Rubrique
Les choses de la vie

La terre des hommes debout !

Publié par Maâmar Farah
le 05.07.2018 , 11h00
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Du territoire numide des Aguellid aux soubresauts de l'Algérie postcoloniale,  une  vérité  émerge : la violence n'a jamais quitté le vécu de notre peuple et c'est par elle que les dominateurs étrangers ont tenté, à plusieurs reprises, de nous écraser, de supprimer notre être et d'imposer leur civilisation ; mais c'est aussi par elle que les résistants ont libéré la terre et les esprits ! C'est par la violence que le glaive ou le fusil ont déchiré les nuits aurassiennes pour rassembler les patriotes autour des mots d'ordre d'indépendance et de liberté. De la lointaine Kahina à Mostefa Ben Boulaïd, notre histoire n'a jamais été un fleuve tranquille : elle est jalonnée de sang et de sacrifices, d'actes d'héroïsme et de bravoure...  Même quand le désespoir s'installe et que la longue nuit semble sans fin, ce peuple a toujours su trouver, au fond de lui-même, les ressources profondes qui lui ont permis de se réveiller, de croire en l'impossible, de lutter vaillamment et de ne reculer devant aucune force pour arracher sa liberté !
Quand la force de Rome s'imposait à tous et rendait suicidaire tout acte de résistance, il s'est trouvé un Tacfarinas, un rebelle révolté par l'injustice de la colonisation, solidaire des paysans spoliés de leurs terres, pour mener le combat des justes aux quatre coins du pays. Il s'en alla même dans la lointaine Libye pour répandre la révolution contre Rome et enrôler tous les Amazighs d'Afrique du Nord. Contre l'imposante armée impériale, il utilisa une judicieuse technique de harcèlement qui portera, plus tard, le nom de «guérilla», portant des coups sévères au corps expéditionnaire surarmé et composé de soldats d'élite.
Plus tard, les soldats de Dihya, farouches défenseurs de la terre amazighe, se levèrent massivement contre la présence arabe avant de devenir, quelques siècles plus tard, les défenseurs acharnés et les propagateurs en Andalousie de la religion apportée par ces premiers chevaliers de l'islam en terre nord-africaine. La lutte fut féroce, héroïque, sans concession... Contre le colonisateur turc, l'un des plus sanguinaires parmi les hordes qui ont agressé notre pays, le peuple ne resta pas les bras croisés et mobilisa sa jeunesse contre les barbares venus de Constantinople. Une succession de tueries sauvages, de répression aveugle... On n'a pas tout dit sur la longue nuit ottomane et ses crimes contre le peuple algérien. Une hypocrisie qui ne résistera pas longtemps à la vérité de la résistance. Des élites turcophiles, particulièrement puissantes au lendemain de l'indépendance, ont rendu possible le mensonge, oubliant que leur pays, leur passé et leur avenir, c'est l'Algérie et non la Turquie. Cette falsification se prolonge aujourd'hui par la mobilisation des Frères musulmans qui ne veulent pas ternir l'histoire du pays de leur cher Erdogan ! Mais tôt ou tard, le peuple se réappropriera son histoire, la vraie, celle qu'il a écrite par le sang sur chaque pouce de ce territoire tant de fois dominé mais jamais soumis et toujours libéré.
S'il est un colonialisme qui ne cessera jamais d'être dénoncé comme le plus inhumain, le plus infâme, celui qui compte le plus de génocides et de crimes contre l'humanité, c'est bien celui des Français qui sont venus pour exterminer le peuple algérien et fonder une nouvelle Amérique sur les dépouilles des Indiens d'ici. Tout dans les attaques sauvages des tribus locales, tout dans les razzias et les enfumages, rappelle les tristes épisodes du génocide indien... Sans le réveil des braves et leurs nombreux sacrifices, nous aurions connu le même sort : celui des Indiens d'Amérique ou celui des aborigènes d'Australie ! Ce ne sont pas les discours, les joutes oratoires dans les assemblées élues et les réunions partisanes qui ont permis d'empêcher le scénario indien ou australien mais bel et bien les coups de feu dans la nuit d'un 1er Novembre sanglant. C'est par la violence révolutionnaire, la terreur, que la peur a changé de camp ! Guerre à la guerre ! Mort à la mort !
Tant de cimetières des martyrs - il en existe un dans chaque localité - seront à l'honneur en cette matinée du 5 Juillet. Simple protocole, la venue des autorités locales tirera de l'oubli ces tombes écrasées par le soleil de juillet... N'oublions pas ! N'oublions pas la longue tradition de luttes et de sacrifices qui a jalonné notre histoire. N'oublions pas les victimes de la dernière guerre contre les obscurantistes armés, les émirs de la terreur, les ennemis de la liberté et de l'émancipation...
C'est par la violence qu'ils furent chassés de nos terres ! C'est grâce aux sacrifices des braves, à ceux qui ont, encore et encore, porté les armes, que nous avons pu libérer nos terres du plus dangereux des ennemis : l'ennemi intérieur ! Oui, encore une fois, la peur avait changé de camp ! Guerre à la guerre ! Mort à la mort !
C'est cela l'Algérie ! Ils ont beau la maquiller et brutaliser le résistant des années 90 ; ils ont beau pavoiser entre eux, les barbus et les non barbus, fêtant les milliards mal acquis, nous n'oublierons pas nos héros, nos femmes et hommes, morts pour la patrie, pour la liberté... Nul ne peut empêcher le soleil de se lever et aussi longue sera la nuit, souriez déjà, chantez et dansez : la victoire ne nous abandonnera pas ! Elle n'abandonnera pas les enfants de Larbi Ben M'hidi ! Elle sera au rendez-vous pour éclairer le chemin des patriotes, ceux qui savent que ce pays est fait pour tous, ceux qui refusent qu'il soit vendu à la nouvelle bourgeoisie, ceux qui s'opposeront aujourd'hui et demain, à l'oligarchie, ceux qui seront toujours aux côtés des travailleurs et des opprimés !
M. F.
 

P. S. : comme tout le monde, j'ai passé les deux dernières semaines à suivre la Coupe du monde de football. Ma première réflexion sera d'ordre extra-sportif. Cette Russie tant décriée par les médias de l'Empire, eh bien, la voilà ! Un pays tranquille, développé, une organisation parfaite (chaque spectateur a un badge personnel !), la sécurité partout et, surtout, pas trace des «hooligans» ! La crédibilité des chaînes et journaux mainstream prend un sérieux coup.
Côté sportif, je reste sous le coup d'une admirable découverte, celle de l'équipe de France, notamment au cours de son match historique contre l'Argentine. Dans cette compétition marquée par trop de calculs tactiques, par l'utilisation abusive de passes sans limites qui fait ressembler le jeu à onze à du handball, il nous manquait les débordements lumineux sur les ailes, les contre-attaques incisives sous forme de cavalcades épiques, les beaux tirs de loin et tant de traits marquants d'un football frais, actif, enthousiaste, authentique... L'équipe de France a apporté un peu de cette verve et de cette inspiration devenues si rares. Il est un autre onze qui brille également par son génie créateur : hélas, il s'agit de cet Uruguay qui va rencontrer la France ce samedi. L'une des deux merveilles de ce Mondial devra disparaître...

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