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Entretien

Lorsque le père algérien d'un assaillant et celui d'une victime française du Bataclan se rencontrent...

Publié par Maâmar Farah
le 25.02.2020 , 11h00
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Azdyne Amimour, père de l'un des assaillants du Bataclan à Paris, a tenu à rencontrer le père d'une victime de l'attentat. De leur rencontre est né un livre Il nous reste les mots, écrit sous forme de dialogue entre les deux hommes.
Edité par Robert Laffont, le livre montre le désarroi de deux familles frappées par le deuil et qui n'arrivent pas à comprendre. Mais les deux pères tentent de recoller les morceaux, de remonter le fil du temps et, de leur conversation très riche en découvertes et en émotions, transparaît l'image de deux hommes tourmentés mais déterminés à surmonter ces terribles épreuves.
Le livre nous emmène vers le passé de Samy et Lola qui avaient presque le même âge. Chacun des deux coauteurs cherche à connaître le cheminement de l'enfant de l'autre. Des questions succèdent aux questions et les réponses qui y sont apportées par l'un ou l'autre montrent deux hommes ouverts, tolérants, d'un grand humanisme et d'une générosité débordante. On sort de la lecture de Il nous reste les mots avec une bouffée d'oxygène sous forme de grand espoir, celui de voir la fraternité l'emporter sur la haine et la tolérance gagner face à la violence. 
Un bel exemple pour tous ceux qui luttent contre l'extrémisme et ses méfaits et une invite à un dialogue sincère et engageant entre communautés.


AZDYNE AMIMOUR, PÈRE DE SAMY, AU SOIR D'ALGÉRIE :
«Ce livre est comme une thérapie pour moi»
Par Maâmar Farah


M. F. : Pourquoi ce livre ?
Azdyne Amimour : Au début, je ne pensais pas à un livre. J'ai vécu une expérience traumatisante, une épreuve terrible qui a changé toute ma vie et celle de ma famille. Je me posais la question : «Pourquoi ?» En effet, rien ne laissait présager cette issue. Rien, absolument rien. J'ai beaucoup culpabilisé mais, après, je me suis dit que je n'ai pas failli. Issu d'une famille musulmane pratiquante et tolérante, j'ai vécu ma jeunesse comme tous les jeunes des années 1960 et 1970, c'est-à-dire dans la modernité et la liberté. J'avais gardé de la guerre de Libération de mauvais souvenirs, ceux de l'oppression, de l'injustice et des inégalités sociales criantes. Pourtant, et même si j'ai distribué des tracts dans ma jeunesse au profit du FLN, je pense que je n'étais pas fait pour la violence. Je suis un pacifiste né. J'aime l'art, la musique et le cinéma notamment. J'aime les rencontres, la bonne ambiance, etc. J'ai dû quitter l'Algérie pour apprendre les métiers du cinéma et j'ai pratiquement tout fait dans ce domaine. J'ai également composé de la musique, j'ai joué et chanté. J'ai vécu à Paris comme un vrai artiste. J'habitais le 16ème et je roulais en voiture sport. Je voyageais beaucoup et j'ai visité les cinq continents. 

Quand j'ai fondé une famille, j'ai essayé d'inculquer à mes enfants les valeurs d'amour, de liberté et de tolérance. Samy vivait comme tous les enfants de son âge. Il était d'une rare intelligence et tout le monde l'aimait pour sa gentillesse. Il ne savait pas dire «non» ! On l'appelait d'ailleurs «Monsieur Oui». A quel moment a-t-il basculé ? Je ne sais pas exactement. Mais sa maman et moi avions remarqué un changement au sortir de l'adolescence. Alors qu'il n'avait aucun rapport avec la religion, il commença à fréquenter les mosquées mais, au début, ce n'était pas inquiétant car beaucoup de jeunes des quartiers font la découverte, à l'orée de l'âge adulte, qu'ils sont différents des autres Français. Commence alors une quête d'identité. Je pense que ce sont ses nouveaux amis qui ont eu de l'influence sur lui, le menant tout droit vers la radicalisation. Quand j'ai compris le danger, j'ai commencé à lui parler, à lui dire que la vraie religion, celle que j'ai connue dans ma jeunesse, était faite d'amour et de tolérance. Elle nous élevait vers une saine spiritualité et des comportements sociaux exemplaires. Ces valeurs, ce sont nos parents qui les ont incrustées dans nos têtes. Ce discours qui cultive la haine et appelle à la violence est tout à fait nouveau et, malheureusement, c'est celui qui a cours dans de très nombreuses mosquées des banlieues. J'ai même essayé de le sortir de l'ambiance des halakate et des rencontres quotidiennes avec les fondamentalistes de son âge. Nous avons voyagé en famille pour des vacances festives qui devaient l'éloigner du chemin de la radicalisation. Hélas, au retour, c'était rebelote ! 
A un certain moment, nous avons commencé à paniquer sa mère et moi. Nous avons demandé de l'aide auprès de tout le monde mais sans résultat. Le gosse s'enfonçait et un beau jour, ce qui devait arriver arriva ! Il disparut avec ses amis. Il s'engagea avec Daesh en Syrie. J'ai tout fait pour le récupérer. J'ai risqué ma vie en allant jusqu'à Minbij, en plein territoire daeshien, pour le ramener avec moi.(1) Je l'ai rencontré mais jamais en tête-à-tête car il y avait toujours quelqu'un avec nous. C'était un zombie. J'avais tout organisé pour qu'il revienne avec moi, via la Turquie. Il ne voulait pas. Je suis rentré à Paris et j'ai perdu sa trace jusqu'à cette terrible nuit du 13 novembre 2015... Il avait regagné la France, je ne sais comment et le reste est connu.
Je ne pensais pas à un livre en cherchant à contacter le parent d'une des victimes du Bataclan. C'était comme une thérapie pour moi. Je voulais voir de près comment réagissent des familles éprouvées par le même événement, mais de l'autre côté de la barrière. Des vies brisées, comme la nôtre, par cette violence incompréhensible et bien entendu condamnable. Le premier contact avec Georges Salines se déroula bien. Le père de la défunte Lola voulait d'abord comprendre mes motivations car ce n'était pas facile pour lui de recevoir le père d'un des assaillants qui causèrent la mort de sa fille. L'examen fut convaincant car il comprit que je n'avais rien à voir avec le fondamentalisme et la violence intégriste. Il sut que j'étais un musulman pratiquant mais aussi un artiste ouvert et tolérant, un humaniste qui cultive l'amour du prochain et les valeurs de fraternité et de modernité.
C'est alors que l'idée du livre est venue. Pour témoigner d'abord. Pour dissiper la haine ensuite afin que la leçon soit retenue et que, plus jamais, de telles dérives ne se produisent. 

Il m'a semblé aussi, en lisant le livre, que tu voulais mieux connaître la défunte Lola. Pourquoi ?
Je suis sûr que si j'avais connu Lola, je me serais très bien entendu avec elle. Elle aime la musique. J'aime la musique. Elle aime le sport, j'aime le sport. Elle aime la vie. J'aime la vie. En fait, je m'entends avec tout le monde, surtout avec ceux qui partagent certaines choses avec moi. Je dois dire aussi que je m'entends très bien avec les femmes. Je respecte énormément la femme et je comprends sa quête de liberté et d'émancipation notamment dans les pays où elle est écrasée sous le poids des traditions qui donnent toujours l'avantage à l'homme. Je dois rappeler que, partout où j'ai été, c'est souvent une femme qui m'a tendu la perche de sauvetage. J'ai voyagé dans les cinq continents et, parfois, dans des conditions très difficiles; je n'avais pas d'argent, de logis, etc. Et j'ai trouvé une précieuse aide auprès des femmes. D'ailleurs, je m'entends mieux avec elles. Tout cela pour dire qu'il y a mille raisons qui auraient fait que je me serais très bien entendu avec Lola.

Pour Georges aussi, ce livre était une thérapie ?
Oui, absolument. C'est ce que j'ai su dès le départ. Il voulait d'abord comprendre et mieux connaître le parcours de mon fils et certainement celui des autres assaillants. Je ne lui ai rien caché. Il n'a rien trouvé d'anormal dans notre vie familiale d'avant le Bataclan. Il a apprécié mon humanisme et ma modernité, valeurs qui me rapprochaient de l'universalité avec, cependant, ma particularité religieuse. Mais cette dernière ne pouvait être un frein à mon insertion sociale dans un monde qui a été le mien depuis la tendre enfance. J'ai toujours pensé que la religion est une affaire personnelle qui ne devrait pas s'immiscer dans la vie politique et sociale collective et, quand cela arrive, les conséquences sont désastreuses. Nous pouvons très bien construire de beaux projets autour de valeurs humaines positives en gardant, chacun au fond de soi-même, nos croyances religieuses. 
Je pense que Georges a tout de suite compris que je n'avais rien à voir avec les milieux intégristes qui ont bouffé la tête de mon fils et que je tiens pour responsables de sa dérive et de sa mort à la fleur de l'âge. 

Quelle a été l'évolution de vos relations par la suite ?
Cette compréhension mutuelle et la grande disponibilité de Georges ont fait que les choses évoluent très vite vers une complicité remarquable. Il n'y avait plus de zones d'ombre, surtout pour lui. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Nous avons vidé nos sacs, comme on dit, et c'est tout naturellement que l'idée du livre nous est venue. Il a été conçu de manière à ce que le lecteur comprenne comment nous avons vécu ce drame et, surtout, comment chacun essaye de s'en sortir car la vie doit continuer. Tout cela nous amène, le plus naturellement du monde, à transcender l'événement lui-même, à surpasser nos douleurs et nos deuils, pour essayer d'apporter nos modestes pierres à l'édifice de compréhension, de tolérance et de fraternité que tous les hommes sincères essayent de construire. Nous devons apprendre de nos échecs et drames afin que, plus jamais, de tels actes ignobles ne se produisent, ici en France ou ailleurs. Nous avons trouvé que ce livre qui clarifie beaucoup de choses pouvait être le début d'une œuvre de réconciliation qui sera certainement difficile et de longue haleine. 

La condamnation du terrorisme islamiste devrait être sans concession mais, en même temps, l'objectivité et la recherche de la vérité nous obligent à évoquer certaines puissances occidentales et autres qui ont nourri cette violence en finançant et en armant les djihadistes pour des intérêts géopolitiques.
Oui, certainement. J'ai voyagé jusqu'au cœur de Daesh, en territoire syrien et je crois pouvoir dire que cette organisation n'est pas venue comme ça. D'ailleurs, un grand nombre de chefs daeshiens venaient de la prison d'Abou Ghrib ! Il y a des zones d'ombre qu'on finira par éclairer pour les besoins de la vérité. 
Attention, je ne justifie pas les crimes abominables à l'encontre de paisibles citoyens. Je n'excuse rien ! Je dis seulement que les assaillants qui agissaient probablement par conviction personnelle ne sont pas les seuls responsables des actes terroristes.

Et la Turquie ?
Là, je vous citerai simplement un fait vécu par moi-même. Nous sommes entrés en Syrie par la Turquie. Clandestinement, via toute une filière organisée et certainement contrôlée par Daesh. J'étais dans un taxi, avec d'autres clients et nous nous dirigions de la frontière turque vers la ville syrienne de Minbij, occupée par Daesh. En traversant cette frontière, nous avons bien vu un char turc qui stationnait près de la route. Les Turcs savaient ce qui se passait là-bas et voyaient de leurs propres yeux l'entrée des terroristes et des candidats au djihad. Ils ne bronchaient pas. Je n'en dirai pas plus car l'image parle d'elle-même. 

Je sais que tu as eu des difficultés quand a commencé la dérive de ton fils et que tu n'as pas trouvé de l'aide auprès des autorités. Les choses ont-elles changé ?
Oui, nous avons souffert, sa mère et moi. A un certain moment, nous avons vraiment pris peur mais il n'y avait aucune écoute, ni soutien. Mais les choses ont changé depuis. Maintenant, il y a un numéro vert, il y a des alertes, des associations, etc. Je pense qu'à l'époque, les autorités devaient se dire que ces jeunes radicalisés étaient un danger pour la France et les voir partir fut un soulagement pour eux. Ils devaient se dire : «bon débarras !» Ils ignoraient que les actes commis à des milliers de kilomètres pouvaient avoir pour théâtre le cœur de la capitale française ! Il y a beaucoup de choses qui ont changé. Il y a une sensibilisation dès l'école, des réunions. J'ai assisté à des rencontres de parents de djihadistes. Mais je trouve qu'il serait plus utile de rassembler les parents des assaillants et ceux des victimes. je sais que c'est très pénible pour certains mais Georges a montré la voie... Il faut faire quelque chose. Il ne faut pas rester les bras croisés.
Je pense qu'il y a également un travail à faire au niveau des mosquées mais à condition de mettre les bons imams, ceux qui tiennent un discours républicain. Il faut en finir avec des rigolos qui disent «haram» pour tout et qui encouragent l'intégrisme. En plus, ils parlent arabe alors que beaucoup ne comprennent pas cette langue. Normalement, on doit prêcher la fraternité, la tolérance, la solidarité, etc. Et c'est dans le Coran. Des imams comme Chelghoumi ne sont pas le bon exemple. Je citerai comme modèle Mohammed Achrafi de la mosquée d'Ivry, un jeune, un érudit...

Après le livre, la nouvelle démarche pourrait être l'animation de conférences pour sensibiliser les gens et montrer qu'il est possible de se rencontrer, au-delà des épreuves et des deuils, afin de faire avancer la cause de la réconciliation.
Ça pourrait même être une nouvelle vocation. J'aime le contact, j'aime les voyages. On est invité par les maires, le Parlement européen, etc. Il faut oser. J'ai rencontré pas mal de gens et il y a, déjà, une meilleure compréhension de l'islam et des musulmans. Quand je leur parle des «Ahl El Kaf», ils restent stupéfaits. Je leur dis que ça existe aussi dans le Coran. Je leur parle de Saïdna Moussa (Moïse), de Jésus et de la Sainte Marie. Il faut faire reculer le langage de la haine. Les gens sont mal informés et ceux qui parlent à voix haute sont souvent ceux qui stigmatisent et appellent à la haine. C'est difficile car, des deux côtés, il y a des extrémistes... Mais il faut oser !

(1) J'ai raconté ce voyage de l'impossible en détails dans un reportage en trois parties publié au mois d'avril 2016 dans le Soir d'Algérie.
(*) Il nous reste les mots, Robert Laffont, 18 euros.


GEORGES SALINES, PÈRE DE LOLA, AU SOIR D'ALGÉRIE : 
«Tolérance, responsabilité et dialogue»

M. F. : Pourquoi ce livre ?
Georges Salines : Je me suis engagé dans l'écriture de ce livre avec Azdyne pour deux raisons :
- Je voulais comprendre l'itinéraire qui avait été celui de Samy. Comment devient-on un terroriste ? C'est pour moi une question essentielle, car si on ne comprend pas, on ne peut pas prévenir.
- Publier un tel livre était une démarche inédite qui, je le savais, allait attirer l'attention. Je voulais ainsi provoquer la réflexion sur les questions de la tolérance, de la responsabilité, du dialogue. Il me paraît en effet essentiel de lutter contre ceux qui font l'amalgame entre terrorisme djihadiste, islamisme politique, salafisme, conservatisme islamique, islam... et qui, au final, rangent tous les musulmans dans le même "sac" et en font la cible de leur haine. Ceux qui font cela facilitent le recrutement de futurs terroristes, et suscitent des vocations de terroristes d'extrême-droite comme on vient de le voir en Allemagne. 

La rencontre avec le père de Samy a-t-elle été facile ? Quelle a été la réaction de vos proches et amis ? 
C'est Azdyne Amimour qui a demandé à me rencontrer, début 2017. J'ai un peu hésité mais j'ai accepté assez vite. Ce fut une rencontre pleine d'émotion, mais qui n'a pas été difficile, car c'est un homme sincère et attachant, et parce que j'étais préparé à l'entendre et à le comprendre. J'avais déjà rencontré des mères de djhadistes et j'avais pu mesurer leur souffrance. Mes proches et mes amis m'ont toujours soutenu, même si certains m'ont avoué ne pas être prêts émotionnellement à faire la même chose.

Avez-vous le sentiment d'être mieux armé psychologiquement pour la suite, sachant que vous porterez toujours le deuil de Lola ?
Cette démarche n'a pas grand-chose à voir avec mon deuil, qui relève de l'intime, mais tout ce que je fais pour agir positivement m'aide à donner un sens à ma vie.

Au fur et à mesure de vos rencontres, vous avez appris à mieux comprendre Azdyne ? Comprenez-vous mieux le véritable message de sa religion qui n'est pas celui qu'offrent les obscurantistes et, surtout, en parlez-vous avec les autres parents de victimes ?
J'ai certainement mieux appris à le connaître et à le comprendre. Pour ce qui est de la deuxième partie de la question, je ne crois pas qu'aucune religion ait un "véritable message". Je crois que chaque religion est une langue qui sert aux croyants à exprimer leurs valeurs et leur conception de ces questions éternelles que sont le sens de la vie, la mort, la morale, l'existence du monde... Une langue n'a pas de message, c'est celui qui la parle qui lui donne du sens. Ce qui compte pour moi, ce n'est pas le texte ou la tradition, mais la lecture qu'en fait chaque croyant, avec son intelligence et son cœur. Ce qui est évident pour moi, c'est que les terroristes et les obscurantistes n'ont ni intelligence, ni cœur, alors qu’Azdyne sait réfléchir et qu'il a le cœur bien placé ! Eh oui, bien sûr, j'en parle avec les autres parents de victimes.

Comment voyez-vous la suite de vos relations avec Azdyne et comptez-vous approfondir cette complicité pour faire avancer le débat sur les dérives de la radicalisation et mieux sensibiliser l'opinion autour de ces questions ? 
Je souhaite approfondir mon amitié avec Azdyne, et surtout travailler avec lui pour aller vers les autres, notamment les jeunes, et contribuer par notre témoignage au dialogue et à la compréhension.

Un mot aux lecteurs algériens sur votre terrible expérience et votre lutte contre la haine et l'exclusion.
La perte d'un enfant est pour un père une tragédie épouvantable. J'en veux terriblement à ceux qui ont fait cela et à ceux qui les ont armés au sens propre, en leur fournissant les moyens matériels de leurs actes, et au sens figuré, en les endoctrinant dans l'idéologie meurtrière de l'organisation État islamique. Mais je ne fais aucun amalgame entre ces criminels et l'ensemble des musulmans. Tout mon combat vise à promouvoir le dialogue et la compréhension, et à engager tous mes interlocuteurs, quelle que soit leur idéologie ou leur religion, à refuser la violence et l'intolérance.

Ce qui reste....
Oui, il ne reste que les mots... Quand les feux de l'actualité s'éteignent, que les parents et amis venus partager le deuil s'en vont et que le manège des jours se remet à tourner plus tristement qu'avant, il y a l'inévitable présence de cette insupportable absence... 
Pour Georges, ce sont les beaux yeux clairs de Lola qui reviennent souvent comme pour mieux illuminer le souvenir de ce visage radieux et plein de vie qu'il ne verra plus... Lola, l'une des victimes du Bataclan. Morte en allant faire la fête... Pour Azdyne, père de l'assaillant Samy Amimour, c'est le visage innocent de ce gamin joyeux et généreux qui reviendra chaque jour pour le hanter et faire tomber des torrents de larmes de ses yeux desséchés à force d'avoir pleuré ! Il avait pourtant tout fait pour le tirer du cercle malfaisant des fondamentalistes de banlieue à la recherche de candidats au djihad. Et quand Samy passa à l'acte, rejoignant Daesh en Syrie, Azdyne tenta l'impossible en faisant le voyage de la mort vers Minbij, occupée par les terroristes de l'état islamique. Voyage que j'ai raconté en trois parties dans un reportage paru dans Le Soir d'Algérie...
Oui, il ne reste que les mots... Il reste aussi ces images qui ne disparaîtront jamais des souvenirs. Il restera les effets désastreux de la violence religieuse et de ses excès ravageurs sur la vie de paisible citoyens. Il restera aussi la volonté de rapprocher les points de vue, d'unir toutes les communautés contre la bête immonde et de sensibiliser les jeunes dès l'enfance.
Ces deux hommes ont fait un petit pas qui est un pas de géant pour la cause de la tolérance et du vivre-ensemble. Leur livre est une invite à la fraternité et au pardon, sans rien oublier des racines du mal, ni de la douleur passée. C'est un hymne à l'amour éternel qui restera le plus fort ! Tant qu'il y aura des hommes !
Merci Georges, merci Azdyne !
M. F.

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