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Libye Le HCR dément «affamer» des migrants à Tripoli

Publié par Agence
le 30.11.2019 , 11h00
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Le chef du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) a qualifié jeudi d'«offensant» un article de presse du quotidien britannique The Guardian, selon lequel l'organisation onusienne «affame» des demandeurs d'asile en Libye. 
«Je trouve cette accusation offensante», a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés Filippo Grandi, en déplacement à Athènes.    «Nous, affamer des réfugiés et des migrants en Libye ? Quand mes collègues, jour après jour, risquent leurs vies pour atteindre des personnes qui sont souvent détenues par des gangs criminels ?» a-t-il lancé, interrogé par la presse sur l'article du quotidien britannique.  Le Guardian a rapporté jeudi avoir eu accès à un document circulant au sein du personnel onusien, selon lequel le HCR «supprimerait progressivement» à partir du 31 décembre la nourriture dans un centre de Tripoli sous sa supervision. 
A partir de cette date, «la structure ne sera plus utilisée comme un centre de transit, selon le document, jusqu'à ce que les réfugiés s'y trouvant encore ainsi que les migrants ‘’le vident volontairement’’», écrit le journal. Le Guardian dit avoir parlé à un travailleur humanitaire sous couvert d'anonymat selon lequel «ils essaient juste de les affamer pour les pousser à partir», ajoutant que des centaines de personnes «seraient apparemment sans nourriture depuis des semaines». 
Dans un communiqué diffusé plus tard, le HCR a confirmé la fermeture progressive du centre de Tripoli à partir de la fin de l'année, expliquant que la situation y était devenue «insupportable». Il a expliqué qu'en lieu et place, il renforcerait son aide dans des zones urbaines. 
Le centre actuel, ouvert il y a un an pour accueillir en transit des réfugiés vulnérables avant leur transfert à l'étranger, était devenu «gravement surpeuplé» depuis juillet, quand des centaines de personnes sont arrivées après le bombardement d'un centre de détention, selon le HCR. 
Quelque 400 personnes supplémentaires étaient arrivées d'un autre centre de détention et 200 autres encore de zones urbaines, ce qui avait conduit le centre à abriter presque le double de sa capacité d'accueil, limitée à 600 personnes. Selon le communiqué, cette surpopulation affectait «la capacité (du HCR) à évacuer les réfugiés les plus vulnérables, pour lesquels des solutions en dehors de Libye ont été trouvées, hors de centres de détention et en sécurité». 
Le chef de mission du HCR en Libye a souligné dans ce communiqué que son organisation saluait la libération de demandeurs d'asile et de réfugiés par les autorités libyennes, affirmant que le HCR étendrason programme pour les soutenir «dans des zones urbaines pour qu'ils puissent recevoir l'aide dont ils ont besoin». 
Selon le HCR, 40 000 réfugiés et demandeurs d'asile vivent déjà dans des zones urbaines en Libye. 
«Nous espérons que le centre (d'accueil de Tripoli, Ndlr) pourra revenir à sa fonction d'origine comme lieu de transit pour les réfugiés les plus vulnérables, afin que nous puissions les évacuer en lieu sûr», a déclaré M. Cavalieri. 
Il a reconnu que le centre était devenu «un centre ouvert» pour les migrants urbains et les demandeurs d'asile.
Le HCR «cessera les distributions de nourriture au centre à la nouvelle année» mais informera les gens qui y viennent «de manière informelle» sur les programmes d'assistance dans les zones urbaines. 
«Ceux qui ont une raison valable pour demander une protection internationale reçoivent un ‘’package’’ d'aide pour les aider à partir, notamment une aide        financière d'urgence pour deux mois, l'accès aux soins essentiels et des référents médicaux». 
Selon le HCR, une quarantaine de personnes ont déjà accepté cette option, qui n'exclut pas leur éligibilité à une évacuation hors de Libye.

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