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Ils l’ont fait, vous non

Pas moins de 84 pays de par le monde ont reconnu la République arabe sahraouie démocratique (Rasd) dès sa proclamation le 27 février 1976, au Sahara Occidental. Ce chiffre est celui du centre d'études sur le Sahara Occidental de l'institut de recherche de l'Université de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. Un certain nombre d’États ont retiré ou gelé leur reconnaissance mais la plupart soutiennent le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. C’est dans une course éperdue que les hommes de main de sa majesté font du porte-à-porte, chéquier en main et autres moyens de corruption, la désinformation, le recours au lobbying de ses maîtres dont la France, pour faire pression sur les États qui reconnaissent la République sahraouie. Une telle démarche a d’ailleurs donné lieu à des scandales aux odeurs nauséabondes. 
En effet, des pays, comme la Mauritanie, ont fait l’objet de chantage. Parmi ceux qui reconnaissent la Rasd, deux pays frontaliers : l’Algérie et la Mauritanie – qui constituent avec la Libye trois pays arabes en sa faveur. Le drame de ce peuple, à l’histoire ancestrale, dépossédé de sa terre, dure depuis 46 ans ! En Afrique, elle est pourtant membre fondateur de l’Union africaine et jouit d’un statut à part entière, au même titre que tous les autres États membres, et délibère dans toutes ses structures où elle a ses propres représentants. La Ligue arabe, totalement inféodée, sans consistance acune s’est alignée sur la thèse de l’occupant cautionnant ainsi le fait accompli de l’agression. Il est vrai que cet aplaventrisme lui est coutumier. Que dire des Palestiniens, trop timorés, qui ont fini par retirer leur reconnaissance, eux qui vivent paradoxalement le même drame de colonisation et de spoliation. Quand bien même il n’y a pas beaucoup à attendre de leur part, le courage politique aurait une valeur symbolique et augmenterait les sympathies à leur encontre – comme le proclament à gorge déployée leurs fans algériens. Fort heureusement, la jeunesse palestinienne n’est pas de l’avis de ses chefs. 
L’attitude tranchée des monarchies arabes, solidarité des trônes oblige, et celle des républiques de pacotille démontrent l’impasse dans  laquelle s’est  fourvoyé ce monde arabe-là, plus enclin à courber l’échine. Quant à la «communauté de destin» des peuples qui les composent, les démentis cinglants claquent comme un fouet. Ce début du siècle est fait de servilité, de soumission et d’offrandes comme gages d’allégeances au maître de la région, là où les rois et les princes étaient les chantres de la libération de la moindre parcelle de terres arabes. «Ah, y a le feu ? Tant ça ne prend pas dans ma demeure» Un autre pays, saccagé par les agressions militaires quotidiennes, exclu de l’institution, mené de main de fer par une dynastie de dictateurs,  n’a jamais levé le petit doigt ni compati au drame des réfugiés sahraouis dans les camps. Un régime que l’Algérie, sans calcul aucun, a soutenu contre vents et marées au défi des «frères» arabes déterminés à lui faire la peau. Pour bien traduire leurs funestes intentions, ils n’ont pas hésité à flamber des milliards de dollars en armes et en hommes de troupes. 
Le pays de Bachar Al Assad, ignore-t-il ce que signifient entraide et solidarité, les coups du sort ? À aucun moment, à quelque niveau que ce soit, les tontons syriens n’ont imaginé de leur devoir de faire une déclaration apaisante pour les Sahraouis en lutte, dire un mot pour la postérité. L’Histoire jugera.
B. T.

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