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Espagne-Maroc

Derrière la crise, la décolonisation du Sahara Occidental

La dernière crise espano-marocaine a réaffirmé la nature du conflit sahraoui comme une affaire de décolonisation inachevée, estime Mah Lahdih, ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en Colombie, dans une tribune publiée dans le journal électronique algérien La patrie News.
 

La crise déclenchée à cause des pressions imposées par le Maroc à l'Espagne afin de reconnaître sa prétendue souveraineté sur le Sahara Occidental et qui s'est amplifiée avec l'hospitalisation, en Espagne, du Président sahraoui, Brahim Ghali, est aussi étroitement liée, selon Mah Lahdih, «à la dramatique et chaotique situation socio-économique du Maroc» qui est «en train de provoquer des révoltes sociales». 
«Nous avons assisté à un réveil timide de l’Espagne dans la défense de sa souveraineté devant les ingérences constantes et les pressions marocaines, ainsi que dans sa prise de responsabilité en tant que puissance administrante du territoire du Sahara Occidental», constate le diplomate. Il ajoutera que la crise entre les deux pays a dévoilé «le vrai visage du système médiéval marocain avec l’usage obscène et condamnable de la population innocente et notamment des mineurs et des nourrissons». L'allusion est faite ici à l'ouverture des frontières du côté marocain aux candidats à l'émigration afin de faire pression sur le voisin espagnol. 
D'après le diplomate, «les amis du Maroc (la France) peuvent lui demander d’analyser plus posément ses comportements, gestes et actions déplacés avec tous ses voisins et lui conseiller de pratiquer un autre type de politiques, moins agressives, à leur encontre. Ils peuvent lui suggérer que la meilleure façon de résoudre les conflits est de les ajuster à la légalité et aux normes internationales». «La position du Maroc aussi bien aux Nations-Unies qu'au sein de l’Union africaine est celle de la reconnaissance de l’existence de (la RASD), mais dans sa propagande de consommation interne (le Maroc) nie cette position», a-t-il ajouté. «Un (...) exemple de cette propagande qui ne s’ajuste pas à la réalité des choses, c’est quand le Makhzen, pour sa consommation interne et pour tromper le peuple marocain, dit que la République sahraouie n’existe pas, mais dans tous les sommets, réunions ministérielles, parlementaires (...) de l’UA, il s’assoit à côté des représentants de cette république», signale l'ambassadeur. 
«Le Maroc doit faire des pas sérieux et crédibles (pour gagner la) confiance du peuple sahraoui et de la communauté internationale. Il ne peut continuer à donner la même image de négation de la réalité, comme quand il s’assoit aux Nations-Unies à négocier avec le Front Polisario et en sortant de la réunion, il dit que le Front Polisario n’existe pas. Le premier pas pour guérir un malade, c’est de reconnaître qu’il est malade. Et le Maroc doit reconnaître qu’il s’est trompé et doit changer de manières, de politique et de stratégie», conclut-il.

Madrid pour le respect des résolutions de l’ONU
La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a réaffirmé, hier, la position «constante» de l'Espagne concernant le conflit au Sahara Occidental basée, notamment, sur»le respect des résolutions des Nations-Unies». Devant le Congrès des députés, Chambre basse du Parlement espagnol, Mme Ganzalez a souligné que la position de l'Espagne sur le Sahara Occidental est «constante, n'a pas changé et ne changera pas et est basée sur le multilatéralisme, le respect des normes internationales et des résolutions de l'ONU». 
La ministre répondait aux questions du Parti populaire (PP) et du parti basque (Bildu) sur la crise avec le Maroc. En mai dernier, des milliers de migrants, dont de nombreux mineurs, ont afflué illégalement dans l'enclave de Ceuta. La plupart ont été refoulés mais plus de 1 000 mineurs marocains y sont restés. Selon des médias marocains, plus de 90% des familles auraient refusé leur retour au Maroc.
Les autorités de Ceuta ont accusé le Maroc d'avoir manipulé les mineurs afin d'exercer une pression sur Madrid suite à l'accueil par l'Espagne du Président sahraoui, Brahim Ghali, pour des soins.

L'armée sahraouie mène de nouvelles attaques contre les forces d'occupation marocaines
Les unités de l'Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont mené de nouvelles attaques contre les positions des forces de l'armée d'occupation marocaine le long du Mur de sable, a indiqué mardi un communiqué du ministère sahraoui de la Défense. Selon le 209e  communiqué rapporté par l'agence de presse sahraouie (SPS), «les unités de l'APLS ont bombardé mardi les positions des forces d'occupation dans la région de Sabkhat-Tnouched et Ross-Oudi-Al-Dhamrane, relevant du secteur de Mahbes». «Les unités de l'armée sahraouie ont également bombardé les positions des forces d'occupation marocaines dans la région de Fedrat-Al-Temat au nord d'Ahricha-Dert dans le secteur de Houza, et un autre bombardement dans la région de Rékiz dans le secteur d'El-Kelta», ajoute la même source. «Elles ont également mené un bombardement visant les forces d'occupation marocaines dans la région d'Aoudi-Al-Ziyat dans le secteur d'Al-Farssiyah». Les attaques de l'APLS se poursuivent contre les forces d'occupation qui subissent de lourdes pertes humaines et matérielles le long du mur de la honte, conclut le communiqué.
APS