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Le Soirmagazine

Enquête-Témoignages Ils se sont mariés en dépit du non des parents

Publié par Soraya Naili
le 25.08.2018 , 11h00
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La décision n’a pas été facile à prendre. Convoler en justes noces sans la présence des parents ni leur consentement n’est pas chose aisée.
Après avoir plaidé leur cause en faisant intervenir des tiers, ces couples ont dû couper les ponts avec leurs familles pour se marier ; 
plus fort que tout, leur amour les a poussés à passer outre leur avis. 

Mahmoud, 34 ans
«J’ai bataillé auprès de ma famille afin qu’elle accepte ma bien-aimée. La fille que j’aime avait déjà été mariée. Son statut de divorcée est resté en travers de la gorge de mes parents. Ils n’ont pas voulu entendre parler de cette union. J’ai longtemps essayé de les persuader qu’être divorcé n’était pas une tare et que la fille que j’ai choisie est celle qui me convenait.
 Mes parents ont campé sur leurs positions. J’ai alors demandé à mes oncles de les raisonner. Ils ont eu des mots très durs et j’ai fini par quitter la maison, décidé à aller jusqu’au bout de ma décision. Je me suis marié sans l’accord de mes parents. Mes deux frères ont assisté à mon mariage, mais pas mes sœurs. Elles ont pris le parti de mes parents. Depuis trois ans, je n’ai aucun contact avec eux. Je suis heureux avec ma femme et tellement dépité par l’incompréhension de ma mère et de mon père. J’ose espérer qu’un jour, ils changeront d’avis et se rapprocheront de nous.»  

Soraya, 29 ans
«Quand on rencontre une personne que l’on aime, on voudrait que tout le monde l’apprécie, surtout les parents. Toutefois, les choses ne se déroulent pas toujours selon nos desiderata. La rencontre entre la famille de mon prétendant et la mienne s’est mal passée. J’étais effondrée lorsque mon père a donné son verdict : ‘‘Jamais je n’accepterai d’être liée à ces gens-là.’’ Il n’a pas voulu prendre en considération mon attachement à Djamil. Nous nous sommes connus sur le banc de l’université et nous entendions très bien. Cette situation de refus a duré plus de deux ans. Maintes fois, je suis revenue à la charge pour tenter de convaincre mes parents que je ne voyais pas ma vie avec un autre. En réalité, mes parents m’ont promise au fils de leur ami. Il avait une bonne situation mais cela ne m’intéressait pas d’épouser un inconnu. Djamil et moi avions chacun un emploi. Nous avons pris une grande décision : nous marier sans faire de fête. J’ai la chance d’avoir un oncle et une tante qui m’adorent. Ils m’ont soutenue jusqu’au bout. J’avais le droit de choisir mon compagnon. Djamil et moi avons pris un appartement en location et nous nous sommes mariés en toute simplicité l’année dernière. J’attends mon premier enfant et j’espère qu’un jour mes parents me pardonneront d’avoir convolé en justes noces sans leur consentement. Je les aime, mais j’estime qu’à presque 30 ans, je suis mature et responsable pour choisir mon compagnon. Les gens ont beaucoup jasé à mon sujet. Dans notre société, on a tendance à jeter la pierre à quiconque sort des rangs. Mes parents me manquent, c’est indéniable mais je m’en fiche complètement de ce que les autres peuvent dire. Je suis totalement heureuse et épanouie avec l’homme que j’ai choisie.»

Hakim, 43 ans
«Elle est toute ma vie. Ma femme est la prunelle de mes yeux. Pourtant je n’ai pas réussi à la faire aimer de mes parents. J’ai attendu longtemps  avant de trouver ma moitié. A 40 ans, mes amis étaient déjà papa, pas moi. J’ai toujours cru au grand amour. Ma rencontre avec celle qui allait partager ma vie fut le plus beau jour de ma vie. Mes parents me harcelaient de questions. Quant vas-tu enfin te décider à fonder un foyer ?  Je me suis empressé de leur annoncer la bonne nouvelle. Ils avaient hâte de la voir. Toutefois, ils  ont vite déchanté. Devinez pourquoi ? Juste parce qu’elle a un an de plus que moi. «Une vieille, notre fils va épouser une vieille !» 
Ce furent leurs mots. Choquants, blessants, incompréhensifs. Leur fils leur disait qu’il allait être enfin heureux et eux se sont uniquement braqués sur cette histoire d’âge. Ils n’ont pas essayé de connaître la femme de ma vie. Tant pis. J’ai pris les taureaux par les cornes et j’ai tout assuré seul. La fête a eu lieu sans mes parents. Je me suis brouillé avec eux ou plutôt ce sont eux qui m’en veulent. 
Faut-il continuer à obéir à ses parents même à 40 ans ? Je crois que personne n’a le droit  de se mettre sur le chemin du bonheur de quelqu’un et surtout pas les parents.»  Ils ont tenu tête à leurs parents pour épouser la personne de leur choix. Par amour, ils ont été jusqu’au bout de leur rêve quitte à rompre avec leur famille. 
La réconciliation, ils l’espèrent tous du fond du cœur. Elle viendra peut-être au moment où ils s’y attendront le moins. Car la vie donne toujours une seconde chance à ceux qui s’aiment vraiment. 

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