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Etude

LES PARTIS DIRIGEANTS ALGÉRIENS : LE RASSEMBLEMENT NATIONAL DEMOCRATIQUE (RND) Le parti de «l’alternative néo-nationaliste» ? (6e partie)

Publié par Badr’Eddine Mili
le 27.02.2019 , 11h00
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Le Rassemblement national démocratique fut l’un des derniers partis à recevoir son agrément, à l’antépénultième phase de l’ouverture politique de 1989. A peine entré en activité, il remporte les élections législatives, organisées, en juin de la même année, par Liamine Zeroual, confortablement élu à la présidence de la République deux ans auparavant.
La rapidité avec laquelle le montage du parti fut finalisé et le caractère miraculeux de la victoire qui lui remit les clefs de l’Exécutif alors que ses militants finissaient, tout juste, de quitter le FLN jetèrent le trouble au sein de l’opinion et de la classe politique et firent douter de la régularité du scrutin.
Cette suspicion, qui n’en finit pas de coller à la réputation du RND, fit passer au second plan la question de sa genèse, dans le temps où il était  aussi  important de chercher à savoir où il a pris racine, pourquoi il a été constitué et en quoi il aurait été «le parti de l’alternative néo-nationaliste», l’égide sous laquelle ses premiers copromoteurs l’étrennèrent. 

1- Les antécédents historiques
L’évènement  en soi n’aurait pas prêté à conséquence, s’il n’avait pas concerné le parti artisan de l’indépendance nationale, victime, d’après ses militants restés fidèles, d’un parricide punitif, une des causes du profond ressentiment nourri, à ce jour, à l’égard des auteurs de ce «coup de force».
Plusieurs antécédents analogues enregistrés par l’Histoire des partis algériens pré et post-indépendance et, également, de partis maghrébins s’étant soldés, pour les uns, par la disparition de la souche-mère et, pour d’autres, par la cohabitation entre l’ancienne et ses dérivées confirment qu’effectivement de tels «accidents» survenus dans la vie organique de formations partisanes ne devraient être pris que pour ce qu’ils sont et signifient dans le contexte politico-social qui les fit surgir.
* De l’éclatement, par exemple, du MTLD, aux congrès d’Hornu et d’Alger, en 1954, aucun résidu de la formation génitrice ne subsista et personne n’en entendit parler autrement que comme d’un fait d’Histoire.
* Après l’indépendance, le Parti communiste algérien, interdit, se disloqua, remplacé par plusieurs branches successives (PAGS, Ettahadi, MDS, PLD et PLDS) qui déclarèrent, toutes, être les légataires exclusives de son patrimoine historique.
* L’interdiction du FIS s’accompagna de la mise en service d’une demi-douzaine de fausses répliques formatées pour ne pas pouvoir en reconstituer le génome et celles qui s’y essayèrent furent sanctionnées par des redressements, en chaîne, dont elles traînent, encore, les effets.
* Au Maghreb, plusieurs partis eurent à vivre, avant et après l’indépendance, des  expériences de divorce ou de transmutations aussi dures et imprévisibles.
• En Tunisie, le Néo-Destour prit, en 1934, la relève du Destour de Abdelaziz Thaâlbi, sous l’impulsion de Habib Bourguiba décidé à recourir à la violence armée pour libérer le pays, puis à ouvrir le dialogue avec l’Administration du Protectorat que la bourgeoisie tunisienne recommandait dans sa recherche d’un compromis sur une indépendance par étapes.
Le Néo-Destour qui embrassa le socialisme, en 1964, sous le nom de Parti socialiste destourien s’effaça, à son tour, en 1988, devant le Rassemblement constitutionnel démocratique du président Zine El-Abidine Ben Ali, lequel fut dissous par la Révolution de 2011, laissant le champ libre à Nidaâ Tounès du président Béji Caïd Essebsi, lui-même en passe de s’émonder d’une de ses tendances qui projette  de s’organiser en parti indépendant, sous l’égide de Youcef Chahed, l’actuel chef du gouvernement.
• Au Maroc, l’Union nationale des forces populaires (UNFP) quitte, en 1959, le Parti de l’Istiqlal de Allal El-Fassi, à l’initiative de Mehdi Ben Barka, leader de son aile gauche, une aile qui ne tardera pas à muter au nom du socialisme et de la démocratie  en Union socialiste des forces populaires (USFP) prise en mains par Abderahim Bouabid, un de ses chefs historiques anti-Makhzen. On voit, à ces quelques exemples, illustratifs des convulsions qui peuvent affecter la vie organique des partis arrivés à la croisée des itinéraires des forces qui les composent, du fait de mutations sociologiques, de conflits idéologiques et de stratégies de pouvoir, que l’apparition du RND dans le champ politique algérien n’avait rien d’exceptionnel.
Il n’entre naturellement pas dans la préoccupation de cette analyse d’en établir ou non le bien fondé car le seul objectif qu’elle vise est de tenter d’expliquer comment cela fut rendu possible et de chercher à isoler les fils conducteurs qui y mènent afin de reconstituer le processus qui structura le parti et le rendit différent du FLN.

2- Les causes génériques
L’idée de créer un parti du pouvoir autre que le FLN avait vraisemblablement  été envisagée, au moins théoriquement, après les évènements du 5 Octobre 1988 qui mirent à nu l’impuissance du parti à offrir à la révolte des jeunes un exutoire salutaire.
L’ANP, sortie des casernes sur ordre du Président, ministre de la Défense, pour mettre fin à un mouvement dont personne n’a pu cerner les véritables tenants, tant le cafouillage au sommet de l’Etat était grand, comprit, à ce moment-là, qu’elle ne pouvait plus compter sur un parti que la population n’arrivait pas à suivre ni à percevoir à travers le faste de ses cérémoniaux en porte-à-faux avec les réalités de la société et du pays. L’idée a dû faire son chemin et s’affiner lorsque le FLN se rebella contre le Haut Commandement de l’armée en faisant bloc avec le FIS et le FFS qui réclamaient le retour aux urnes.
Entre ces deux dates – 1988 et 1992 – un évènement important vint modifier une des règles du partage des pouvoirs entre l’institution présidentielle et l’institution militaire. Le Président Chadli Bendjedid voulant, coûte que coûte, passer outre les réserves des officiers supérieurs sur la question du traitement de la menace islamiste  fut amené, après une rude empoignade, et dans un climat alourdi par les menaces de la guerre du Golfe, à renoncer, le 25 juillet 1990, au poste de ministre de la Défense auquel fut nommé Khaled Nezzar, le premier désaccouplement entre les deux charges depuis le président Houari Boumediène qui les avait cumulées, sans discontinuer, jusqu’à sa mort ; et, aussi, le signal fort de la prochaine reprise en main par l’ANP de la direction de l’Etat dans sa totalité.

3- L’intermède du Rassemblement populaire national
Après le 12 janvier 1992, le Haut Commandement militaire, de retour, donc, aux affaires, travailla, dans un premier temps, à recomposer le paysage politique, en mobilisant les forces dont il avait besoin pour faire face à la crise. A cette opération, il associa, à contrecœur, le FLN qui était, entre-temps, rentré, dans «la Maison de l’Obéissance» avec Boualem Benhamouda, son nouveau secrétaire général désigné.
Mais la défiance était  encore  là et pas un seul responsable du nouveau pouvoir d’Etat n’était enclin à absoudre de sa «trahison» un parti devenu infréquentable.
Aussi, quand Mohamed Boudiaf mit sur la table, dès son investiture à la tête du HCE, le projet de créer un nouveau parti — le RPN —, aucune objection ne lui fut opposée par les décideurs. L’implantation de la formation fut confiée à des proches : Ahmed Bouchaïb, ancien membre du groupe des 22, Akli Benyounès, ancien dirigeant de l’ex-Fédération FLN de France, Ahmed Djebbar, ministre de l’Education, et Krim, conseiller à la Présidence.
La thèse soutenue par son fondateur  était que le RPN répondait à une demande politique pressante  qui excluait le maintien en fonction du FLN et requerrait son extinction et sa restitution à l’Histoire selon le vœu qu’il émit dès 1962.
A moins d’une dissolution judiciaire motivée, nul ne voyait comment cela pouvait, concrètement, se réaliser, bien que l’avis de certains inclinait vers une solution plus politique : vider le FLN de ses militants et le couper de son socle social et électoral. Sans militants et sans électeurs, le parti évoluerait vers une mise hors service qui l’obligerait à déclarer lui- même sa faillite.
L’assassinat de Mohamed Boudiaf le 29 juin 1992  ajourna, momentanément, le projet, mais l’idée ne fut pas abandonnée puisqu’elle sera remise à l’ordre du jour cinq ans plus tard. 

4- La première inspiration
Le premier inspirateur et ordonnateur du RND est, sans conteste, le général Mohamed Betchine, ministre conseiller du président, qui mit dans la confidence Bachir Boumaza, le futur président du Conseil de la nation puis approcha Abdelhak Benhamouda, secrétaire général de l’UGTA et président du Conseil national de sauvegarde de l’Algérie,  auquel il demanda de contribuer, en tant que leader de la société civile, à la formulation d’une alternative au FLN. Il faut revenir à la Conférence du dialogue national dite de «l’Entente» pour mettre la main sur le fil conducteur du projet. Pas très en cour et décrié par les manifestations anti-Sant’ Egidio, le FLN avait adopté, même après la destitution de Abdelhamid Mehri, un profil bas à cette conférence boycottée par le FFS, le RCD et le MDA mais où le rôle vedette avait été campé par le millier de délégués représentant les partis comme Hamas, les organisations de «la famille révolutionnaire», les associations de la société civile, les membres du Conseil national de transition et les ministres des 1er et 2e gouvernements Sifi (1994-1995) qu’on retrouvera dans le gouvernement Ouyahia (1995) puis, en 1997, dans l’encadrement du RND.
La Conférence put, ainsi, réunir les deux conditions requises, en général, par la constitution d’un parti : une composante de base et une plateforme-programme qui contenait les objectifs phares — la concorde civile et le rétablissement de l’ordre institutionnel légal — que la Présidence de l’Etat comptait réaliser. 
Toutefois, après cette Conférence suivie de l’élection présidentielle, il apparut, d’après plusieurs recoupements, quasi certain, qu’il n’entrait, nullement, dans les intentions du président Liamine Zeroual de se doter d’un parti qui lui servirait de machine électorale ou de caisse de résonnance, au moins, pour deux raisons :
* Se mêler de politique politicienne aurait fait du Président élu par le peuple qu’il était  un homme de parti, une éventualité qui ne cadrait pas avec sa conception de la fonction présidentielle.
En revanche, il avait préféré jeter des ponts en direction de la société  par le biais de Hauts Conseils, et surtout, d’une institution «indépendante» — la Médiature — présidée par Abdeslam Habachi, un autre ancien membre du groupe des 22 qui en fit une administration parallèle à l’Etat, une des raisons de son échec.

* Le Président ne pensait pas, non plus, avoir besoin d’une machine électorale qui travaillerait à pérenniser son pouvoir, tout simplement parce qu’il avait limité le nombre des mandats présidentiels à deux.
Il avait, d’ailleurs, exhorté la Cnisel, à son installation officielle avant les élections de juin 1997, à traiter les partis en lice avec équité et à n’en favoriser aucun, «surtout pas celui que certains apparentent à ma personne».
Cette réserve ne découragea pas le général Mohamed Betchine qui agissait sur un registre plus prospectiviste, engagé dans la gestion d’un enjeu de pouvoir qu’il tenait pour vital pour la poursuite de l’accomplissement de l’œuvre de «redressement national» du président.
Revenu à la charge, à plusieurs reprises, il arracha, quand-même, le feu vert du chef de l’Etat donné du bout des lèvres. L’ancien directeur central de la sécurité de l’armée (DCSA), en froid avec l’état-major qui voyait d’un œil soupçonneux la position influente qu’il occupait  au Palais d’El-Mouradia, pressentait que le président devait, quoi qu’il eut pensé, être protégé contre le pouvoir envahissant des généraux qui risquait de le ligoter, voire de l’isoler complètement, notamment, sur le chapitre des négociations parallèles entamées par certains d’entre eux avec Madani Mezrag, le chef de l’AIS.
En plus du discrédit consommé du FLN auquel il fallait pallier, il lui sembla nécessaire, dans cette logique, de mettre sur pied un garde-fou politique appelé à neutraliser le parasitage de ses pairs et à parer à des évènements intercurrents susceptibles d’advenir. Toujours à la manœuvre, servi par son groupe de presse, mais ne voulant pas apparaître, sous les feux de la rampe, comme «le commanditaire», il sollicita Abdelhak Benhamouda qui en appelait, de son côté, au renouvellement du socle politique et doctrinal de la République en association avec d’autres forces de la société branchées sur une perspective plus large que celle du ministre conseiller du Président.  
 
5- La part de la société civile
Abdelhak Benhamouda endossa l’idée en l’embrayant sur une vitesse supérieure qui dépassait les limites d’un simple enjeu de pouvoir interne à un cercle restreint de dirigeants. Il avança deux considérations qui étayaient la particularité de sa vision :
* Le désaveu électoral essuyé par le FLN aux législatives de 1991 et son alignement sur la position des «ennemis de la République» lui interdisaient de prétendre rejouer un rôle d’influence dans les rouages de l’Etat.
* Le RND n’avait pas vocation de continuer le FLN sous la couverture d’un nouveau sigle qui actionnerait une improbable réactivation de son ADN révolutionnaire ainsi que Mohamed Boudiaf l’avait espéré.
Pour le secrétaire général de l’UGTA, il était question, plus fondamentalement, que le RND incarne «l’alternative néo-nationaliste» attendue par une société qui avait hissé ses exigences au niveau  de l’acquisition  d’un Etat de droit constructeur d’une citoyenneté libérée. L’introduction dans son discours d’un verbatim référencé au patriotisme scella, plus étroitement, sa convergence avec le pôle de la gauche démocratique intéressée à construire un rempart anti-intégriste et anti-autoritariste avec les néo-nationalistes progressistes.
Personnalité charismatique très forte portée par une vague médiatique particulièrement  favorable, Abdelhak Benhamouda ne se cacha plus de vouloir faire valoir tous ces atouts et participer à apprêter à la société civile et politique qu’il pensait représenter, le tremplin qui la porterait au pouvoir et consoliderait la victoire que la résistance populaire anti-terroriste était en train de remporter. A tort ou à raison, ses appuis politiques et syndicaux n’étaient pas loin de le voir prétendre, légitimement, à un destin national.
Son assassinat, le 27 janvier 1997, sur le parvis de la Maison du peuple referma la parenthèse sur une partie de la  première variante, en gestation, du RND.
Seulement, personne ne put répondre à la question de savoir si le leader syndicaliste avait ou non péché par précipitation et s’il avait été ou non politiquement  naïf, au point de manquer de saisir la véritable mesure du rapport de forces entre la présidence de la République et le Haut Commandement de l’ANP.

6- Le RND, parti de la nouvelle nomenklatura
A son premier congrès, minutieusement  préparé par le général Mohamed Betchine, en l’absence de représentants de l’état-major, le RND se présenta en ordre de bataille, prêt à se débarrasser de l’emprise du pôle d’en face et à conquérir une place dans le premier carré du pouvoir.
La liste des congressistes comprenait les corps constitués, les commis de l’Administration, les dirigeants des secteurs de l’économie, les staffs des organisations de masse  du FLN – moins l’UNEA de Abdelaziz Belaïd, l’un des rares syndicats, avec l’UNPA, à être resté dans le giron de l’ex-parti unique – auxquels s’ajoutèrent les Patriotes, les GLD, les maires et des hommes et femmes de médias publics.
Avec le ministre conseiller Mohamed Betchine et Amar Zegrar, secrétaire général de la présidence de la République, les participants qui se verront désignés membres des instances du parti sont le chef du gouvernement Ahmed Ouyahia, les ministres Adami, Benbouzid, Attaf, Harchaoui, Guidoum, Belaïb, Yousfi, Ghoulamallah, Rahmani, Aïssaoui, Moussaoui, Meghlaoui, Bahbouh, Salaouandji…, les dirigeants des organisations de «la famille révolutionnaire» et des syndicats Abadou, Abbas, Bouzghoub (ONM), Benbaïbèche, Khaldi (Onec), Khalfa (Onem), Sidi Saïd, Malki (UGTA), Hafsi (UNFA), Benbraham (SMA), Flici (Association des familles victimes du terrorisme), les maires Seddik Chihab, Tayeb Zitouni, les chefs d’entreprises privées comme Bouchouareb et les journalistes Hamraoui, Mihoubi, Benarous, Djaâfar… La réaction de l’état-major et, en particulier, du DRS qui entendait récupérer le contrôle de ce cheval de Troie  dans une course de vitesse éperdue et riche en rebondissements fut prompte. Après quelques péripéties, le bras de force se conclua, une année après, par la «normalisation» de la situation obtenue avec la démission du général Mohamed Betchine de son poste à la Présidence, en octobre 1998, précédée par une virulente campagne de presse orchestrée par ses adversaires des services de renseignements.
L’homogénéité du parti fut établie, pour une longue durée, après le départ de Mohamed Tahar Benbaïbèche, le très éphémère premier secrétaire et l’élection de Abdelkader Bensalah au secrétariat général qu’il échangera, deux fois, avec Ahmed Ouyahia. 
La route était  désormais déblayée devant la version définitive du parti promue par une nouvelle alliance placée sous les auspices des vainqueurs et portant sur sa carte génétique les deux éléments de sa nouvelle identité : le centrisme et le néolibéralisme.

7- Le RND, parti du centre néolibéral
Par son ancrage et son orientation, le RND peut être défini par ce qu’il n’est pas.
Il n’est pas, comme le FLN, un parti au spectre social large : il est absent au sein de la paysannerie, de la jeunesse et des milieux intellectuels ; sa principale force, il la recruta dans les corps de l’administration centrale et locale, de la bourgeoisie privée et des entreprises stratégiques de l’Etat et annonce, tout de suite, la couleur en adhérant à l’Internationale démocrate centriste.
Avec des effectifs incrustés dans les rouages de l’administration, il se pose, d’entrée de jeu, en parti de la nouvelle nomenklatura de l’Etat qui avait pris ses distances avec le vieux nationalisme entretenu par les anciennes générations aux manettes du Front depuis 1962.
Il professe un nationalisme «moderne et républicain», libéré de ses aspérités rugueuses et surnommé «novembriste» qui convenait mieux aux intérêts d’une bourgeoisie d’affaires alliée au capitalisme international et concurrente de l’informel fondamentaliste. 
Au fronton de son programme économique, il inscrivit, en priorité, la privatisation des entreprises publiques en intégrant, dans sa stratégie, quelques recettes des politiques de réformes expérimentées par les gouvernements Brahimi et Hamrouche, et s’assura du concours d’anciens «réformateurs», comme Bakhti Belaïb, invités à l’aider à les relooker.
La forte présence, au début, dans ses rangs, de moudjahidine et de patriotes qui s’étaient, puissamment, investis dans la lutte contre le terrorisme, le contraignit, néanmoins, à compenser ses propositions libérales très dures pour les classes populaires par la proclamation d’un «patriotisme économique» destiné à masquer son véritable programme de droite.
Le gouvernement Ouyahia que le président Liamine Zeroual laissa diriger, sans interférence, par respect aux prérogatives reconnues à l’Exécutif par la Constitution, mena, dans la pratique, une politique à l’opposé de ses affirmations, une ligne qui sera systématisée jusqu’à faire prendre au parti des décisions antinomiques allant de l’éradication de l’islamisme à la réconciliation avec lui et du «patriotisme économique» au néolibéralisme.
Avec l’arrivée du président Abdelaziz Bouteflika aux commandes de l’Etat, il abandonna son programme pour s’aligner sur celui du président de la République, président du FLN…
Entre autres conclusions provisoires qu’elle suggère, l’analyse qui précède à ceci d’intéressant qu’elle souligne la singularité des conditions et des conséquences de la création du RND.
1- C’est la première fois, dans l’Histoire des crises entre civils et militaires, que ces derniers redressèrent le FLN, en créant, à partir de sa substance organique, un clone qui le supplantera dans la représentation virtuelle du pouvoir réel. 
2- C’est également  la première fois dans l’Histoire de l’institution militaire, que l’inféodation d’un parti au cercle des décideurs donna lieu à une opposition entre pôles rivaux autour d’un enjeu de pouvoir lié à la succession du président Liamine Zeroual qui ne faisait plus mystère de son intention d’écourter, très précocement, son mandat.
3- La survivance du FLN, surtout après «son retour gagnant», dans les années 2000, instaura une sorte de bicéphalisme posant un problème constitutionnel irrésolu à ce jour : comment un parti vainqueur aux élections, donc majoritaire, peut-il être lésé de «son droit de gouverner» au profit d’un autre battu et, donc, minoritaire ?... Mise en scène convenue en haut lieu ou non, le fait demeure que cette entorse à la règle constitue un problème supplémentaire qui complique la saisie des logiques du fonctionnement du système politique algérien…
B. M.

Prochainement : «Les partis dirigeants algériens : RND : de l’éradication à la réconciliation et du «patriotisme économique» au néolibéralisme. (7e partie).

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