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Le Soirmagazine

Enquête-Témoignages Au fil des rails, Alger renoue avec les qaâdate

Publié par LSM
le 09.06.2018 , 11h00
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Plus qu’un moyen de transport, le métro fait voyager dans le temps. Il permet de redonner la joie de vivre et  de l’espoir aux jeunes talents. C’est surtout vrai durant les soirées ramadenesques. Les Algérois qui veulent sortir et renouer avec les traditions d’antan peuvent le faire sans encombre, autour d’un bon thé et une pâtisserie, oublier les soucis, le temps d’un arrêt. Témoignages.

Soraya : «J’ai emmené ma mère à la station-musée de la place des Martyrs d’Alger»
Dès la première semaine du mois sacré, Soraya, avec ses enfants, s’est empressé d’emmener sa mère à la station-musée de la place des Martyrs d’Alger. «Nous avons organisé la sortie en cachette. J’ai persuadé ma mère de ne pas partir à la prière à cause du froid et puis nous avons enfilé nos manteaux, et là, j’ai dit à ma mère : ‘‘Ce soir, tu vas voyager dans le temps’’», éclate en riant Soraya, 50 ans, cadre dans une entreprise publique. 
«Il y avait un peu de pluie mais cela ne nous a pas dérangés. Nous avons pris la voiture et nous nous sommes garés dans le parking à proximité. Ensuite nous nous sommes engouffrés dans la station de métro direction le musée», poursuit-elle en souriant. Et de poursuivre en détaillant l’ambiance qui y régnait. «Nous étions un petit groupe et étions très à l’aise même si il y avait des enfants avec nous. En fait la première semaine du mois de Ramadhan, il n’y avait pas beaucoup de monde. Mais les agents de sécurité étaient bien visibles avec leurs tenues. Et cela rassure. Arrivés au musée, ma mère et mes enfants avaient pratiquement les mêmes expressions d’enthousiasme et de curiosité. Ma mère ne cessait de répéter : ‘‘C’est merveilleux !’’ Vers minuit, nous étions de retour chez nous. Nous avions passé une bonne soirée sans stress et très enrichissante.» 

Amir : «Le cirque pour les enfants»
Franchement, durant le Ramadhan de cette année, nous n’avons pas vraiment le temps de sortir. Les soirées sont trop courtes. Les années précédentes, après les tarawih, nous avions assez de temps pour sortir. Mais cette année, la prière finit à 23h30 et el imsak est à 3h30. Nous avons juste trois heures de battement. C’est quasiment impossible. 
Si en plus il faut compter les heures d’embouteillages. Cela ne rime à rien. J’ai remarqué dans mon entourage que beaucoup de personnes ont fait l’impasse sur les sorties durant ce mois. Il ne faut pas oublier que notre sommeil est complètement déréglé. 
En plus, il y a le travail le lendemain. C’est vrai qu’avec la fatigue, je m’accorde quelques minutes de somme au bureau ! A cela s’ajoute le mauvais temps, il a beaucoup plu tout au long de ce mois. 
D’un côté, cela a été une bonne chose, le jeûne est plus facile. Mais de l’autre, cela encourage les gens à rester à la maison. Mais j’ai quand même emmené mes enfants au cirque. J’ai été étonnée et surprise à la fois de constater qu’il y avait beaucoup de monde. Je pensais que la pluie les aurait découragés. Depuis, j’essaye de temps en temps de sortir avec toute la famille pour changer d’air.

Soleiman, cadre, papa de deux enfants : «Je ne stresse plus depuis que le métro existe»
De prime à bord, il ne faut pas se leurrer, la première semaine, les gens n’étaient pas très portés sur les sorties. Il faut d’abord s’acclimater avec le mois sacré. Nous sommes complètement chamboulés. Comme beaucoup d’autres, j’ai plus envie de rester en face de la télévision que de sortir et affronter la foule. Mais dès la deuxième semaine, pour moi, en tout cas, j’ai commencé à sortir de façon assez régulière avec ma petite famille. Ce qui n’était pas le cas les années passées. Mais depuis l’an dernier, je ne rechigne plus à sortir en soirée parce que tout simplement  je ne stresse plus pour les embouteillages et le stationnement. Maintenant, avec mon épouse, nous partons assez souvent chez nos familles respectives en empruntant le métro car ils habitent à proximité. Nous faisons les magasins ou bien nous assistons à des spectacles. Il reste des endroits où nous ne partons pas comme les  Sablettes. La dernière fois où nous nous y sommes rendus, c’était une catastrophe ! Nous avons mis une heure pour se garer, autant de temps pour arriver à l’allée pour se retrouver avec des centaines de personnes et se marcher sur les pieds.  Sincèrement, tant qu’il n’y a pas de station métro, je pense que je ne m’y rendrais plus durant le mois sacré. Il y a un autre aspect qui me stressait et que je pensais devoir gérer : l’insécurité. Je devais choisir un bon endroit où  garer  mon véhicule. Avec le métro, ce n’est plus un souci. En plus, il y a la présence des agents de sécurité. J’espère que la qualité de service ne s’altérera pas. Et j’espère, également, qu’ils vont étendre la ligne de métro assez rapidement pour se passer pour de bon de la voiture.


Nawel, maman de trois enfants : «Je renoue avec mes souvenirs d’enfance»
Depuis toute petite, j’adorais les soirées ramadanesques. Je me rappelle que dès que mon père partait à la mosquée, ma mère, après avoir fini  le ménage,  nous emmenait chez nos tantes ou cousines. Nous discutions pendant des heures. Je me rappelle des rires des femmes, des histoires et de nos jeux avec les autres enfants. La notion de temps était abstraite et n’avions pas besoin d’un budget important. Nous emmenions avec nous du sucre, du café, des œufs ou bien quelques pâtisseries. 
Ce qui était bien, c’était le fait que cela soit à tour de rôle. Chaque soirée, une des femmes accueillait les autres convives.  Je me souviens aussi que le soir, il y avait cette notion de sécurité collective. Ce qui m’intrigue aujourd’hui, c’est le dynamisme et la force qu’avaient ces femmes.  Pour mes enfants, je fais en sorte de recréer cette ambiance. 
Pour cela, avec mes voisines, nous nous sommes organisées de façon à sortir en soirée une journée sur deux. Il y a des espaces pour enfants qui ouvrent spécialement en cette occasion et nous nous y rendons ou faisons en sorte de se retrouver chez l’une ou l’autre. 

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