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Etude

LES PARTIS DIRIGEANTS ALGÉRIENS FLN : 1962-1978 Du gouvernement de l’État par le parti au gouvernement du parti par l’État (4e partie)

Publié par Badr’Eddine Mili
le 26.12.2018 , 11h00
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L’édification de l’Etat algérien indépendant sur un territoire aux frontières géographiques, sans précédent, et, dans le cadre d’une République continuatrice de l’Etat révolutionnaire post-Soummam et refondatrice de l’Etat de la Résistance de 1830, occupa, de 1962 à 1978, deux tranches de temps dominées par deux conceptions de gouvernement que tout opposait.
La première – 1962-1965 – fut baptisée gouvernement de l’Etat par le parti, et la seconde – 1965-1978 – peut être qualifiée de gouvernement du parti par l’Etat.

1- Le gouvernement de l’État par le parti
Ce type de gouvernement que la Charte d’Alger actualisa, en 1964, en l’infléchissant, d’une façon très prononcée, dans le sens voulu par l’aile gauche du parti  n’avait rien à voir avec un choix circonstanciel. 
Il découlait de l’option du parti unique entériné par le Congrès de Tripoli qui avait reconduit, sur ce point précis, l’orientation orthodoxe de la Révolution conservée, grosso modo, intacte, malgré les conflits de personnes qui l’avaient, longtemps, malmenée.
Ce ne fut donc, pas par hasard, que le néo-FLN, né de l’alliance entre les militants civils de la vieille souche recomposée et «les militants en uniforme», a été investi, à ce congrès – sur la base d’un quorum contesté – de la mission de jeter les premiers jalons de cet Etat  et que sa direction, instruite des postulats relatifs à sa filiation historique, s’interdisit, en cet été 1962, de procéder à toute passation de pouvoirs avec l’ex-puissance coloniale, ni directement, avec son représentant officiel – Paul Delouvrier — ni indirectement, avec l’Exécutif provisoire présidé par Me Abderahmane Farès, l’ALN ayant, fermement, repoussé la proposition de traiter, avec le commandement de la Force Locale,  le déploiement de ses forces sur le territoire national.

Les premières décantations
En prenant de facto le contrôle du pays, aux lieu et place du GPRA, ce FLN-là, détenteur d’un pouvoir délégué par les militaires, n’avait pas  entièrement achevé la mue qu’on lui connaîtra  quelques mois plus tard, occupé à apurer, rapidement, les comptes de l’après-Tripoli et à gérer, avec prudence, les alliances utiles à la demande de l’étape, au gré d’un opportunisme  politiquement intéressé.
Il commença par se défaire de Mohamed Boudiaf et de Hocine Aït-Ahmed qui contestaient la légitimité de sa Direction, puis des «3B» traînant le grief d’avoir négocié les Accords d’Evian, à minima, et enfin des dirigeants de l’ex-Fédération de France et des chefs des Wilayas II et IV réputés anti-EMG et pro-GPRA. Une fois le noyau de la Direction «assaini», il passa au deuxième cercle, les ulémistes de Cheikh Bachir El-Ibrahimi  et Cheikh Kheireddine, ancien membre influent du CNRA, réduits au silence, précédés par les communistes interdits d’activités partisanes. Les seuls alliés  provisoirement  épargnés par ce délestage furent les udmistes et leur chef, Ferhat Abbas, qui fit, on s’en souvient, partie du groupe de Tlemcen, sans que l’on sache exactement les motifs réels qui l’y poussèrent, mis à part les démêlés qu’il eut avec les «3B», du temps où il présidait le Gouvernement provisoire.
Cette épuration avait un sens politique, sans doute débattu en interne, qui donnait à penser qu’il exprimait le souhait des pionniers indépendantistes de renouer avec les racines et l’esprit du PPA-MTLD et de l’OS considérés comme le vivier de l’encadrement de leur formation, le plus fidèle et le plus sûr, dont ils auraient besoin, le moment venu, pour concrétiser leur projet de gouverner l’Etat par un parti réincarné, débarrassé des «compagnons de route» et des «militants en uniforme» devenus encombrants.
Ces décantations ramèneront, au-devant de la scène du parti, une constellation de dirigeants, Ben Bella, Khider, Ben Alla, Mahsas… anciens membres de l’OS ou de la Délégation extérieure, de quoi légitimer une organisation qui fonctionnera, sous cette identité, jusqu’à ce qu’elle mute en décidant de devenir un parti d’avant-garde, le prélude à l’éloignement – pour d’autres raisons – de Mohamed Khider, secrétaire général, favorable à une organisation du type parti de masse. Sous ce nouvel habillage de parti populaire de gauche qui ne sera validé, définitivement, qu’après avoir reçu l’onction de la Charte d’Alger adoptée par un congrès dit de la clarification portant la griffe des socialistes marxisants, le FLN se prit à penser, sérieusement, à reprendre le leadership perdu au profit de l’armée et à se réapproprier la totalité du pouvoir en s’en émancipant.
Ahmed Ben Bella – «Le Frère militant» —, leader charismatique, ami de  Khrouchtchev, Nasser, Nehru, Chou En-laï, Tito, Castro, Nkrumah, Sékou Touré…, crut, avec l’appui d’une coalition rassemblant les travailleurs, les paysans, les étudiants, les jeunes, les femmes et leurs syndicats, pouvoir renverser la tendance du rapport de force Parti-ANP et remettre en course ce qui restait de l’ancienne aile révolutionnaire du MTLD – parée des couleurs socialistes – dans le processus en cours ; une projection qui aurait pu tenir la route, dans le contexte international ambiant, si le resurgissement des vieux démons de la messalisation de l’exercice du pouvoir ne l’amena à commettre les mêmes erreurs fatales que le leader nationaliste dont il eut à subir le même sort, après s’être enfermé dans la tour d’ivoire d’un culte de la personnalité qui le perdit.
Avant d’en arriver à cette inattendue bifurcation de son Histoire, le FLN s’était fixé trois tâches classées prioritaires : l’élection d’une Assemblée constituante, la formation d’un gouvernement – chose faite le 29 septembre 1962 – et la préparation d’un congrès prévu pour le reconstruire, sous la couverture du même sigle, dans une configuration élaguée, libérée de la subordination à l’ANP.
La réalisation de ces tâches était considérée comme le préalable à toute action visant à mettre en place les fondations de l’Etat et à sauver un pays où tout revêtait le caractère de l’extrême urgence et de l’absolue nécessité, tant les ravages causés par la guerre avaient généré une situation de besoins à satisfaire, toutes affaires cessantes.

Les défis de l’après-guerre
Pour bien appréhender la situation tragique dans laquelle l’Algérie se débattait, en cette première année de l’indépendance, il faut replonger dans son contexte.
Jean-Marcel Jeanneney, premier ambassadeur de France à Alger, adressa à son gouvernement, à l’automne 1962, une note d’information dans laquelle il décrivait «un pays sombrant dans le désordre, le chômage et la sous-administration», condamné «à retomber dans son anarchie ancestrale».
En dehors de ce dernier jugement de valeur puisé dans le vieil arsenal du racisme colonial, le constat n’était pas éloigné de la réalité ; une réalité qui était, à des degrés de gravité divers, partagée par l’ensemble des ex-colonies françaises que René Dumont résuma dans la formule «L’Afrique est mal partie», le titre donné à son premier ouvrage sur la décolonisation ; sauf que l’honnêteté aurait dû inciter le diplomate à reconnaître que cela n’était pas dû à un gouvernement, en place, seulement, depuis 3 mois, mais à la politique de dépossession, d’exploitation et d’asservissement que la France coloniale pratiqua, pendant plus d’un siècle, au détriment des intérêts de l’Algérie qu’elle transforma, au bout d’un conflit meurtrier, en un champ de ruines.
On sait, à commencer par les Français eux-mêmes, que cette politique fut sanctionnée par un bilan des plus funestes : un million et demi de morts, des millions de veuves et d’orphelins, un million de déplacés et de réfugiés, des dizaines de milliers de détenus dans les camps de concentration, une agriculture pillée, une industrie extravertie, une administration désertée par les fonctionnaires et les techniciens pieds-noirs et une population traumatisée qui continuera à payer un lourd tribut au prolongement de la guerre et à ses effets à retardement : les expériences nucléaires au Sahara et les mines semées par l’armée d’occupation le long des frontières orientales et occidentales du pays.
Par quoi le jeune gouvernement, investi en septembre de cette année-là, allait-il commencer ? Avec quels moyens allait-il faire face à ce désastre, lui qui n’avait, même pas un droit de regard sur l’exploitation par les sociétés françaises des gisements de pétrole découverts, en 1956, à Edjeleh ? Sous l’éclairage de quels principes directeurs et selon quel programme ? 
La tâche paraissait gigantesque et la mission quasi impossible, même si les pays amis – URSS, République populaire de Chine, Inde, Cuba, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Égypte, Irak, Syrie, Etats-Unis… —, les organisations internationales – ONU, Unicef, Unesco, OIT, OMS… —, les mouvements progressistes et les associations caritatives – Fédération syndicale mondiale, Croix-Rouge Internationale… —, et les réseaux de soutien de la Révolution – internes avec Duval, Béranger, Mandouze … et externes avec Jeanson, Curiel, Tillon, Gluksmann, Vidal Naquet, Montaron… — s’étaient portés au secours du peuple algérien en mettant à sa disposition les moyens de survie, ainsi que des techniciens, des enseignants et des médecins venus, en nombre, encadrer, au pied levé, les secteurs de l’économie, de l’éducation, de la santé et de l’information, démunis de tout.
A côté des défis conjoncturels – campagne labour  et rentrée des classes placée sous le signe d’une scolarisation massive chargée d’une très forte symbolique –, le gouvernement était attendu sur des terrains plus compliqués.
En sus des institutions à inventer  à partir de l’embryon de l’Etat révolutionnaire préexistant, il était sollicité pour garantir la sécurité des biens et des citoyens et administrer un territoire – continent où seules quelques rares villes  étaient équipées du minimum nécessaire au maintien en état de fonctionner des grands services publics – transport ferroviaire, poste et télécommunications, électricité et gaz, hôpitaux, ports et aéroports – à l’exclusion de bien d’autres dont la Radiotélévision qui dut attendre le 28 octobre 1962 pour être placée sous la souveraineté de l’Etat algérien.

Les tâches d’édification nationale : principes directeurs et socle social
Certes, le gouvernement du FLN, mis sous pression, était obligé, dans bien des situations – réinsertion des réfugiés, reconstruction des villages détruits… —, de faire montre de pragmatisme, de créativité, et même d’improvisation, pour résoudre les problèmes qui ne souffraient pas d’attendre. Mais cela ne signifiait pas qu’il naviguait à vue. Il disposait d’une boussole qui le guidait dans la réalisation de ce qui fut dénommé «tâches d’édification nationale» — réforme agraire, électrification, irrigation, reboisement – répertoriées par le Programme de Tripoli qui leur fixa un cap obéissant à des principes directeurs et reposant sur un socle social aux contours bien définis.
 

Les principes directeurs  
Parmi les principes directeurs arrêtés, il y en avait deux qui se distinguaient par leur caractère intangible :
• le premier fermait la porte à la reconduction de tout ce qui rappellerait l’ordre ancien fondé sur l’exploitation de l’homme par l’homme. Le capitalisme étranger et le féodalisme furent, de ce fait, déclarés hors-la-loi et leurs domaines nationalisés, rétablissant le droit des paysans sur les terres dont ils furent dépossédés.
Le capitalisme algérien écopa de la même sanction. Déclaré «exploiteur et antinational», il fut étatisé et ses biens versés au fonds de l’autogestion institué en 1963  par les Décrets de mars ;
• le second  déjà en œuvre, à travers l’unicité du parti, se manifesta  de façon plus accentuée, lorsque le Bureau politique du FLN rejeta le projet de Constitution parlementariste défendu par Ferhat Abbas, une décision qui confirma la résolution du nouveau pouvoir d’exclure du champ référentiel de l’organisation de l’Etat toute idée de recycler sous une forme ou une autre le système institutionnel de l’ancienne puissance coloniale.
Le texte qui lui fut substitué pencha en faveur d’un régime de démocratie populaire censé être plus adapté aux réalités nationales et aux alliances internationales – socialistes et tiers-mondistes – de l’Algérie, avec cette particularité que l’Assemblée nationale, nouvellement élue, était animée par des députés – Aït Ahmed, Kaïd Ahmed, Mériem Belmihoub, Ouamrane … — très critiques vis-à-vis du gouvernement, ce qui agaçait le président Ben Bella peu disposé à s’en accommoder.

Le socle social 
Armé de ces orientations dont il tirait ses principaux mots d’ordre, le FLN mobilisa autour de lui toutes les organisations de masse, représentatives des «forces vives de la Nation», avec en pole position les puissants syndicats ouvriers et estudiantins, le socle social sur lequel il s’appuya pour défendre et concrétiser un programme qui sera bientôt revu et corrigé par la Charte d’Alger et «les Thèses d’avril», dans l’esprit et la lettre d’un socialisme autogestionnaire, l’expérience menée en Yougoslavie sous l’égide de la Ligue des communistes où l’idéologue Edvard Kardelj s’occupait à conceptualiser le titisme.
Dans cette construction politico-idéologique qui rompait avec la tradition frontiste, il n’y avait plus de place, dans un parti régi par le centralisme démocratique, pour les défenseurs du pluralisme politique et du libéralisme économique consacrés plus tôt par la Conférence de Monrovia, tenue, après leur indépendance, par les Etats africains pro-occidentaux.
A ce niveau d’un processus compris par les militants écartés comme un reniement du passé, bien que beaucoup préparaient, en sous-main, le retour sur la scène nationale de leurs formations d’avant 1954, peut-on affirmer que le FLN s’était transformé en un parti monocolore dédié, exclusivement, aux militants socialistes ?
On serait, de prime abord, tenté de répondre oui, si on considère les purges opérées et aussi si on regarde comment la direction issue du 3e Congrès avait récupéré les thèses, les mots d’ordre, la presse – Alger républicain – et nombre de militants de l’ex-PCA entrés dans son Comité central.
Les grands perdants dans l’affaire furent les udmistes et les ulémistes dont le chef Cheikh Bachir El-Ibrahimi mourut sans avoir eu droit à des funérailles officielles et sans que son fils, détenu, soit autorisé à assister à son enterrement.
Ces mutations qui étaient impensables, quelque  temps plus tôt, heurtèrent, sensiblement, «les militants en uniforme » qui avaient suivi, de loin, le déroulement du 3e Congrès. Le colonel Houari Boumediene, très réservé sur ces changements, avait pris du recul par rapport à ce qu’il estimait être des libertés que le président Ben Bella s’était permis de prendre avec le Programme de Tripoli.
Il laissa, d’abord, faire, car il savait que le rapport de forces jouait en sa faveur.
Ahmed Ben Bella n’avait, en effet, autour de lui  que quelques personnalités : à la Présidence – Tayeb Belaïz, Abdelmadjid Meziane… —, au gouvernement – Nekkache, Mahsas, Boumaza, Hadj Smaïn, Khemisti, Ouzzegane, Guennez, Ahmed Francis, Tewfik El-Madani, Bentoumi, Hadj Hamou, Sadek Batel, Khobzi, Kadi, plus les jeunes technocrates Ghozali, diplômé de l’Ecole des ponts et chaussées de Paris, et Houhou, premier gestionnaire du dossier de la coopération algéro-française au ministère des Affaires étrangères… — le préfet Fettal, le maire Belamane, à la sécurité M’hamed Yousfi, Bouabdellah et Hamadache – et enfin, au parti, outre les ténors déjà cités, les «idéologues» Harbi, Lebdjaoui, Zahouane… — le reste des ministres détenteurs des portefeuilles les plus importants – Medeghri, Bouteflika, Cherif Belkacem, Kaïd Ahmed, membres du groupe d’Oujda, plus Ali Mendjeli, vice-président de l’Assemblée nationale… — échappaient à son autorité, placés, là, pour servir le ministre de la Défense qui avait installé ses hommes de confiance – Z’biri, Draïa, Bencherif, Kasdi Merbah, Chabou, Chadli, Yahiaoui, Belhouchet, Tayebi Larbi, Messaoud Zeggar, Djelloul Khatib, Ferhat Zerhouni… à la tête des secteurs sécuritaires stratégiques et des réseaux de l’ombre, prêts à parer à toute éventualité.

Le parti d’avant-garde : un dessein contrarié
Face à cette polarisation de forces qui s’avéra déséquilibrée, le benbellisme, alchimie des contraires – islam traditionnel en voie de démaraboutisation et socialisme pur et dur – allait-il prendre sur un tissu social conservateur attaché à la petite propriété privée ? Possédait-il les moyens d’emporter l’adhésion, au moins, des franges de cette société qu’il a su toucher par ses promesses de justice sociale et de solidarité ? En ces années de troubles internes —sédition de la Kabylie et affaire Chaâbani — et de guerre aux frontières – agression marocaine au Sahara —, le pari était extrêmement risqué. Il l’était d’autant plus que les militaires avaient boudé le congrès du parti et son Comité central et préféré œuvrer à la sécurité, à l’unité et à l’administration du pays sur lesquelles ils misaient en priorité.
D’un autre côté, ils n’avaient pas vu d’un bon œil la reconduction de la législation française, référence du droit rendu par la justice algérienne ainsi que la place privilégiée concédée à l’enseignement du français, langue de travail du gouvernement.
L’activisme international du Président – prix Lénine  – qui passait trop de temps à l’étranger ainsi que sa propension à monopoliser plusieurs portefeuilles ministériels, à la fois, n’avaient pas, non plus, eu l’heur de plaire.
Aussi, l’intention qui lui fut prêtée de démettre Abdelaziz Bouteflika de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères qu’il voulait placer sous sa coupe, à la veille du sommet afro-asiatique et du Xe Festival mondial de la Jeunesse, avait été exploitée par ses adversaires pour mettre fin à ses «errements».
Le passif que le président Ahmed Ben Bella accumula, de ce point de vue et de bien d’autres, dépassait, en réalité, ce qui pouvait paraître comme un fait du prince venu allonger une liste de gestes d’humeur, les uns plus déroutants que les autres. 
Bien avant cet incident détonateur, l’échec de l’expérience benbelliste était déjà écrit. Il fut précipité par l’addition de plusieurs obstacles mis sur son trajet par des phénomènes sociopolitiques objectifs sur lesquels le Président n’avait pas de prise.
La base composite du parti, la faible réactivité aux réformes d’une administration récalcitrante, l’indocilité des syndicats ouvriers et estudiantins et les pesanteurs culturelles et spirituelles de la société étaient telles qu’il était impossible que le régime en place évite la faillite.
a- Le parti sur lequel Ben Bella, secrétaire général, avait compté n’existait qu’à Alger, à travers les meetings du 1er Mai et les états généraux de l’autogestion ouvrière et paysanne.
Son enracinement en province rendu problématique par son élitisme avant-gardiste n’a pas eu lieu.
Envahi par les carriéristes recrutés durant la période clair-obscur du 19 Mars, il ne faisait pas le poids face à l’armée et, aussi, à une administration décidée à ne pas se laisser doubler.
b- Cette administration infiltrée par les promotions d’autochtones lancées, dans le cadre du Plan de Constantine de 1958, et dites «promotions Lacoste», du nom du gouverneur ultra de l’Algérie  d’alors, était tenue par les fils des grandes tentes et de la bourgeoisie «antisocialiste». 
La réforme agraire, entre autres mesures sociales, fut étouffée par leur juridisme tatillon et le blocage des crédits bancaires dont elle avait besoin.
c- Les organisations de masse qui constituaient le prolongement du FLN dans la société civile n’étaient pas toutes réglées sur son pas. L’UGTA et l’Unea, attachées à leur autonomie, n’étaient pas faciles et n’obtempéraient pas toujours à ses injonctions. Les vives tensions qui brouillèrent ses relations avec leurs deux dirigeants – Rabah Djermane et Houari Mouffok – le contraignirent à les contourner en créant, à leur périphérie, des structures parallèles mises sous tutelle comme ce fut le cas avec «la section des étudiants du parti» implantée à l’Université d’Alger et où se distinguèrent Abdessadok et, déjà, Abdelkader Hadjar de retour de Baghdad où il étudiait.   
d- Enfin la société recevait, avec circonspection, les mots d’ordre de  collectivisation propagés par les militants du parti et n’était pas loin de les assimiler au communisme soviétique.
Les intellectuels progressistes — écrivains, hommes de théâtre, peintres, cinéastes, journalistes… — avaient beau créer et écrire, dans un remarquable mouvement de renouveau de la pensée et de l’art, des œuvres faites pour déclencher le déclic libérateur de la société, cela ne servit à rien. Là aussi, l’élitisme, la barrière des langues et des cultures avaient freiné l’élan — pourtant bien amorcé — de la modernisation de l’Algérie.
Quoiqu’il en soit, avec son solide ancrage dans le pays profond, sa culture arabo-musulmane et sa méfiance instinctive à l’égard des civils, l’armée savait qu’elle n’allait pas faire longtemps bon ménage avec ce FLN-là.
L’occasion n’allait pas tarder à se présenter. Face à un Président qui s’était forgé une image internationale immunisatrice – grâce aux journalistes Simon Malley, Aquino de Bragança, Serge Michel, Hervé Bourges… — et qui était à deux doigts de gagner une position d’où il aurait été impossible de le déloger, à la veille de deux rendez-vous mondiaux, il était plus qu’urgent de passer à l’action.
Ce moment arriva le 19 juin 1965, le jour où le gouvernement de l’Etat par le parti céda, par la force, le pas au gouvernement du parti par l’Etat, et où «les militants en uniforme» barrèrent la route à une tentative audacieuse de retour au pouvoir des militants civils après s’en être fait éjecter, à deux reprises, au Caire, en 1959, et à Tripoli, en 1962.

2- Le gouvernement du parti par l’Etat
Cette forme de gouvernement fut instituée par la Proclamation du 19 juin 1965, le texte fondateur d’un pouvoir pensé, selon les auteurs, non pas dans  une démarche de rupture mais bien dans celle de la continuation d’un processus révolutionnaire à «ressourcer» car «perverti» par la gestion du président Ben Bella auquel il a été promis un «Livre Blanc» sur «les crimes commis» contre la ligne de Novembre.

Brève et concise, la Proclamation va, en effet, affirmer, solennellement, que le changement effectué, sans effusion de sang, est un «redressement» — plutôt qu’un putsch – voué à rétablir l’ordre des priorités dans la reconstruction du pays, désormais, conditionnée par la primauté de l'Etat sur le parti.
L’organisation du nouveau régime sera précisée par l’ordonnance du 10 juillet 1965 qui viendra suppléer, en source de droit transitoire, à la vacance de la Loi fondamentale et des institutions remplacées par un «Conseil de la Révolution» qui concentrera, entre ses mains, pour une durée indéterminée, les prérogatives exercées par les organes exécutif et législatif déchus. 
Les conséquences de ce «réajustement» brutal vont effacer, d’un coup, tout ce qui avait été, laborieusement, entrepris, en trois ans, pour monter les premières structures d’un Etat, plus ou moins, cautionné, aux élections législatives du 20 septembre 1962, par une population qui aspirait à une gouvernance apaisée et juste.
Concrètement, ces conséquences affecteront, à la fois, ce qui restait de la direction historique de la Révolution et la place occupée par le FLN dans l’Etat et dans la société.

La fin politique de la direction historique du FLN
• Avant sa disparition de la nomenclature du pouvoir, Ahmed Ben Bella aura été le dernier membre de la direction historique du FLN à être resté aux commandes, après avoir écarté ses anciens compagnons arrêtés ou mis en retrait de la vie politique comme Rabah Bitat qui ne sera réactivé qu’à la suite de son repêchage, en 1976, par le président Houari Boumediène qui le fera élire à la présidence de la première Assemblée populaire nationale.
Avec la mise au secret, pendant 13 ans, de celui qui fut surnommé, avant son élargissement par le président Chadli Bendjedid, «le marabout de M’sila», il ne subsista à la tête du parti et de l’Etat plus aucun des dirigeants qui déclenchèrent l’insurrection du 1er Novembre 1954.
Leurs successeurs au Conseil de la Révolution de 1965 – Houari Boumediène, Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Medeghri, Cherif Belkacem, Kaïd Ahmed, Ali Mendjeli, Chadli Bendjedid, Ahmed Draïa, Abdellah Belhouchet, Mohamed Salah Yahiaoui, Ahmed Ben Ahmed Abdelghani, Salah Soufi, Ahmed Boudjenane Abbas, Tahar Zbiri, Ahmed Bencherif, Kasdi Merbah, Tayebi Larbi… — n’étaient quand même pas en mesure de prétendre à une légitimité historique égale à celle de leurs aînés, mais ils n’en sonnèrent pas moins le glas pour la génération des pionniers de la Révolution.
• Le FLN paiera, lui aussi, pour son dévoiement idéologique et organique, le même prix. Toutes ses instances, Bureau politique, Comité central, issus du 3e Congrès, seront dissoutes et leurs membres incarcérés ou mis en fuite. Aucun d’eux — mis à part Bachir Boumaza, un des rares civils cooptés au Conseil de la Révolution, parce qu’opposant, en 1962, à Ben Bella — n’a échappé à la disgrâce : Ben Alla, Nekkache, Hadj Smaïn, Harbi, Zehouane, Boudia, Mouffok arrêtés,  entrés en clandestinité seront interdits d’activité politique.
Seront également poursuivis et chassés du pays tous les conseillers «pieds-rouges» du Président et du gouvernement.

Du parti proscrit au parti restauré
• Dans une volonté non dissimulée de le rétrograder au plus bas de l’échelle du pouvoir, les nouvelles autorités confectionneront au FLN, décapité et dépossédé de ses attributs, un statut d’Exécutif puis d’Appareil confiés à Chérif  Belkacem et Adda Benguettat, le secrétaire à l’organique chargés – en présence de Salah Boubnider et de Youcef Khatib qui l’ignoraient – de le niveler par le bas puis à Kaïd Ahmed et Brahim Kabouya – lui aussi responsable de l’organique – auxquels reviendra la reprise en main de l’ex-Fédération de France rebaptisée «Amicale des Algériens en Europe», avec Aït Ouazzou, ainsi que la normalisation des organisations de masse hors contrôle – l’UGTA et l’Unea clandestine – qui seront mises au pas, soit par la nomination à leur tête  de nouveaux dirigeants – Abdelkader Benikous à la Centrale syndicale, en remplacement de Mouloud Oumeziane, en 1969 — soit par leur dissolution.
Le FLN qui ne sera plus désigné que par le vocable de «parti» subira dix années de purgatoire qui ne prendront fin qu’avec sa restauration sous la responsabilité de Mohamed Salah Yahiaoui, son coordonnateur, un titre inexistant dans ses statuts.
Le régime qui évolua, alors, à gauche, sous l’effet des révolutions socioéconomiques des années 70 – révolution agraire, gestion socialiste des entreprises –, ainsi que des relations Est-Ouest qui le hissèrent aux côtés des leaders du mouvement des pays non alignés changea, complètement, de cap, une situation qui ne lui permettra plus de faire l’économie d’un levier politique de mobilisation et d’encadrement de la société aussi nécessaire que le FLN, à la seule différence que celui-ci avait cessé d’être une source de pouvoir, un privilège dont ne jouissait que  la seule institution militaire.
Le «pouvoir révolutionnaire» avait, en effet, réussi à agglomérer, au sein de l’Etat et donc, parallèlement au parti, un ensemble de compétences, de moyens de conceptualisation idéologique et de relais de communication qui remplacèrent le FLN dans l’action de formulation, de défense et d’illustration des politiques qu’il engagea au nom d’un Etat appelé «à survivre aux évènements et aux hommes».

• Les élites
La concentration des élites dans les structures névralgiques de l’Administration fut la première manifestation concrète du déplacement du centre de réflexion et d’action du parti vers l’Etat. Très sensible à la question, le président Houari Boumediène installa, à sa proximité immédiate, une task-force composée de technocrates, pour jeter les bases d’une économie intégrée, autocentrée à la croissance auto-entretenue, réglée par une planification élevée au niveau d’institution.
Encadrée par des militants chevronnées – Belaïd Abdesselam, Mohamed Liassine, Lamine Khane, Abdelmalek Temmam… — et drivée par Abdellah Khodja et Smaïl Mahroug qui n’hèsitaient pas à recourir aux conseils des économistes marxistes comme Bobrowski, Popov et d’Estanes de Bernis, cette nouvelle élite d’économistes, de financiers, de statisticiens, de planificateurs, de professeurs d’université – Layachi Yaker, Abdelatif Benachenhou, Amokrane Cherifi, Hamid Aït Amara, Isli, Oubouzar, Ourabah, Anane, Remili, Hamdi et les jeunes universitaires Henni Benali, Abdelmadjid Bouzidi, Brachemi, Benarbia, Mokaddem, Boumati, Bedrani, Chergou, Ameziane, Boudechiche, Touati, Khelladi, Terzi, Mokrane, Hamza… — travaillera à penser et à élaborer tous les plans que le Conseil de la Révolution lui commanda avec, en ligne de mire, la réalisation de l’indépendance économique du pays par l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture et le développement des régions.

• Les schémas et instruments de conceptualisation et de coordination
La mise en œuvre de cette stratégie globale – une première dans l’histoire économique de l’Algérie – donna lieu au lancement de schémas et d’instruments de conceptualisation et de coordination inédits auxquels le parti ne fut pas associé dans la même position de réservoir d’idées et de compétences qui fut la sienne sous l’ancien régime.
Les conférences des cadres de la nation présidées par le chef de l’Etat, en personne, se tenaient, régulièrement, et réunissaient ministres, walis, ambassadeurs, directeurs centraux, experts pour harmoniser et évaluer les conduites de gestion et d’exécution des plans, un canal de concertation central reproduit au niveau des wilayas sous la forme d’une structure permanente de coordination constituée par le chef de la région militaire, le wali et le mouhafedh du parti.
La navette centre-périphérie était, utilisée, de la même manière, par l’organe de planification pour le recueil des besoins des populations au niveau des assemblées communales et wilayales – élues pour la première fois en 1967 – puis leur consolidation au sommet et leur répercussion aux échelons inférieurs pour exécution, une procédure attestant, selon ses concepteurs, de la pratique d’une démocratie participative, en l’absence, là encore, du parti.

• Les relais de communication
La communication par la propagation et l’explication des politiques publiques n’était plus du ressort du parti, mais de l’Etat, à travers ses moyens institutionnels – RTA, APS, El-Moudjahid et Ech-Chaâb – dirigés, alors, par Mohamed Rezzoug, Mohamed El-Mili, Nourredine Naït Mazi et Salah Louanchi, sous la supervision de Mohamed Seddik Benyahia, ministre de l’Information, et de Mahieddine Amimour, conseiller du Président. La RTA joua, grâce à ses moyens de transmission et de diffusion, le rôle que jouait, habituellement, le parti, ce qui poussa le président Boumediène à lui accorder – dans le cadre du plan — des enveloppes substantielles destinées à l’équiper et à en faire le porte-parole de sa politique auprès de l’opinion ainsi que la voix de l’Algérie à l’extérieur. Ce fut, à cette époque, que sera lancée la couverture du Sahara par le satellite et que sera crée à Sarajevo, en 1977, le Comité des radios-télévisions des pays non alignés, à l’initiative de la Yougoslavie et de l’Algérie.
Le même cheminement sera emprunté lorsque la Charte nationale sera proposée au débat, en 1976, précédant le retour à la légalité constitutionnelle avec l’adoption d’une nouvelle Constitution, l’élection d’une Assemblée populaire nationale et d’un président de la République.
Substitué, en l’absence, encore une fois, du parti, à la Charte d’Alger jugée trop «internationaliste», le texte servira de gouvernail doctrinal au nouveau front populaire rendu possible grâce à la Révolution agraire, à la réforme de l’université, au volontariat et à l’action de l’Algérie sur la scène internationale en faveur de la décolonisation, de la fin de l’apartheid et du sionisme ainsi que de l’instauration d’un nouvel ordre économique international et d’un nouvel ordre de l’information.
Le FLN bénéficiant du «soutien critique» du Pags reprit l’initiative et Mohamed Salah Yahiaoui — un autre «militant en uniforme», assisté de Mohamed Chérif Messaâdia, devint sa figure de proue, défenseur du socialisme. Le parti aspirait à ce moment-là  à redevenir le rempart d’un régime décidé à barrer la route «aux velléités de la bourgeoisie réactionnaire» après que Ferhat Abbas, Cheikh Kheireddine, Hocine Lahouel et Benyoucef Benkhedda aient rendu public un appel demandant la libéralisation du pouvoir politique et de l’économie.
Le président Houari Boumediène parti, en 1965, sur une hostilité ouverte au FLN, déboucha sur la réhabilitation d’une formation dont il avait besoin pour affronter ses adversaires de droite.
Ses fidèles lui prêtèrent même l’intention de déclencher «une révolution démocratique» à l’occasion du 4e Congrès du parti qui était prévu à la fin de 1978. 
Il n’aura pas le temps de le faire. La maladie — mystérieuse selon certains —l’emportera. On pourra épiloguer, à perte de vue, sur le bilan  de l’homme et, aussi, sur ses méthodes qui ont beaucoup coûté de déperditions à la société, en termes de libertés et de droits humains, mais lorsqu’on tire une balance entre son actif et son passif, c’est l’actif qui l’emporte.
Les Algériens ont, à cet égard, retenu surtout :
- son envergure de bâtisseur ; 
- son sens élevé de l’Etat emprunté à l’Emir Abdelkader auquel il s’identifiait ;
- sa capacité d’adaptation aux changements de la société et du monde qui le firent évoluer d’une position réservée à l’égard du socialisme et de son socle social à une autre indexée sur les standards internationaux des pays de l’Est corrigés, il est vrai, par la sacro-sainte règle de l’équilibre entre progressisme et conservatisme symbolisés par Mostefa Lacheraf et Ahmed Taleb El-Ibrahimi, leurs représentants emblèmatiques ; 
- son aversion pour la corruption qui l’amena à exclure des centres de décision des dirigeants qui confondaient «ettawra oua etherwa» (la Révolution et la fortune), leur demandant «min aïna laka hadha ?»(d’où tiens-tu cela ?) ; 
- son puissant soutien aux mouvements de libération auxquels il ouvrit des tribunes d’expression et des casernes d’entraînement supervisées par Slimane Hoffman – chef du département des relations extérieures, la seule structure du parti à détenir un pouvoir réel et où travaillaient également Djelloul Malaïka et Sadek Kitouni ;
- sa stature de leader influent du mouvement des pays non alignés, hôte d’une centaine de chefs d’Etat au sommet d’Alger de 1973, arbitre du conflit Irak-Iran, voix écoutée à l’ONU, à l’Opep, dans le monde arabo-musulman et même en Occident, si l’on en croit ce que Henry Kissinger en a dit dans Les années orageuses, ses mémoires.
A contrario, il ne s’était jamais considéré comme un politicien ou un chef de parti. Il voulait demeurer «le militant en uniforme» gardien — à tort ou à raison — du temple de «la pureté et de la grandeur de la Révolution», chef d’une armée qu’il réorganisa et modernisa avec le concours des DAF préférés aux maquisards qu’il écarta de sa direction.
Quelqu’aurait pu être sa perfection, toute œuvre de gouvernement est, par définition, porteuse de limites et d’échecs, une vérité aussi vieille que la politique qui échappa à la vigilance du président Boumediène, surpris par une lame de fond qu’il n’avait pas vu venir. Il s’en alla prématurément, sans avoir achevé son œuvre. 
A sa mort, le peuple descendit dans la rue pour le pleurer et essayer de porter sa dépouille sur les épaules par rejet du conformisme du cérémonial officiel et de ses acteurs. A travers cette démonstration spontanée, on pourrait y lire la considération qu’il vouait à l’homme à qui il pensait devoir un Etat souverain, une monnaie forte, un système social protecteur, une dignité retrouvée et une aura célébrée dans le Tiers-Monde et au-delà.
Son successeur, Chadli Bendjedid, qui n’avait jamais figuré sur ses tablettes dans cette perspective, rompit avec son héritage en décidant d’engager le pays sur la voie de l’infitah. 
Le FLN , intronisé «Parti-Etat» — vitrine et alibi —, fut embarqué dans cette entreprise jusqu’à ce qu’il succombe sous la déferlante du 5 Octobre 1988, sacrifié sur l’autel d’un multipartisme dans lequel il fit, à son corps  défendant, une immersion des plus humiliantes. 
B. M.

N. B. :
Les détails de la gouvernance des présidents Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene n’ont pas été tous évoqués ici. Les lecteurs qui s’y intéresseraient sont invités à consulter les chapitres qui leur furent consacrés dans Les Présidents algériens à l’épreuve du pouvoir, essai paru, en 2015, chez Casbah Edition.Prochainement : «Les partis dirigeants algériens (5e partie). Le parti du FLN : du parti-État au multipartisme».

 

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