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Espagne Le chef de Ciudadanos balayé par son échec aux législatives

Publié par Agence
le 12.11.2019 , 11h00
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Figure centrale de la politique espagnole depuis son irruption fracassante en 2014, le chef du parti Ciudadanos Albert Rivera a démissionné lundi au lendemain de législatives désastreuses pour sa formation, qui a noué cette année des alliances locales avec l'extrême droite.
«Je démissionne comme président de Ciudadanos, afin que ce projet (...) choisisse son orientation lors d'un congrès extraordinaire», a-t-il annoncé à Madrid depuis le siège du parti qu'il dirigeait depuis treize ans. M. Rivera, bientôt 40 ans, a également renoncé à son siège de député et décidé de quitter la vie politique qu'il voulait «régénérer» face à la corruption et libérer du bipartisme conservateurs-socialistes qui a dominé la vie politique en Espagne jusqu'à l'entrée de sa formation et de celle d'extrême gauche Podemos au Parlement en 2015.
Le dirigeant, qui caressait l'idée de gouverner un jour l'Espagne, a vu sa formation laminée dimanche, passant de 57 députés à seulement dix.
Le résultat est particulièrement amer en Catalogne, région natale de ce parti créé à l'origine pour lutter contre l'indépendantisme. Ciudadanos (« Citoyens »), vainqueur des régionales de décembre 2017, y a été rétrogradé en huitième position.
Ce cuisant échec survient après une campagne électorale dans laquelle Rivera s'est retrouvé pris en étau entre les conservateurs du PP et l'extrême droite de Vox, qui lui a ravi la place de troisième force politique du pays. Le fringant politicien en couple avec une chanteuse, père d'une fille née d'une première union, était même devenu la risée des réseaux sociaux, après une vidéo où il présentait son « arme secrète pour le débat » électoral ayant précédé le scrutin : un chiot baptisé Lucas, « sentant encore le lait ». 
Avocat de formation, M. Rivera est le seul président qu'ait connu Ciudadanos depuis sa création en 2006. Alors âgé de 26 ans, ce natif de Barcelone avait fait le buzz en posant dénudé sur les affiches de son parti lors des élections régionales en Catalogne. En 2014, Ciudadanos est passé à la vitesse supérieure en obtenant sept sièges au Parlement européen avant de débarquer au Parlement espagnol en décembre 2015 avec 40 députés. Libéral en économie, M. Rivera cite comme références le Président français Emmanuel Macron et le Premier ministre canadien Justin Trudeau et fait prendre début 2017 un virage à son parti, gommant les références initiales à la social-démocratie pour se redéfinir « libéral progressiste ». Ces dernières années, le chef de Ciudadanos s'était lancé dans une politique d'alliances à géométrie variable.  
Début 2016, il soutient le socialiste Pedro Sanchez dans sa tentative manquée de former un gouvernement, avant d'appuyer quelques mois plus tard le conservateur Mariano Rajoy, pour éviter de troisièmes législatives en un an. Tout en continuant de soutenir les socialistes au niveau régional en Andalousie (sud).  
Critiquant avec véhémence M. Sanchez pour être arrivé au pouvoir en 2018 grâce au soutien des indépendantistes catalans, Albert Rivera prend ensuite un virage à droite et fait scandale en acceptant début 2019 l'appui de Vox pour former un gouvernement régional avec le PP dans le fief andalou des socialistes.  
Une alliance qui sera répétée dans les régions de Madrid et de Murcie, ainsi qu'à la mairie de la capitale espagnole.  
Cette évolution a provoqué de fortes tensions internes et le départ de plusieurs dirigeants mécontents de la droitisation du parti. « Je ne pars pas parce que j'ai changé mais parce que Ciudadanos a changé (...) la politique n'est pas un supermarché », avait dénoncé Toni Roldan, en charge de l'économie, en claquant la porte en juin. 
« J'avais averti du danger que représentait Vox. On ne pouvait pas négocier avec eux sans perdre son âme », a twitté dimanche soir l'ancien Premier ministre français Manuel Valls, candidat au printemps à la mairie de Barcelone avec le soutien de Ciudadanos, avant de rompre avec Rivera notamment en raison de son rapprochement avec l'extrême droite. 

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