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La Sûreté Nationale, enjeux et défis de Kasmi Aissa Un regard sur la police vue de l’intérieur

Publié par R. N.
le 25.10.2018 , 11h00
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En choisissant ce titre, qui exprime le contenu du message que comporte l’ouvrage, l’auteur veut mettre en exergue toute l’importance que revêtent la sécurité et la stabilité du pays ainsi que l’ampleur des enjeux et des défis majeurs qui se posent à l’Algérie dans un environnement politique, économique et stratégique hostile, trouble et menaçant.
Ce nouvel ouvrage de Kasmi Aïssa s’articule autour d’une double préface écrite respectivement par l’écrivain et penseur Mohamed Salah Seddik et le commissaire divisionnaire de police à la retraite, le docteur Boumadani Mustapha, lesquels, chacun à sa manière, ont présenté à la fois l’ouvrage et son auteur ainsi qu’autour d’un préambule à travers lequel l’auteur se présente lui-même aux lecteurs en expliquant sa motivation pour l’écriture et en insistant sur l’impérieux devoir de mémoire et l’obligation qui incombe à tous ceux qui ont eu l’honneur et la chance de servir l’Algérie à des degrés plus ou moins importants de responsabilité, que ce soit durant la lutte de libération ou après l’indépendance, de capitaliser puis de restituer fidèlement et objectivement la quintessence de leur expérience avec ses succès et ses échecs, pour permettre aux générations futures d’en tirer profit et aux historiens de disposer de suffisamment de matériaux pour l’écriture de l’histoire de notre pays. Le premier chapitre est consacré totalement à l’histoire de l’institution de la police à travers le monde depuis les temps les plus reculés chez les Chinois, les pharaons, les Incas, puis dans la péninsule arabique durant la période antéislamique et après l’avènement de l’Islam. 
Ensuite, il traite de l’évolution du système de police en Algérie depuis la Numidie, chez les Berbères, en passant par les royaumes musulmans d’Andalousie et d’Algérie, puis sous le règne de l’émir Abdelkader, la police coloniale française, la police au cours de la Révolution sous le commandement du FLN et enfin la police algérienne et son évolution depuis l’indépendance à ce jour. 
A ce sujet, l’auteur évoque les principaux événements politiques et sécuritaires qu’a connus l’Algérie depuis la crise de 1962 jusqu’à l’avènement du terrorisme au milieu des années 1985 et l’entrée du pays dans la décennie noire. La suite de l’ouvrage est une sorte d’autopsie complète de la police algérienne, de ses missions, de ses hommes et femmes en relatant de précieux détails sur le recrutement, la formation et les conditions de travail difficiles du policier. L’auteur parle en tant qu’acteur du développement de la police nationale, des nombreuses contraintes et pressions du métier de policier qui est tout à fait différent des autres métiers, plaçant le fonctionnaire de police entre le marteau et l’enclume. 
D’un côté, le public qui devient de plus en plus exigeant en matière de sécurité et de respect des libertés et des droits de l’Homme et, de l’autre côté, l’Etat qui impose aux policiers un plan de charge rigoureux et astreignant.
Le livre se poursuit par une analyse exhaustive et méthodique de la problématique des relations entre le public et l’Etat, d’une part, le public et la police, d’autre part, tout en se focalisant sur le rôle primordial du citoyen appelé à apporter sa contribution indispensable en vue d’assurer la sécurité et la stabilité nécessaires au développement économique et social du pays. Dans cette optique, l’auteur s’appesantit longuement sur la notion des droits et des devoirs, le concept de sécurité individuelle et collective en expliquant dans le détail les enjeux et défis qui se posent à l’Algérie en termes de sécurité intérieure et extérieure. 
L’auteur évoque longuement le sujet particulièrement sensible concernant le rôle de la police depuis l’avènement du pluralisme politique à partir des années 1990. Sous un autre angle, l’auteur fait un constat de la problématique de l’information et de la communication institutionnelles en Algérie, en particulier la communication à caractère social censée contribuer à mieux former le citoyen, à l’orienter et à le rapprocher davantage des institutions de l’Etat, à gagner sa confiance et sa coopération qui font cruellement défaut depuis de longues années. 
L’auteur affirme que ce déficit de confiance entre l’Etat et le citoyen constitue le nœud gordien dans la réussite ou l’échec de la politique de développement économique et social de l’Etat.
Enfin, l’auteur réserve l’une des principales parties de son ouvrage à la criminalité et à la délinquance sous toutes leurs formes et au conflit éternel entre le crime et la loi, entre la science et l’ignorance, notamment aux nouveaux types de criminalité transnationale qui exigent des moyens autrement plus performants qu’auparavant pour préserver l’Algérie des effets destructeurs de la criminalité internationale dont les commanditaires qui ne connaissent pas de frontières ciblent avec acharnement l’Algérie dans le but de semer le désordre, l’insécurité et l’instabilité afin de freiner ou de bloquer carrément sa marche vers le progrès économique et social. 
Cette même criminalité qui ne fait pas de différence entre le terrorisme, le trafic illicite de drogues, la traite des humains, la corruption, le blanchiment d’argent, la cybercriminalité et autres.
En conclusion de son livre de 360 pages, Aïssa Kasmi livre quelques réflexions et suggère des solutions novatrices susceptibles, à son sens, de permettre à l’Algérie de relever tous les défis et de se prémunir contre les dangers qui menacent sa sécurité globale et sa stabilité sociale. 
R. H. 

Précédentes publications de l’auteur 
Quatre ouvrages : La Police algérienne, une institution pas comme les autres, édité en 2002 (français), La Police algérienne, aux racines de la société, édité en 2004 (arabe), La main courante, un policier algérien témoigne, édité en 2009 (français), Mémoire d’un individu… Histoire d’une nation, édité en 2014 (arabe).

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