Conseil de la concurrence ou bien encore, dans le champ de la régulation sociale, au Conseil national de la jeunesse qui est prévu par la Constitution, mais qui lui n’a jamais été mis en place. On peut s’interroger pourquoi ? Comme d’ailleurs, on peut s’interroger pourquoi les différentes   commissions nationales créées qui ont produit des rapports remarquables (réforme des missions et des structures de l’Etat, éducation, justice) ont vu leurs recommandations globalement  non mises en œuvre. La réponse à ces deux questions est simple : le régime précédent mettait en place ces espaces institutionnels ou «ad hoc» dans un agenda politique de consolidation de son  pouvoir  sans plus, sans croire un seul instant aux vertus de la consultation et de la concertation sociales. Cela pour pouvoir mettre en œuvre, de façon unilatérale, pour ne pas dire absolue, des politiques publiques sans aucun contre-pouvoir, ne fut-il que consultatif. On a vu par la suite les résultats que ce mépris a créés au sein de la société civile et politique. Je termine sur ce point en disant que ces institutions consultatives, et aussi les institutions de régulation, devront non seulement être sauvegardées et dynamisées mais aussi être indépendantes du pouvoir exécutif. 
Pour la deuxième partie de votre question, je vous répondrai franchement. N’eut été la puissance, l’inclusivité sociale et territoriale du mouvement populaire du 22 février qui fait sortir pacifiquement des millions d’Algériens tous les vendredis, l’exigence de la double rupture politique mais aussi économique n’était même pas envisageable. Cette double déconstruction est, pour ma part, bien engagée. Il reste à l’achever progressivement  mais surtout, étape la plus difficile, à construire des institutions politiques démocratiques et un système économique performant déconnecté du mélange de l’argent et de la politique et, in fine, de son financement rentier.

Réformes plurielles – d’ordre politique, économique voire culturel – ou changement radical du système comme revendication fondamentale ? Les forces en présence (institution militaire, partis politiques et société civile) sont dans un face-à-face qui donne l’impression que chaque partie veut imposer ses idées à défaut d’un plan de sortie véritable qui aurait le consentement de tous. 
Pour ma part, je crois au contraire et  pour plusieurs raisons que le processus de construction d’un consensus, a minima, c’est-à-dire d’un compromis de sortie de crise entre les acteurs clés que vous citez, est arrivé à maturité. La première raison est que les différents scenarii sont, à présent, élaborés et formalisés par les acteurs concernés, y compris la société civile et l’expertise nationale. Ainsi, celui des pouvoirs publics met l’accent sur le strict respect du cadre constitutionnel  et considère que seules des élections présidentielles donneront au futur Président élu, émanation de la volonté populaire, la légitimité de lancer les réformes structurelles, y compris la révision de la Constitution. Les scénarii alternatifs de sortie de crise formulés par les autres acteurs reposent globalement sur des options de sortie de crise à partir d’une lecture politique des dispositions de la Constitution pour satisfaire les revendications populaires et l’obtention de garanties pour un scrutin loyal et transparent.
La seconde raison réside dans la force du mouvement populaire du 22 février, force et détermination qui n’ont pas faibli au fil des six mois passés. La troisième raison est que les scenarii affichés sont, comme dans les pays qui ont connu ce type de rupture, in fine, des positions de négociations susceptibles d’assouplissement. Accompagnées par des mesures d’apaisement, de fortes  convergences peuvent résulter d’un dialogue politique souverain et inclusif aboutissant à un compromis historique mettant l’Algérie au-dessus de tout. De toute façon, les expériences ayant connu un processus de même nature nous enseignent que nous devons passer par là. Un dernier élément me semble important à souligner. Il est relatif aux garanties à apporter pour des élections présidentielles transparentes et honnêtes. Il s’agira de s’assurer  de  l’équité dans le niveau de financement, sachant que, par définition, les encaisses informelles sont importantes et non traçables.

Entre-temps, le temps passe et l’économie risque de trépasser si vous me permettez l’expression. Quel serait l’avis du spécialiste en économie que vous êtes ?
Il faut garder la tête froide, se garder des prophéties auto- réalisatrices et s’inscrire dans le temps long. Vous savez bien que l‘évolution, à moyen et long terme, du cadre macro-économique de l’Algérie apparaissait déjà depuis 2007 (baisse des quantités d’hydrocarbures) mais aggravée par la crise de 2014 (baisse des prix du baril), très problématique compte tenu du niveau atteint par le processus engagé d’extinction de la rente d’hydrocarbures mais aussi de la récurrence des déficits budgétaires associés. Les contraintes conjoncturelles économiques, que vous évoquez, dues aux effets collatéraux du mouvement historique du 22 février, n’agissent, en réalité, qu’à la marge d’un processus économique  non performant. En témoigne, par exemple, la politique industrielle de choix de filières industrielles presque totalement externalisées dans leurs inputs et  en plus sans productions significatives exportables (automobile, électroménager, électronique) qui pose un sérieux problème à notre balance des paiements dans leur business model. Cela conduit, de fait, au gaspillage de ressources rares. L’impasse de ces politiques publiques d’industrialisation était déjà là, avant le mouvement du 22 février, s’est rapprochée du fait de l’aggravation progressive mais inexorable  de la contrainte extérieure (tarissement des réserves de changes en 2023). Cela était évidemment «anticipable».
J’ajouterai que, pour  le moment, la contribution du secteur privé en apport de devises est négligeable. A l’inverse, pour tempérer vos craintes, la déconstruction du système économique dans ses segments prédateurs ou corrompus est salvatrice et porteuse potentiellement d’efficacité économique sur le moyen et long terme par l’émergence de nouveaux et nombreux acteurs de marché, arrimés à la compétition et éloignés de la rente et de la tentation du mélange de l’argent et de la politique. Pour résumer, les effets du mouvement populaire ne me paraissent pas produire des conséquences négatives de court terme qui ne seraient pas absorbables pour autant que la transition de fait  dans laquelle le pays est  engagé, soit courte.

Un facteur qui n’était pas prévu dans les interpellations judiciaires et l’emprisonnement de nombreux cadres et personnalités en charge de la gestion du pays, ce sont toutes ces entreprises employant des milliers de personnes qui risquent de mettre la clé sous le paillasson. Quelle serait la parade pour rassurer les travailleurs en détresse ?
La sauvegarde de l’entreprise et, par conséquent, celle des emplois menacés par une cessation potentielle d’activités de ces entreprises du fait de l’arrestation de ses propriétaires/dirigeants est une problématique complexe dont le traitement devrait être décomposé et simplifié. 

Il y a réellement dans notre droit des affaires un manque réel de jurisprudence de ce type de situation, y compris du fait de l’inexistence, à ma connaissance, de véhicules juridiques et financiers appropriés et déjà utilisés efficacement. Mais des pistes existent. Il va falloir bien séparer d’abord entre la responsabilité pénale personnelle du propriétaire et/ou du dirigeant de la personne sociale qu’est l’entreprise pour en maintenir la continuité de ses organes sociaux. Hors, les personnes physiques incriminées pénalement, les organes sociaux de ces entreprises, dont les actes de gestion sont opposables au tiers, sont, au titre du Code du commerce, premiers responsables de la continuité des activités. C’est en l’absence ou la carence des organes sociaux que les pouvoirs publics peuvent s’y substituer de façon momentanée avec un mandat précis de l’administrateur désigné qui devra être compétent et entouré d’une équipe professionnelle. La jurisprudence dont dispose le pays en la matière est surtout disponible dans le cas des mises en liquidation d’entreprises. 
Par conséquent, il faudra probablement innover. L’expertise algérienne qui existe en la matière devrait être mobilisée rapidement si ce n’est déjà fait.

Doit-on s’attendre à une remise en cause du modèle de croissance économique agonisant pour un autre qui ouvrirait d’autres perspectives entrepreneuriales ?
Absolument. Il s’agit non seulement de mettre fin à un modèle en cours d’extinction daté (baisse des quantités produites et exportables d’hydrocarbures, baisse des prix du baril) mais aussi de mettre en place un nouveau paradigme de croissance. C’est précisément, tout compte fait, le mouvement du 22 février qui offre une chance historique de mise en place, sur des bases solides, ce nouveau paradigme de croissance. Essayons de voir pourquoi. Les pays émergents qui ont pu le devenir ont réuni quatre prérequis : les infrastructures, le capital humain, la sécurité et les institutions. Je me suis posé la question dans mon dernier ouvrage (Résilience et désordre de l’économie algérienne, Ed. Dahlab, 2016) pourquoi l’Algérie qui dispose des trois premières conditions est restée, quant à elle, depuis deux décennies dans un trend de croissance molle, sans perspective d’émergence. 
La réponse est claire à présent : nous n’avions pas construit des institutions politiques et économiques qui auraient porté l’émergence. Il s’agira de les construire à présent au plan politique mais aussi économique en séparant l’argent de la politique mais aussi l’économique du politique donnant ainsi  une chance égale à tous les acteurs et non pas , comme cela s’est passé, à seulement ceux qui sont proches du pouvoir. Vous verrez alors  les dynamiques entrepreneuriales  s’élargir considérablement dans une démarche vertueuse de concurrence saine, transparente et loyale. Cela pour les quatre conditions nécessaires qui seront toutes réunies à court terme. Mais, il faudra en plus remplir les conditions suffisantes en relevant les quatre défis conduisant à l’émergence : le défi financier et monétaire, le défi démographique et générationnel, le défi productif et technologique et enfin le défi énergétique.

Le prix du baril de pétrole stagne, voire baisse, les réserves de change s’amenuisent, le climat des affaires se trouve pollué par les interpellations de la justice et, de ce fait, les opérateurs économiques se retrouvent dans l’expectative. C’est une situation inédite depuis l’indépendance du pays et en particulier depuis l’abandon de l’économie dirigée...
Oui, vous avez raison, c’est une situation inédite bien que l’Algérie  ait connu dans le passé des situations qui peuvent paraître similaires mais qui sont en réalité de nature différente, en tout cas moins systémique. Rappelez-vous,  dans la fin des années 1970, après la mort du Président Boumediène, le grand nombre de responsables poursuivis, puis dans la deuxième partie de la décennie 90 la chasse aux sorcières faite injustement aux gestionnaires du secteur public présentés comme les boucs émissaires de l’aggravation de la situation économique et financière. 
La situation est différente aujourd’hui car il s’agit, en l’occurrence, d’une véritable déconstruction de segments  du secteur privé non seulement inefficaces, mais quelquefois prédateurs du fait de leur proximité avec le pouvoir politique et du mélange malsain de l’argent et de la politique. Cette déconstruction n’aurait pas pu se faire sans la puissance du mouvement du 22 février et j’ajouterai sans l’accompagnement de l’institution militaire.

Vous vous référez beaucoup aux pays asiatiques. Outre le Japon qui a réussi son redressement 10 ans après la Seconde Guerre mondiale pour devenir une puissance régionale. Dans le même cadre, d’autres pays asiatiques dont le géant chinois, la Corée du Sud, la Malaisie et la Turquie, pays musulmans, gagnent leur «place au soleil» dans le marché mondial.
En réalité gagner sa «place au soleil», comme vous le dites, ne renvoie pas à une position géographique particulière ou bien à une religion donnée. Car, pour illustrer cela, le Brésil et le Chili pays d’Amérique latine, ont émergé aussi ; de même que les pays émergents que vous citez ont des religions différentes. C’est en vérité une question d’ambition nationale et de persévérance, malgré les échecs et les difficultés qu’il faudra surmonter. L’histoire économique contemporaine nous enseigne que les pays émergents ont pu le devenir parce qu’ils ont réuni d’abord les quatre conditions indiquées plus haut : un capital humain de qualité, de bonnes infrastructures, la sécurité et des institutions politiques et économiques fiables. J’ajouterai que c’est la performance de leur secteur privé national, créateur de valeur ajoutée, qui leur a permis d’émerger. 
A contrario, l’histoire économique récente nous apprend aussi que le recours aux seuls groupes étrangers, sans la participation significative du secteur privé local, n’a produit nulle part des résultats probants en matière d’émergence. J’ai pu constater, lors de mes évaluations de ces pays, que le débat est engagé sur ce propos au Sénégal et en Côte d’Ivoire,  pays dans lesquels le secteur privé national est encore insuffisamment impliqué dans la démarche affichée d’émergence.

Comment créer une synergie nationale avec les compétences nationales afin de dégager une stratégie de sortie de crise et donc de relance économique et impulser une vitalité sociale au diapason du Hirak, selon vous ?
Je crois que vous avez noté, comme moi, l’implication des universitaires, étudiants professeurs et chercheurs, celle également des compétences nationales dans le pays et dans le reste du monde dans des contributions multidisciplinaires de qualité, non seulement sur les stratégies de sortie de crise mais aussi sur les stratégies pour le «Day after» comme disent les anglo-saxons, c’est-à-dire celles de l’étape de reconstruction. 
Ce dynamisme et cette vitalité sont impulsés par le Hirak lui-même car tous les Algériens, en particulier les producteurs d’idées, veulent rester   à son diapason. Certains affirment même que ce dernier a contribué aux succès de l’équipe nationale par la «grinta» qu’il a insufflée aux joueurs. Les réflexions individuelles et collectives sont toutes utiles dans des approches qui peuvent même être contradictoires. Ce n’est que le commencement d’un vaste effort national, individuel et collectif, de création scientifique et culturelle. C’est ce que vous appelez la synergie nationale des compétences.

On omet de mettre sur la table le débat, tout aussi crucial, sur la réforme des comportements et des mentalités pour la remise en route des forces vives de la nation, notamment les valeurs du travail et des obligations de l’Etat de droit. Où en serait la réflexion, selon vous ?
Vous avez tout à fait raison d’évoquer cet aspect sociétal et socioculturel relatif à la valeur travail et au respect des obligations citoyennes dans l’Etat de droit. Je pense, comme vous probablement,  que cette problématique est occultée ou insuffisamment prise en charge pour le moment. Cela est d’autant plus préjudiciable que le syndrome hollandais, qui touche une grande partie d’entre nous, n’est pas de nature à encourager la valeur du travail, considérant, inconsciemment peut-être, que chacun dispose de sa «part de pétrole» et n’a donc pas besoin de faire des efforts. 
Cette situation consubstantielle à l’existence de la rente des hydrocarbures, dont personne ne veut admettre le fait qu’elle est en voie d’extinction, est aggravée par le mauvais exemple donné  par l’ampleur d’une prédation affichée quotidiennement dans les médias. Mais cela ne justifie pas que l’on se soustrait aux obligations fiscales, y compris récemment la vignette automobile. 
Pour le reste, la grande problématique de l’informel, notamment sous son aspect d’évasion fiscale, n’est pas encore posée. Elle devra l’être aussi.
Justement, comment expliquez-vous «l’affolement» du marché de change parallèle qui, après une brusque chute, remonte tout aussi spectaculairement ? Est-ce le prélude à une dévaluation proche du dinar ?
Bien qu’il s’agisse d’un marché informel, il s’agit, en l’occurrence, d’un fonctionnement marchand régulé par une offre et une demande. Les évolutions erratiques du change informel que  vous relevez renvoient  plus à ces deux variables qu’à une anticipation d’une dépréciation du dinar. La demande en devises a baissé probablement pour deux raisons : la diminution du nombre de visas délivrés et un contrôle accru et plus efficace aux postes frontières  pour les  transferts de devises non réglementaires. S’agissant de la dépréciation du dinar, elle a été toujours un  instrument de régulation par la Banque d’Algérie lors des baisses brutales  des prix du brut. C’est ce qui a été fait notamment après la crise de 2014. Mais avec un niveau de prix de 67 dollars le baril, la dévaluation sensible du dinar n’est pas de mon point de vue d’actualité.

Enfin, j’aimerais vous demander quelles seraient, selon vous, les priorités qui urgent, à court terme ? Par exemple, l’arrêt du recours à la planche à billets. 
Effectivement, parmi les priorités il y a l’équation monétaire et financière à résoudre. L’annonce de « l’arrêt du recours à la planche à billets » était, de mon point de vue à la fois  inutile et prématuré. Inutile parce qu’il suffisait, en interne, d’instruire le Trésor public d’arrêter momentanément ou définitivement le recours à l’emprunt auprès de la Banque d’Algérie. Prématuré car on ne sait pas encore comment s’établiront les grands agrégats en ressources et en emplois pour la loi des finances 2020 et les arbitrages qui seront effectués. 

Du point de vue des équilibres extérieurs et pour desserrer la contrainte sur la balance des paiements, la recherche d’autres sources de financement, sous forme de «project financing» doit être permis  au profit des investissements productifs bancables. Dans le même ordre d’idées la recherche de financements concessionnels pour les infrastructures  doit être initiée également.
Deuxième priorité, rassurer la communauté des affaires et l’écosystème administratif et bancaire car les investissements qui ne sont pas faits aujourd’hui sont autant d’emplois qui manqueront demain. Rassurer parce que le risque de gestion est inhérent au monde des affaires et si on gagnait à tous les coups, cela  se saurait. Rassurer la communauté des affaires c’est aussi stabiliser les managements des banques et des grandes entreprises publiques, en particulier la Sonatrach. 
Élaborer des politiques précises de filières industrielles pour ne pas se retrouver avec des investissements dont les business model ne tiennent pas la route, indépendamment d’ailleurs de la compétence et du sérieux des promoteurs. En tout cas, des évaluations sont à faire pour les coups partis.
B. T.
taouchichetbrahim@gmail.com