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Ne laissez pas ronfler une personne cardiaque

Chez les patients cardiaques, le traitement de l'apnée du sommeil réduit le risque de réadmission à l'hôpital pour un problème du cœur, déclare une nouvelle étude américaine. Mieux vaut donc prendre en charge les personnes qui ronflent. Une personne qui ronfle et qui s'arrête parfois de respirer lorsqu'elle dort, est susceptible de souffrir d'apnée du sommeil. 
Or, ce trouble est associé à des problèmes d'insuffisance et de crises cardiaques. L'étude a été menée sur 106 patients, dont 104 présentaient des symptômes d'apnée du sommeil et avaient déjà été hospitalisés pour un infarctus du myocarde, pour une insuffisance ou encore pour une arythmie cardiaque. 80% des participants souffraient même du syndrome d'apnée obstructive du sommeil (SAOS) : le relâchement musculaire pousse la langue et le voile du palais vers le fond de la gorge, ce qui obstrue en partie le pharynx et entraîne un ronflement, voire des apnées. 
Les patients ont été traités par pression positive continue (PPC) : ils ont porté pendant 4 heures par nuit un masque nasal délivrant une pression d'air constante pour maintenir ouvertes les voies aériennes et empêcher ronflements et apnées. L'étude montre que le traitement par PPC pour 70% des nuits (4 heures par nuit minimum) a complètement éliminé le risque de réadmission à l'hôpital pour une nouvelle alerte cardiaque. En revanche, 29% des patients qui n'ont pas eu ce traitement ont de nouveau dû être hospitalisés. 30% des patients ayant mal ou trop peu utilisé le dispositif ont également subi une ré-hospitalisation. Dans les 30 jours suivant le premier séjour à l'hôpital, aucun des patients ayant correctement observé le traitement n'y a été admis de nouveau pour un problème cardiaque. Présenté dans le Journal of Clinical Sleep Medicine, ces conclusions appellent à une prise en charge globale des patients cardiaques souffrant d'apnée du sommeil.