Rubrique
Haltes Estivales

À bas l'oligarchie !

Publié par Maâmar Farah
le 20.06.2019 , 11h00
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Comme chaque année à l'occasion d'une courte parenthèse estivale, je republie certaines chroniques parues dans cette rubrique. J'avais titré la seconde citée ici (16/07/2015) : «A bas l'oligarchie, vivent les travailleurs et les vrais industriels!». C'était  une réponse à M. Ouyahia qui avait proclamé à vive voix : «vive l'oligarchie!»
Bonnes vacances à tous.

JEUDI 4 OCTOBRE 2012
Le 15 octobre prochain, le tribunal de Bordj-Menaïel examinera l'affaire des terres agricoles cédées à un investisseur privé par une brochette de chefs de la wilaya. Du beau monde au box des accusés !
 Bravo la justice, mais tu es en deçà de nos attentes. Nous t'attendions à… Bouchaoui ! Ce ne sont pas 30 hectares qui ont été cédés aux investisseurs et exploitants privés là-bas, mais beaucoup, beaucoup plus ! Et la «qualité» de ceux qui ont facilité ces cessions douteuses et condamnables est d'un cran au-dessus ! Justice, ô justice, ton manteau déployé sur les vertes prairies de Boumerdès, n'arrive-t-il donc pas à atteindre Bouchaoui ? Ou alors as-tu peur ? De qui?
Sur ta balance, je vois un bras plus lourd que l'autre : il porte un pesant fardeau nommé iniquité ! Tu es donc courageuse avec les Drag et lâche devant les généraux !

JEUDI 16 JUILLET 2015
Aujourd’hui, tout ce que l’on sait, c’est que les trois partis «uniques», désidéologisés, appuient sans réserve le «programme présidentiel». Ce dernier apparaît comme un immense chantier de mise à niveau du pays pour le rendre accessible aux grands investissements capitalistes étrangers. Une véritable oligarchie, enrichie par les chantiers publics et les facilités octroyées par le pouvoir, est en train de ramper dans ses arcanes. Nous, qui avons milité si longtemps pour un pouvoir issu des classes laborieuses, un pouvoir qui travaille pour alléger les souffrances de ceux qui bâtissent le pays et ceux qui sont exclus et marginalisés, sommes bien tristes quand c'est un commis de l'Etat, un patron de parti, qui dit «vivre l'oligarchie !» Qu'il consulte le dictionnaire ! Je lui propose deux définitions estampillées Larousse qui se rejoignent en fait :
- Système politique dans lequel le pouvoir appartient à un petit nombre d'individus constituant soit l'élite intellectuelle (aristocratie), soit la minorité possédante (ploutocratie)...
- Accaparement d'un pouvoir ou d'une autorité par une minorité.
Ainsi, les choses sont plus claires et nous remercions M. Ouyahia d'avoir éclairé notre lanterne. La grande révolution de Novembre débouche donc le plus naturellement du monde sur l'accaparement du pouvoir par une minorité ! Et on dit, sans aucune pudeur, «vive l'oligarchie !» ...
Quand j'entends M. Rebrab dire qu'il peut créer un million d'emplois, je dis que nos responsables ne font pas leur boulot : ou il faut l'interner ou alors se dire qu'il n'est pas fou et lui donner la possibilité de réaliser son rêve, ici dans son pays. Deuxième exportateur après Sonatrach, il a des atouts à faire valoir et une parole qu'il faut respecter ! Que l'un des responsables politiques de ce pays lance : «Vive Rebrab !» j'aurais compris qu'il y a une volonté de sortir du trabendisme et du larbinisme pour entrer dans l'ère des grands chantiers qui feront l'Algérie de demain... Oui, c'est un capitaliste. Vous voyez, nous ne sommes plus dans l'âge de pierre du collectivisme. 
Notre bonheur s'appelle : vie libre ici, justice et prospérité partagée entre tous. Et c'est pour cela que nous ne cessons d'appeler à la vigilance, l'unité et la mobilisation. Notre amour sans limites pour ce pays éclaire nos horizons qui ne sont embués par aucune prétention politique, matérielle ou financière et cela nous donne la clairvoyance des progressistes, la détermination des patriotes et la lumière des justes.

JEUDI 22 JUIN 2017
...Au lieu de s’inspirer de ces réalités, de faire le bilan désastreux des précédentes privatisations – le complexe d’El-Hadjar ne se relève pas de sa catastrophique cession à Mittal ! —, certains de nos hommes politiques, à l’instar de M. Ouayhia, veulent nous voir abandonner encore le peu de richesses publiques qui restent, au plus offrant ! Mais comment s’y opposer ? M. Tebboune a-t-il les moyens de faire face à cette vague destructrice ?
Ce qui se passe dans notre  pays et à travers le monde nous pousse parfois à penser qu’il est trop tard. Mais, c’est ignorer que l’Histoire ne va pas toujours dans le sens que veulent lui imprimer les forces dominantes et les classes possédantes. Les peuples, qui peuvent sembler parfois résignés et abattus, ont des ressources inimaginables qui leur permettent de rebondir pour corriger ces errements et remettre l’Histoire sur les bons rails. Chez nous, il est vrai que la situation politique ne permet pas d’entretenir quelque illusion que ce soit sur la possibilité de changer les renonciations en cours. Cependant, il est des événements dont il faut faire une lecture politique sereine, à l’opposé des lectures politiciennes qui n’intéressent que le pouvoir et les partis. La réponse magistrale du peuple algérien aux appels à voter lors des dernières élections législatives peut être interprétée comme le signe d’une large opposition à la politique actuelle. Les gens ont cru un moment – un long moment — en ces jeux électoraux mais ont fini par comprendre qu’il s’agit en fait d’un simple simulacre, une opération routinière destinée à faire croire que les choix qui sortiront de la nouvelle législature sont ceux du peuple ! 
Ce que dit Ouyahia est porteur de graves conséquences pour l’économie nationale qui risque d’être partagée entre un petit groupe d’oligarques. Après l’épisode de la répartition des meilleures terres du pays, — celles laissées par les colons —, entre des privés, le peu de biens publics qui reste dans l’industrie peut passer d’un moment à l’autre entre les mêmes mains !
M. F.

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