Rubrique
Les choses de la vie

Haftar, Saddam, Berraf et Serrar...

Publié par Maâmar Farah
le 13.09.2018 , 11h00
2559 lectures

Cette semaine, deux «affaires» impliquant des pays arabes ont retenu l'attention de l'opinion publique et fait le buzz sur les réseaux sociaux. La première est une espèce de montage qui a alerté de nombreux sites et organes de presse professionnels. Les déclarations du général Hafter sur une incursion des forces armées algériennes en Libye n'ont rien des propos graves et belliqueux rapportés par Al Jazeera. Cette chaîne est trop connue pour ses fake news et sa manipulation de l'information pour qu'on puisse lui accorder le moindre crédit. A propos justement de Libye, faut-il rappeler qu'Al Jazeera avait joué un rôle néfaste et dévastateur dans la propagation des troubles en diffusant de fausses images tournées dans un pays tiers ?  De connivence avec la CIA, les services secrets français et un certain BHL du Mossad,  elle a soufflé dans une fausse révolution, fomentée par l'impérialisme, une révolution qui a favorisé l'émergence de terroristes islamistes qui continuent de semer mort et désolation dans un pays en décomposition. Alors qu'elle vienne encore pour tenter de semer la zizanie entre l'Algérie et un homme que le Qatar ne porte pas dans son cœur, ne nous étonne pas ! Tout cela fait partie des agendas contradictoires de certaines parties arabes,  elles-mêmes exécutant des plans internationaux qui les dépassent. Mais ce n'est pas nouveau,  me diriez-vous ! La question serait plutôt : pourquoi impliquer l'Algérie ? Peut-être parce que, après l'épisode syrien, la prochaine partie du jeu «Daesh» risque de porter le danger aux portes de notre pays. C'est une possibilité que l'on ne doit pas écarter. C'est probablement l'une des raisons qui font que l'ANP renforce sa présence tout au long de la frontière algéro-libyenne. 
Mais, d'un autre côté, dans cette tumultueuse époque de conflits du troisième type avec comme axe central la lutte contre le terrorisme, faut-il être naïf pour croire qu'une incursion de quelques kilomètres d'un groupe de militaires — au cas où cela est avéré — puisse encore soulever des tempêtes diplomatiques.  D'autant plus que le lieu est une ligne frontalière voguant sur les dunes de sable.  Nous avons toujours défendu l'option d'une élimination rapide et précise de tout risque potentiel de regroupement terroriste à nos frontières. Quand les Etats-unis s'embarquent dans des guerres lointaines au nom de «l'intérêt national» et de la «défense du territoire», qui va en vouloir à l'Algérie si elle élargit le champ d'action de sa lutte anti-terroriste à des poches proches de son territoire ? Nous ne sommes pas toujours d'accord avec ce principe tant de fois martelé par nos dirigeants de ne pas tirer un seul coup de feu en dehors de nos frontières !  Lorsque les terroristes du Mujao ont frappé à Tamanrasset et Ouargla,  c'était déjà suffisant pour qu'on aille bombarder leurs bases au Mali dans des opérations ponctuelles et très précises.  Des «frappes chirurgicales» pour reprendre un terme à la mode. Dans le même ordre d'idées,  si le renseignement avait bien fonctionné et si l'on avait écouté les cris de détresse de nos diplomates au Mali, on aurait pu empêcher la prise d'otages à notre consulat de Gao et son dénouement tragique. Enfin, la catastrophe de Tiguentourine est venue rappeler à tout le monde qu'à force d'attentisme, voire d'angélisme, on finit toujours par se faire avoir. 
La réaction du ministère des AE suite à la manipulation d'Al Jazeera a été magistrale, il faut l'admettre ! Se mettre sur le dos un acteur clé de la solution de la crise libyenne aurait eu de fâcheuses conséquences car on aura toujours besoin de Haftar lorsque l'heure de la paix sonnera. Ceci dit, il faut aussi que l'homme fort de Benghazi comprenne qu'un danger peut toujours se présenter du côté libyen et que ce serait de la légitime défense pour notre pays d'agir avant que les terroristes n'entrent chez nous ! Haftar ne peut pas applaudir les bombardements égyptiens dans les profondeurs de la Libye et s'émouvoir quand un gendarme perd son chemin dans l'erg ! 
Deuxième affaire montée de toutes pièces par les Irakiens, celle du retrait de l'équipe des forces aériennes face à l'USM Alger. Vraiment pas de quoi fouetter un chat ! Ces supporters qui scandaient le nom de Saddam Hussein saluaient la mémoire de l'homme qui a dirigé de main de maître l'Irak et maintenu son indépendance tout en développant l'économie et la science, mais surtout l'homme que des traîtres aux ordres de l'impérialisme ont pendu par une aube limpide d'Aïd el-Adha ! Les «Rouge et noir» n'avaient exprimé que leur soutien aux hommes debout, comme ils auraient pu crier les noms de Boumediene,  Khadafi, El Assad, etc. Ils sont comme ça et nul ne pourra les changer ! 
Je vous vois venir : Saddam est un dictateur sanguinaire ! Ceux qui l'ont dit en premier, qui l'ont incrusté dans les têtes grâce à leur système sophistiqué et monopolistique de l'information, sont ceux-là mêmes qui présentent le massacre de millions d'hommes en Irak comme une œuvre de «démocratisation» ! Ils oublient de dire que Georges Bush est le plus grand dictateur sanguinaire ! Ils oublient de compter les gosses effroyablement déchiquetés par les bombes au Yémen et ne diront jamais des commanditaires que ce sont des dictateurs sanguinaires !  Les responsables sionistes qui massacrent le peuple palestinien ne sont pas des dictateurs sanguinaires ! 
C'est Serrar qui a raison et c'est Berraf qui a tort ! Les Irakiens sont venus à Alger avec l'idée préméditée de créer cet incident afin de recoller les morceaux d'une communauté chiite qui ne se bat plus contre les Sunnites mais se déchire intérieurement ! Les attaques irakiennes contre l'Algérie et les insultes contre ses martyrs sur les réseaux sociaux et la presse sont d'une gravité telle que c'est l'Algérie qui aurait été dans son bon droit de demander des excuses ! 
S'excuser pour une banderole dans un stade de l'Algérie profonde a été une erreur impardonnable. Cette fois-ci, c'est une humiliation intolérable ! On ne s'excuse pas quand un peuple fier salue la mémoire d'un résistant à l'hégémonie impérialiste ! Ou va-t-on ? 
M. F.

 

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires

(*) Période 30 derniers jours

1

Actualités 11:00 | 11-11-2018

ANP
Vers la fin du cumul des fonctions au sein de l’armée

C’est sur instruction personnelle directe de Abdelaziz Bouteflika que les cinq généraux-majors et le colonel des services, détenus depuis le 14 octobre à la prison militaire de Blida, ont été libérés le 5 novembre

2

Périscoop 11:00 | 11-11-2018

Louh désapprouvé

La dernière déclaration du ministre de la Justice par rapport à l’incarcération des cadres durant les années 90, interprétée comme une attaque en règle contre le Premier ministre Ouyahia, a fortement

3
4

Périscoop 11:00 | 13-11-2018

Le retour de Gemalto

5

Actualités 11:00 | 15-11-2018

FLN

Ould-Abbès passe la main