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Tunisie La visite de Ghannouchi en Turquie soulève un tollé général

Publié par Mohamed Kettou
le 14.01.2020 , 11h00
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De Tunis, Mohamed Kettou
Moins de 24 heures après l'échec cuisant subi par le gouvernement de Habib Jemli, donc du parti islamiste de Rached Ghannouchi, président du Parlement, qui n'a pas trouvé mieux que de se rendre en Turquie pour rencontrer Erdogan, sans demander mandat à l'Assemblée des représentants du peuple. Cette visite inattendue a fait couler beaucoup d'encre et de salive.

Pour le parti Ennahdha, cette visite est «personnelle et amicale» ,alors que pour le commun des Tunisiens, elle a un caractère purement «politique». Les réactions ont fusé de toutes parts.
 La députée Abir Moussi (PDL), ennemie jurée et déclarée de Ghannouchi, n’a pas hésité à qualifier cette visite de «haute trahison». Mohsen Marzouk (Machrou Tounès) lui a emboîté le pas. Abir Moussi s'est, aussitôt, attelée à la tâche en engageant, auprès de ses collègues au Parlement, une campagne de collecte de signatures destinée à destituer Ghannouchi de son poste de président. Parviendra-t-elle à ramasser les 70 signatures nécessaires ? Si l'on se réfère au vote de rejet du gouvernement de Habib Jemli, l'on peut affirmer qu'elle y arrivera. Mais ce ne sera pas fini. Car la destitution qu'elle souhaite requiert, au cours des débats, un nombre beaucoup plus important de voix. Ainsi, nul ne peut prévoir vers quel avenir se dirige la Tunisie qui souffre de la crise politique la plus grave de son histoire récente. 
Cette crise institutionnelle arrive à un moment où le pays est dirigé par un gouvernement incapable de prendre des mesures qui engagent l'avenir. Car, depuis deux mois, ses prérogatives se limitent à la liquidation des affaires courantes dans l'attente de la désignation d'un nouveau chef de gouvernement, désignation dans laquelle le parti islamiste majoritaire n'a plus les coudées franches. C'est le président de la République qui doit désigner, au plus tard le 20 janvier, la personnalité la plus apte à former un gouvernement après consultation des divers partis politiques. En tant qu'universitaire constitutionnaliste, Kaïs Saïed — et c'est connu — ne violera pas la Constitution et n'est pas enclin à favoriser un parti aux dépens d'un autre, serait-ce celui qui détient la majorité parlementaire. Entretemps, le peuple qui suit, avec inquiétude, l'évolution de la situation continue de manger son pain noir. Le couffin de la ménagère pèse lourd en argent dépensé mais pas en produits achetés. Les prix augmentent, presque quotidiennement, sans annonce préalable, et le citoyen lambda ne sait plus à quel saint se vouer. À cela s'ajoute l'inquiétude que suscite la situation qui prévaut en Libye voisine ,qui pourrait déclencher un mouvement d'afflux de réfugiés aux conséquences imprévisibles.
M. K.

 

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