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Les choses de la vie

Vingt années à vous grandir les portraits

Publié par Maâmar Farah
le 21.02.2019 , 11h00
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5 élections présidentielles. De 1999 à 2019, des milliers d'articles avec les mêmes positions politiques. Il est possible que nous ayons eu tort dans ces jugements — nous ne détenons pas la vérité — mais nous n'avons jamais obéi à de quelconques conjonctures ou intérêts, pour épouser de nouvelles postures. Voici 5 articles écrits à la veille de ces 5 rendez-vous, choisis vraiment au hasard...
1999 : OUI, MAIS ...
«... On peut reprocher à l'homme son refus de se positionner sur l'échiquier politique et sa tendance à vouloir trop rassembler. C'est une utopie que de prétendre rapprocher un islamiste d'un démocrate. Il est maintenant prouvé clairement qu'il est impossible de construire une démocratie avec des extrémistes prêts à utiliser tous les moyens, y compris l'élection et le discours démocratiques, pour accéder au pouvoir.
M. Bouteflika a bien parlé mais parfois il nous semblait surgir brusquement d'un autre âge, une époque lointaine où il n'y avait ni Ben Laden, ni Afghanistan…»
Mars 1999
 
2004 : LE SYSTÈME A CHOISI
«... On ne va pas nous faire croire que Sidi Saïd, le chef de l’UGTA, s’est introduit frauduleusement dans la salle où se tenait le meeting de Bouteflika ! Un tel soutien, qui engage en fait plus de deux millions de travailleurs, ne peut pas avoir été décidé, sur un simple coup de tête ! Quand Ahmed Ouyahia, l’un des hommes les plus fidèles de ce système s’aligne derrière Bouteflika et quand HMS, cette nébuleuse drivée par certains puissants du moment, choisit la même voie, on ne peut plus rien attendre de l’issue du prochain scrutin. Et quand les organisations patronales en font de même, il est ridicule de parler d’actions individuelles ! Quand l’Union nationale des fellahs apporte sa caution à la candidature du Président, cela n’est pas également le fruit du hasard ! Quand l’Organisation des moudjahidine, les anciens condamnés à mort, les associations d’enfants de chouhada et de moudjahidine, les victimes du terrorisme, les grands syndicats, la presque-totalité des associations venant de tous les horizons, les petits et les grands groupes de pression, les notabilités locales, les zaouias, les confréries, les tribus, les clubs sportifs et scientifiques, les chanteuses et les chanteurs, les ligues, les unions, les alliances, les fédérations et tout ce qui pèse de l’argent en Algérie, sont avec Bouteflika, n’est-ce pas la preuve par neuf que le système a choisi  son  candidat ?...»
Mars 2004
 
2009 : ILS VEULENT MÊME ARRÊTER LE TEMPS !
«...Vous avez dû voir fleurir partout, et pire qu’en Corée du Nord, les portraits gigantesques et démesurés de notre leader respecté et bien-aimé. Nous sommes un pays à visiter absolument parce qu’il offre cette particularité, unique dans les offres touristiques, de renvoyer ses visiteurs à une époque révolue. En prenant l’avion pour Alger, les touristes montent dans une machine à remonter le temps ! Et, à propos de temps, signalons au guide Guinness, ce geste unique au monde d’un opportuniste qui a accroché le portrait du Président Bouteflika sur la grande horloge de la gare de Annaba ! Ils veulent même arrêter le temps pour que dure leur système en panne ! Mais le temps ne s’arrête pas aux stupides haltes des laudateurs sans génie. Le temps est éternel et je suis sûr que la pauvre horloge, cachée par le sourire de notre Président, continue de marquer les minutes et les heures, en se moquant royalement du 9 avril 2009 !
«Temps : ce que les hommes essaient toujours de tuer, mais qui finit par les tuer.» (Herbert Spencer)
10 mars 2009
 
2014 : Lettre aux futurs hurleurs !
«Vous savez que s'il se présente, il n'acceptera pas moins de 90% ou, si vraiment il y a  du changement positif, moins de 85% ! Cela, vous le savez, et vous y allez quand même ! Mais sachez que votre engagement et l'enthousiasme de vos supporters ne vous empêcheront pas de vous serrer dans les 10 ou 15% de voix qui restent. Sachez que vous allez vous bousculer entre les virgules qui sépareront un mauvais score d'un autre mauvais score !
La machine infernale est ainsi fabriquée; ses concepteurs ne s'amusent pas. Ils travaillent toujours en deux temps : vous attirer par des slogans et des promesses d'honnêteté et de surveillance impartiale, ils mettent tout leur art dans le montage du grand chapiteau coloré et festif de la «Démocratie». Puis, le soir du vote, ils enlèvent le masque pour travailler dans l'intérêt du «pays» : pas d'huile sur le feu, responsabilité, pas d'aventurisme politique ! C'est ce qu'ils disent, mais ils travaillent pour perpétuer leur ordre : celui de la désertification industrielle, du tout-import, des contrats juteux et de la culture du désespoir !
Le jour d'après, je vous demande humblement de ne pas venir pleurnicher pour nous émouvoir : la «fraude» ! Vous allez encore convoquer cette pauvre «fraude» qui dormait tranquillement au fond des urnes ! Elle va surgir le jour d'après et vous ferez semblant de ne plus tenir sur vos sièges. Mais si nous étions de vrais journalistes, ce jour-là, nous vous boycotterions ! Car il ne servira à rien de crier : «Nous ne savions pas !»
Février 2014.

2019 : Bouteflika, Ghediri et Baha
«L'oligarchie, composée de nouveaux riches dont les fortunes ont gonflé sur le dos du Trésor public, a vu son pouvoir économique se renforcer pour empiéter sur le pouvoir politique et ce n'est guère surprenant de voir un certain Tliba, inconnu il y a une quinzaine d'années, se transformer en oracle digne de son confrère Saâdani qui coule des jours heureux en France. Toutes ces forces de l'argent ne veulent pas d'un changement car il signifie que Haddad ne pourra plus s'amuser à construire des stades qui coûtent plus cher que des enceintes célèbres d'Europe, ni s'éterniser sur un bout de route ou transformer des producteurs en torches vivantes dans les locaux mêmes de sa chaîne télé ! Nombreux, trop nombreux, sont les «copains» milliardaires qui bénéficient des marchés publics et amassent des fortunes et ils ne lâcheront pas le morceau aussi facilement (...)
Est-ce à dire qu'il faut cesser de militer pacifiquement pour un changement qui donnera au pays les moyens institutionnels de bâtir un ordre nouveau plus juste, plus libre et surtout à la hauteur de la grandeur de notre Algérie chérie ? Non, bien sûr. Mais il ne faut surtout pas que les hommes intègres et patriotes qui vont s'épuiser durant les prochains mois à présenter des programmes prometteurs aux Algériens croient qu'une défaite annoncée (et nous avons dit objectivement pourquoi) est la fin de tout. Il faut apprendre à dépasser cette fièvre d'engagement et d'optimisme qui ne dure que quelques semaines tous les cinq ans. Il faut transformer cette énergie passagère en force durable qui ne s'arrête pas aux haltes folkloriques des cirques électoraux...»
Janvier 2019
M. F.

 

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