Rubrique
Le Soirmagazine

ATTITUDES Hystérie

Publié par Naïma Yachir
le 04.08.2018 , 11h00
297 lectures

Le robinet ronronne. Zahia tend l’oreille. «Ça y est, c’est l’eau !» Elle enfile son bermuda, file à la cour et commence le remplissage. Citerne, fûts, bassines, seaux, rien n'est laissé au hasard. Elle ramasse son linge sale, forme un tas et bourre sa machine à laver. C’est ensuite les couvertures, les couettes qu’elle trie, puis place son tuyau et commence le lavage. 
Comme une hystérique, à l’aide de ses pieds, elle frotte, astique, rince à grande eau. Elle ne s’arrête pas dans sa folie effrénée. Lave, encore et encore. Elle étend sa literie et se rappelle qu’il y a encore les descentes de lit et les tapis à récurer.
Tout en sueur, sous un soleil de plomb, elle va vite les chercher, les trempe et cette fois, de ses mains, s’acharne sur eux. Tout passe au peigne fin. Maintenant, c’est au tour des sols de l’intérieur. Elle jette un sceau d’eau savonneuse, et avec son balai brosse le parterre. Et ce sont plusieurs autres bidons qu’elle jettera pour rincer. Chambres, salle de bains,  toilettes, cuisine, rien n’échappera à Zahia. 
Heureuse, elle est fière de sa maison. Elle attendra le surlendemain pour tout recommencer, comme si elle n’avait rien nettoyé, convaincue qu’en une seule journée les lieux sont toujours crasseux. 
Ainsi, tous les deux jours où coulera le précieux liquide dans ses robinets, comme une automate, une furie, elle effectuera les mêmes gestes jusqu'à l'épuisement.

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires

(*) Période 30 derniers jours

1

Soit dit en passant 11:00 | 20-09-2018

Tous ont combattu ! Qui a trahi ?

Est-ce que l’une ou l’un d’entre vous comprend par quel miracle l’Algérie continue à nous

2

Actualités 11:00 | 22-09-2018

ALGER-PARIS
Nouvelles tensions diplomatiques

Irritée par les comportements de Paris, Alger a, à l'évidence, décidé de ne plus rester les bras croisés. Entre les deux capitales, la tension est désormais très perceptible, et l'Algérie est quant à elle bien décidée à crever l'abcès lors de la réunion de la Comefa qui