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Tunisie : La crise politique se prolonge Le Parlement rejette le gouvernement Jemli

Publié par Mohamed Kettou
le 12.01.2020 , 11h00
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De Tunis, Mohamed Kettou
Presque deux mois après sa désignation à la tête du gouvernement, Habib Jemli n'a pas réussi, vendredi, son examen de passage face à un Parlement qui lui a été quasiment hostile. La séance plénière ouverte à 9 heures a pris fin tard dans la soirée vers 23 heures. Le vote ne lui a accordé que 71 voix alors que 134 députés sur les 209 votants lui ont refusé leur confiance.

Présentant son programme, Habib Jemli ne s'est pas distingué de ses prédécesseurs, qui s'étaient engagés à résoudre les problèmes économiques et sociaux dont souffrait et souffre encore la Tunisie. En vain.
Au cours des débats, les députés ont, dans leur majorité, attaqué le parti islamiste et ont mis à nu les tractations dans la composition du gouvernement dit «indépendant». Précédant ce vote, les tractations s'étaient  poursuivies, jeudi jusqu'à une heure tardive.
Les deux principaux partis susceptibles de peser de tout leur poids dans le vote, à savoir le parti islamiste de Rached Ghannouchi et Qalb Tounes de Nabil Karoui ont tenu, simultanément, des réunions pour arrêter leur position définitive face au gouvernement de Habib Jemli qui n'avait pas échappé aux critiques durant les deux derniers mois, soit depuis sa désignation comme chef du gouvernement.
Bien que l'opposition centriste s'en soit démarquée depuis belle lurette, il a quand même mené ses tractations avec le sentiment d'avoir le soutien du parti «Ennahdha» qui l'avait choisi pour ce poste et d'autres partis qui lui sont proches. Cependant, le camp politique hostile au parti islamiste a trouvé en Habib Jemli une cible privilégiée. D'autant plus que le gouvernement qu'il a formé n'était pas aussi «indépendant» qu’il l'avait annoncé, et que les soupçons de malversations de certains de ses ministres ont éclaté au grand jour. Où sont donc passées «la probité, l’intégrité, l'indépendance et la compétence» dont il avait fait des critères de choix, n'ont cessé de marteler ses détracteurs. 
Le coup fatal a été asséné à  Habib Jemli par Qalb Tounes qui se classe au deuxième rang à l'Assemblée (38 députés) après Ennahdha (54 députés) qui comptait beaucoup sur le parti de Nabil Karoui dans cette opération du vote de confiance. Qalb Tounes n'a pas attendu le jour «J» pour se prononcer. La veille au soir, un communiqué annonçait clairement le rejet par ce parti venu gonfler les rangs de ceux qui s'étaient déjà classés dans l'opposition.
Ainsi, le gouvernement de Youcef Chahed, chargé depuis le 15 novembre 2019 de liquider les affaires courantes, reste en place, prolongeant la crise politique, économique et sociale qui secoue la Tunisie depuis plusieurs années. 
Aujourd'hui et conformément à la Constitution, le président de la République doit entrer en jeu. Il est appelé à réunir sous sa présidence tous les partis représentés au Parlement et les sommer de s'entendre sur le nom de la personne la plus «apte» à former et conduire le gouvernement. Le délai qui lui sera accordé est de 30 jours renouvelable. La situation est si critique que, passé ce délai, le Président prononcera la dissolution du Parlement pour se diriger vers de nouvelles législatives. 
Ainsi, le pays n'est pas sorti de l'auberge.
En définitive, les débats portaient, certes, sur l'octroi ou non de la confiance du Parlement au gouvernement de Habib Jemli. Mais, c'était, surtout, pour discréditer le parti islamiste qui maintient sa mainmise sur le pays depuis 2011.
M. K.

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