Rubrique
Les choses de la vie

Le véritable maître de DAESH

Publié par Maâmar Farah
le 17.10.2019 , 11h00
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Toujours immobilisé et incapable de rédiger un nouveau texte, je vous propose de relire cette chronique sur une précédente trahison – elles ne se comptent plus ! — du chef suprême de la Turquie dont la folie guerrière et la haine anti-kurde n’ont plus de limites ! Aujourd’hui, c’est la grande armée syrienne — auréolée de ses victoires contre la plus abominable agression turco-arabo-occidentale dirigée par le sionisme international -, désormais maîtresse de son territoire, qui va au secours d’une partie du peuple syrien lâchement agressée par Erdogan. Ses soldats sont accueillis en héros libérateurs et les portraits de Bachar sont brandis de nouveau dans les villes et les villages de cette région ! Cette image est un message d’espoir à tous les résistants qui luttent à travers le monde contre les forces de l’Empire. Nous y avons toujours cru, même dans les moments les plus sombres…
Alors qu’une coalition occidentale, renforcée par des pays arabes, fait semblant d’arrêter la progression du monstre que tout ce beau monde a créé, en l’occurrence cette nébuleuse terroriste islamiste concoctée dans les laboratoires de la CIA, voilà que s’éclaircit le théâtre de ces conflits préfabriqués et que tombent, l’un après l’autre, les masques. Rappelez-vous du coup génial de la CIA qui a su embarquer le wahhabisme saoudien dans ses schémas machiavéliques en Afghanistan. Le plan, la formation et la logistique étaient américains mais l’argent venait des coffres du royaume. Al Qaïda est une création américaine et elle a été «montée» avec l’aide de princes proches du palais royal. Ben Laden est un agent de la CIA. Manipulé à son tour, il se trouva à la tête d’une opération au retentissement mondial, l’attaque des tours de Manhattan, et devint l’ennemi public numéro 1 de l’Amérique. Il n’y a d’ailleurs que les crédules qui continuent de croire qu’un groupe d’Arabes novices en matière de pilotage d’avion puisse détourner quatre aéronefs à partir d’aéroports américains hyper-sécurisés et à l’aide de simples… cutters ! On sait maintenant que ce scénario a servi de prétexte à l’invasion de l’Afghanistan et à une présence militaire massive des Etats-Unis dans une région stratégique.
L’arrivée de Bush junior va étendre le territoire de l’Empire en allant chercher des poux dans la tête de Saddam. Certains naïfs occidentaux et de chez nous continuent pourtant de croire à la farce de la «démocratie». L’invasion américaine a totalement brisé ce pays et les malheurs successifs qui s’abattent sur l’Irak ne sont que des épisodes de ce long travail de destruction d’une nation, entamé en mars 2003. Toute l’aile réactionnaire et corrompue arabe trouva son compte dans cette œuvre barbare qui n’honore pas l’Amérique : des cowboys sans foi, ni loi, s’attaquant au berceau de la civilisation humaine, voilà ce que l’Histoire retiendra des expéditions du nouvel Empire !
Lorsque arrive le tour de la Syrie, les Américains se trouvent coincés car ce pays est appuyé par la Russie, l’Iran et des forces politico-militaires influentes du Liban. En outre, l’ONU – qui a été malmenée lors de l’aventure irakienne — évite de soutenir le plan américano-sioniste, ce sinistre épisode syrien d’un «printemps arabe» qui s’avéra n’être qu’une démoniaque manipulation s’appuyant sur les sentiments légitimes des peuples et leur détermination à en finir avec les oligarchies régnantes. C’est ce «printemps» glacial qui allait ouvrir les portes de la Syrie aux véritables forces du mal.
Comme toujours, quelques opposants BCBG, vitrine d’un mouvement d’opposition à caractère laïque, sont présentés comme les têtes pensantes d’une coalition revendiquant le départ du dictateur. Mais, très vite, les monstres cachés dans la foule montrent leurs crocs : les islamistes armés s’engouffrent dans la faille et passent très vite aux exactions, aux viols et massacres. Ce régime de la terreur vise à créer chez les forces de sécurité et la population un mouvement de frayeur collectif qui les fera reculer ! La France ne voit rien venir : l’éviction de Bachar devient l’objectif suprême, sacré, d’une classe politique infestée par les idées sionistes, au point où l’intérêt de la France – peuple et nation- — passe au second plan devant la nécessité de « protéger » l’Etat sioniste. Comme si Al Assad menaçait Tel-Aviv ! Alors, la France déboucle ses coffres et ses magasins d’armement au profit des terroristes qui affluent de partout. L’Etat turc ouvre ses frontières, facilite le transit des djihadistes et met tous ses moyens au profit de la lâche agression d’un Etat souverain, membre des Nations-Unies. Le dollar coule à flots et tout le monde se sucre : Arabie Saoudite et Qatar livrent l’argent sans compter. Pour massacrer d’autres Arabes, pour voir le sang arabe couler et contenter ainsi les désirs de leurs maîtres sionistes.
Ce sont tous ces Etats, avec la France en tête, qui ont fourni aide, assistance, armes et facilités aux groupes qui ont formé, par la suite, Daesh ! Qu’on ne vienne pas nous raconter des histoires à dormir debout aujourd’hui que le monstre semble vouloir s’émanciper de ses tuteurs politiques.
Pour les sionistes, Damas n’est qu’une étape qui mène à Téhéran. Leur crainte, c’est de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire iranienne et la «démocratie» syrienne est le dernier de leur souci ! Ils étaient bien tranquilles avec le clan des Assad, incapable de libérer le Golan ! Cela, Poutine, les mollahs et leurs relais du Hezbollah l’ont compris, puisqu’ils s’engagèrent dans la partie avec force et détermination et tant qu’ils sont là, le pouvoir syrien peut dormir tranquille.
Et les Turcs alors ? Voilà le nœud gordien du problème. Le pouvoir islamiste d’Erdogan s’est mis dans la tête de fonder un nouvel empire musulman dont il serait le maître absolu. Très attaché à la renaissance de la porte Sublime, ce pouvoir, en pleine crise d’adolescence, hésitant entre s’aligner sur Moscou ou Washington, veut s’émanciper en se créant sa propre voie de domination d’une région stratégique. Il nouera des relations très étroites avec le Qatar qui vont lui permettre d’avoir la mainmise sur les orientations politiques de plusieurs mouvements islamistes, y compris en Algérie où il tenta d’influencer le Hamas de Aboudjerra. On le trouvera impliqué en Tunisie, en Libye, en Égypte et surtout en Syrie où il joua un rôle central dans la déstabilisation et l’effritement de la nation syrienne.
Recep Erdogan est l’ennemi numéro un des peuples arabes ; il tente de leur imposer un nouvel empire dirigé par des «Frères musulmans» sous ses ordres. Toute son action tend à recréer un empire ottoman qui affirmerait l’autorité morale, spirituelle et idéologique d’Ankara et briserait définitivement toute aspiration à la véritable démocratie et au progrès. Sous-traitant lamentable de l’impérialisme, vendeur de chimères dans les souks du bazar à la sauce de l’islamisme « stambouli », il n’est qu’une version verte du même ennemi de nos peuples.
Alors, si Daesh a été créé par la CIA, ne soyez pas surpris d’apprendre un jour que son véritable patron se trouve à Ankara, là où le mouvement terroriste puise l’argent qui lui est envoyé par qui vous savez, conseils et renforts de djihadistes. C’est par la Turquie que passent les livraisons de pétrole vendu par Daesh, c’est en territoire turc que sont formés les «combattants» de Daesh, c’est dans les centres de santé turcs que sont soignés les blessés de Daesh.
Le calife Al Baghdadi est l’homme des Américains et des sionistes et il semble avoir trouvé chez leur consul d’Ankara l’aide et le soutien dont il a besoin. En contre-partie,l’Etat islamique aide Erdogan dans sa tâche «sacrée» de massacrer les Kurdes. Non seulement le pouvoir turc ne répond pas aux appels au secours de kobane, mais ne voilà-t-il pas qu’il choisit ce moment pour bombarder ses «propres» Kurdes. Vous voulez un dessin ?
M. F.

Chronique publiée dans Le Soir d’Algérie le 16 octobre 2014, sous le titre « Un calife peut en cacher un autre ».

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