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Haltes Estivales

2019 : Hirak toutes !

Publié par Maâmar Farah
le 03.09.2020 , 11h00
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L'année 2019 a été celle du Hirak. Nous l'avons accompagné tout au long de ces douze mois de belle ferveur révolutionnaire, comme nous l'avions déjà fait pour le mouvement citoyen en Kabylie. Ce soutien fut sans réserve. Mais, sur le plan de l'organisation, notre proposition se concentrait sur une structure horizontale qui partirait des communes et des quartiers : des comités populaires, expression de la volonté citoyenne, ayant pour finalité la formation d'une pyramide ayant pour sommet la comité populaire national. Des partis et des leaders n'étaient pas d'accord. Le pouvoir aussi. On comprend pourquoi.

21 février : Militer pacifiquement pour le changement
«Une journée avant le 22 février, dans notre chronique du 21, voici ce que nous écrivions : ‘’nombreux, trop nombreux, sont les ‘’copains’’ milliardaires qui bénéficient des marchés publics et amassent des fortunes et ils ne lâcheront pas le morceau aussi facilement (...)
Est-ce à dire qu'il faut cesser de militer pacifiquement pour un changement qui donnera au pays les moyens institutionnels de bâtir un ordre nouveau plus juste, plus libre et surtout à la hauteur de la grandeur de notre Algérie chérie ? Non, bien sûr (...) Il faut transformer l'énergie passagère des cirques électoraux en force durable qui ne s'arrête pas aux haltes folkloriques des cirques électoraux...»

7 mars : Comités populaires 
«Mais il faudra bien, un jour — proche —, s'organiser et trouver un minimum de consensus autour d'un programme alternatif. Malgré des tentatives d'accaparement qui iront en se renforçant, ce mouvement refusera le plus naturellement du monde toute paternité idéologique ou partisane. C'est inscrit dans son ADN. Ceci étant, l'idée de créer des comités populaires qui encadreront cette communauté naissante n'est pas mauvaise. Elle permettra de canaliser ce mouvement en respectant son caractère pacifique et non partisan, en lui évitant toute récupération et toute manipulation et en lui donnant les moyens de se développer autour des axes démocratiquement choisis par ses membres. J'ai lu que l'on proposait des directions par le haut. Sans porter un quelconque jugement sur les noms donnés — souvent des patriotes ayant largement contribué au combat démocratique de la société civile —, je pense que l'idéal serait de commencer par la base et d'aller, plus tard, vers le sommet.»

11 avril : «Ce n'est pas le Coran !»
«Cette Constitution, tripotée, malaxée, souillée, changée et rechangée, taillée sur mesure pour votre roi ; cette Constitution bafouée dans ses grands principes de liberté et de dignité et qui ne vous intéressait que pour prolonger les indus mandats, la voilà qui devient la prunelle de vos yeux, l'objet de votre adoration ! Quand cela vous arrangeait, vous nous disiez : ‘’ce n'est pas le Coran !’’ Et aujourd'hui que l'avenir du pays ne peut se dessiner sans actes extraconstitutionnels, aujourd'hui que la voie de l'article 102 est clairement celle du suicide collectif, vous refusez de voir la réalité en face et cette réalité passe par d'autres mesures politiques acceptées par tous.»

18 avril : Début des «Zouaf» et «Rangers»
«Alors que l'unité est le principal étendard du Hirak — unité du peuple, sans régionalisme, ni différences idéologiques ; unité dans les revendications nettes et précises —, voilà qu'apparaissent des pages dénonçant des personnalités de la Kabylie sous un tas d'accusations non fondées, voilà que l'on ressort les vieilles querelles régionalistes, etc. Ces rumeurs et toute cette littérature de bas étage trouvent malheureusement preneurs parmi les jeunes qui viennent directement sur Facebook pour s'informer, sans passer par la presse écrite et même la télévision.»
23 mai : Une nouvelle Constitution d'abord, pour empêcher un nouveau Bouteflika
«Au lieu de perdre du temps à inventer le fil à couper le beurre, nous aurions dû imposer, comme préalable à toute opération politique, la révision de la Constitution pour la changer en véritable instrument juridique de la démocratie, y inscrire les grands choix d'un partage judicieux des pouvoirs afin que, plus jamais, un autre Bouteflika ou un autre Saïd ne s'accaparent du sort de tout un peuple et de toute une nation ! Allez au vote sans changement de la Constitution, c'est élire automatiquement un nouveau président avec les habits de Bouteflika (...) Il n'existe aucun mécanisme, aucun garde-fou car, de l'autre côté, il ne faut pas s'attendre non plus à un changement démocratique au niveau des Assemblées nationales taillées sur mesure pour soutenir feu le 5e mandat !»
 
29 août  : Éviter un nouvel «homme providentiel»
«Que va faire un nouveau Président si ce n'est emprunter le même parcours tracé par la mauvaise Constitution de 2014 et si ce n'est agir comme son prédécesseur, avec les mêmes larges pouvoirs, sources des dérives catastrophiques qui ont conduit au soulèvement populaire pacifique ?
Ne risque-t-on pas de reproduire les mêmes excès autocratiques autorisés par une Constitution ‘’monarchique’’ qui donne tout le pouvoir à un seul homme et ignore tout un peuple ? 
En d'autres termes, n'est-il pas aberrant de faire confiance à un seul homme, quel qu'il soit, même élu au suffrage universel, et refuser d'aller à la rencontre de cette formidable moisson d'idées et d'initiatives sorties des entrailles de ce peuple et portées par ses élites éclairées ? N'est-ce pas pour avoir cru que Bouteflika est le sauveur suprême que beaucoup se sont lourdement trompés et qu'ils peuvent aujourd'hui mesurer les conséquences de cette confiance aveugle placée en un simple mortel ?» 

26 septembre : Et si c'était Tebboune ?
«... Aucun des postulants actuels n'est le candidat du consensus mais il ne saurait tarder. Il nous semble qu'il pourrait s'appeler Tebboune et ce raisonnement n'est le résultat d'aucune information qui nous serait parvenue ou autre divulgation de quelque source que ce soit. Elle résulte plutôt de l'analyse des précédentes désignations du pouvoir actuel dont le fil conducteur est la réhabilitation des personnalités ayant résisté au pouvoir oligarchique et subi les outrances de ce dernier.»

19 décembre : Pas de parti, le pari risqué de Tebboune 
«Comment gouverner sans force politique, surtout que la nouvelle Constitution va donner plus de poids aux instances élues —selon les dernières déclarations de M. Tebboune ? Devant lui, il n'y a pas mille choix. Ou il crée un nouveau parti — et c'est ce qu'il refuse — ou alors...
Oui, l'idée paraît folle mais il faut la creuser... Et s'il avait pour plan caché de pousser le Hirak à se constituer en force politique pour participer d'une manière efficiente au pouvoir ? Et son souhait de faire appel à des jeunes, compétents et intègres, pour former le gouvernement et l'encadrement du pays, ne s'adresse-t-il pas, en premier, aux forces éclairées du Hirak ? Nous rêvons peut-être mais ce serait la meilleure manière de donner des signaux forts de la volonté de changement et d'en finir avec le folklore des adorateurs de cadres en bois !  
Mais ne faut-il pas déjà commencer par libérer des femmes et des hommes dont le seul crime est d'avoir exprimé des opinions politiques ou porté des fanions reflétant simplement leur appartenance identitaire ? La balle est dans le camp du pouvoir !»
M. F.

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