Rubrique
Les choses de la vie

Un feuilleton en cache d'autres, plus périlleux !

Publié par Maâmar Farah
le 03.10.2019 , 11h00
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Nous voilà au cœur de la désinformation ! En l'absence de médias professionnels réellement indépendants — et là, je parle de médias audiovisuels car la presse écrite est sur le déclin —, capables de rectifier le tir et d'offrir une information crédible aux Algériens, le recours aux réseaux sociaux et à Youtube fait des ravages. Entre une information étatique rigide (ou privée mais subissant l'autocensure), qui utilise les méthodes et le discours des années 1970 et une myriade de sites bien faits mais racontant n'importe quoi, la majorité des Algériens préfère consulter ce qui sort d'internet. Et pourtant, n'importe quel dingue peut balancer n'importe quoi et ce sera pris en considération par une opinion de plus en plus crédule. J'ai souvent du mal à expliquer à des amis qui me désarment avec leur naïveté à gober n'importe quel scoop inventé, qu'il faut faire attention à la propagation de fausses nouvelles et qu'il faut toujours vérifier la source. Je leur dis cela parce que ces sites alarmistes ou ces vidéos bidon mais dangereuses pour l'unité et la sécurité du pays, ne sont pas toujours produits par des «dingues».
Des officines étrangères travaillent pour créer la déstabilisation et le désordre au sein d'un peuple qui est resté soudé et pacifique malgré tout ce qu'il a enduré au cours des trente dernières sorties hebdomadaires de son Hirak ! Les incendiaires utilisés pour propager ces fausses informations sont certains blogueurs et youtubeurs qui ont réussi à capter l'attention de centaines de milliers de fans attirés par la violence du verbe et les «infos» sensibles puisés, semble-t-il, auprès de certains hauts cadres ! Personne n'est en mesure de vérifier ces affirmations. L'autre jour, un spécialiste du genre parlait de vidéos très, très dangereuses mais qu'il ne pouvait montrer dans «l'intérêt du pays !» Tiens, tiens ! L'intérêt de ce pays, il en fait un chiffon en appelant à la haine, au feu, presque à l'insurrection armée et puis, soudainement, il songe à le préserver ! En vérité, il n'a pas de vidéos et tout ce qu'il débite lui est dicté par ses financiers. Ils sont de plus en plus nombreux ces activistes du web qui se découvrent une âme de révolutionnaire boostée par le miracle quotidien du direct capté par des milliers de fans. Ils se recrutent parmi des cadres émigrés de date récente et qui veulent visiblement gagner de l'argent sur le dos de la vérité et justifier auprès des autorités du pays d'accueil leur statut de «réfugié politique» courant un grave danger au cas où ils rentreraient au pays.
Il faut dire qu'ils sont servis par le drame survenu au pauvre Mohamed Talmat qui a fait la bêtise de rentrer en Algérie après avoir tiré à boulets rouges et traîné dans la boue certaines très hautes personnalités. Des amis lui avaient conseillé de ne pas le faire car, lui disaient-ils : «la bande ne rigole pas !» Après un séjour qui lui permit de retrouver sa maman avec laquelle il passa des moments savoureux, il décida de rentrer chez lui à Londres. Il fut cueilli au moment où il s'apprêtait à quitter le territoire national. La geôle, la grève de la faim, la mort... Pas d'enquête indépendante, pas d'excuses. Juste le silence royal du cadre en bois et de ses admirateurs et des oueds de larmes de sa maman...
Cette affaire et ses retombées facilitent les démarches pour l'obtention d'un titre de séjour à toute une intelligentsia qui n'est pas toujours composée de renégats. Il faut le dire par rapport à tous ces hommes honnêtes qui, une fois partis pour fuir le terrorisme, ont trouvé un cadre propice à leur travail, voire à leur épanouissement et nous avons des exemples de réussite dans tous les domaines qui prouvent aussi que l'on ne fait pas assez ici pour garder l'intelligence formée dans nos universités.
Revenons à cette vague de fausses nouvelles, d'explications erronées et d'interprétations tendancieuses. Elle n'est pas innocente. Les vrais patriotes savent prendre leurs responsabilités et certains sont en prison pour leurs idées. Il ne leur viendra jamais à l'idée d'allumer le pays, ni de pousser à l'explosion généralisée. Alors, une question se pose : que visent ces activistes et qui est derrière eux ?
Même si le recours à la «main de l'étranger» semble ridicule pour certains, tellement il a été employé à tors et à travers par la bande déchue et les régimes qui l'ont précédée, il ne faut jamais perdre à l'esprit que les «printanistes» qui ont brûlé des terres pas tellement lointaines, sont toujours aux aguets. L'Algérie est leur rêve depuis longtemps ! Mais l'Algérie est un os dur !
Ce qui rassure, outre cette armée qui est notre bouclier contre les tentatives de déstabilisation et de destruction de la Nation, c'est surtout la haute maturité du peuple qui ne tolère aucune ingérence dans ses affaires intérieures. Cela peut être aisément vérifié au cours des trente vendredis passés. Hormis le drapeau palestinien, que l'on voit d'ailleurs de moins en moins, aucun emblème national étranger n'a été brandi par la foule. C'est un phénomène rare et qui mérite d'être relevé car aucun soulèvement populaire de ces dernières années, dans aucun pays, n'a pu faire l'économie d'un étalage des drapeaux britannique, français et américain, soit tous ensemble, soit chacun séparément. Revisitez les images de la Libye, de la Syrie, de l'Égypte et, pour rester dans l'actualité brûlante, regardez celles qui nous viennent de Hongkong ! Même là-bas ! Mais jamais ici...
Il existe actuellement des preuves implacables de la mobilisation de certaines puissances islamistes contre l'Algérie. Les chaînes qui portent leurs idées s'acharnent sur l'armée algérienne depuis le 22 février 2019. Cette propagande vient de Turquie principalement. Du Qatar, même son de cloche malgré le discours conciliant de ses dirigeants. La chaîne Al Jazeera agit dans le même sens. Activistes algériens, propagandistes arabes et prédicateurs haineux reviennent à leurs programmes du début des années 1990, programmes mis en échec par la formidable mobilisation des patriotes et des services de sécurité impliqués dans la lutte héroïque pour la survie de la République. D'autres forces occultes sont derrière ces opérations de manipulation à large échelle dont le but est de créer un front interne, une guerre civile qui leur donnerait l'occasion tant attendue d'intervenir militairement. Ça commence toujours par des communiqués anodins d'associations douteuses car pratiquant toujours le «deux poids, deux mesures», puis par des injonctions d'unions ou de puissances, enfin par une intervention directe qui finit toujours mal ! Dans aucun pays concerné par ces interventions musclées on n'a vu la paix refleurir !
Mais soyons aussi réalistes : pour éviter ces déconvenues qui sont beaucoup plus proches de nos portes que nous le pensons, il faut savoir éviter de se mettre dans des situations embarrassantes. En sortant de l'ère Bouteflika, un Rebrab pensait qu'il allait enfin pouvoir investir en toute liberté dans son pays, lui qui est convoité par la France, le Maroc, beaucoup de pays africains et même par le Brésil. Il ne pensait pas finir en prison pour des délits qui sont passibles de fortes amendes. Louisa Hanoune, militante socialiste depuis des lustres, pensait qu'il n'était pas convenable de ne pas répondre à l'invitation du vrai chef d'Etat pour des consultations politiques. Sa vie de militante est passée aux oubliettes, comme son amour et ses sacrifices pour l'Algérie républicaine. Elle est condamnée à 15 ans de prison. Parce qu'ils ont parlé librement, Boumala, Karim Tabou et le moudjahid Bouregaâ croupissent dans les geôles de la République. Pensons à cet homme malade, au bout du rouleau qu'est le général Benhadid. Quant à Ghediri, on ne sait même pas pourquoi il est emprisonné. Ce ne sont pas des criminels, ni des voleurs. Et que dire de ces simples manifestants traînés devant les tribunaux... En se libérant, la justice perd parfois la boussole !
Ne livrons pas des armes à nos ennemis ! Agissons avec hauteur de vue et sachons toujours faire la différence entre ce qui est fondamental et ce qui ne l'est pas ! Donnons une gifle à ces agents du mal et du chaos en libérant ces enfants de l'Algérie nouvelle et ce vieux Monsieur qui a tant souffert dans les maquis.
Notre engagement en faveur de l'armée est une constante qui n'a jamais connu la moindre variabilité depuis toutes ses interventions en faveur d'une Algérie unie et forte. Et c'est au nom de cet engagement fort, réfléchi et renforcé depuis que nos forces armées ont refusé de réprimer le peuple sorti le 22 février 2019 que nous appelons à l'apaisement, le vrai !
Vous allez me dire : et Baha Eddine Tliba ? J'ai tellement écrit sur lui avant 2019 que je n'ai plus envie de rajouter une seule ligne. Si quand même, car je pense que vous faites allusion au feuilleton déclenché cette semaine. Ma conviction est qu'il va réapparaître comme si de rien n'était... Je n'aime  pas les feuilletons !
M. F.

 

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