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Irak L'ONU discute d'une sortie de crise avec une figure tutélaire de la politique

Publié par Agence
le 12.11.2019 , 11h00
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La représentante de l'ONU et le grand ayatollah Ali Sistani, figure tutélaire de la politique en Irak, ont dénoncé hier un manque de «sérieux» des autorités, dont les forces tirent à nouveau à balles réelles à Baghdad à l'issue d'une nuit meurtrière. 
Dimanche soir, alors que le centre de Baghdad, pris sous les tirs et saturé de gaz lacrymogène, avait des airs de champ de bataille, Jeanine Hennis-Plasschaert, cheffe de la mission d'assistance de l'ONU (Unami), a proposé une feuille de route pour sortir d'une crise ayant — officiellement — fait 319 morts depuis le 1er octobre. 
Au moment même où ce plan était rendu public, quatre manifestants tombaient sous les balles des forces de l'ordre à Nassiriya (sud). Elles ont poursuivi des protestataires jusqu'à l'intérieur d'un hôpital pédiatrique, tirant des grenades lacrymogènes. Et, lundi, les forces de sécurité tiraient toujours à balles réelles dans le centre de Baghdad, a constaté un photographe de l'AFP. 
A Najaf, où siège le grand ayatollah Sistani, Mme Hennis-Plasschaert s'est efforcée de consolider sa démarche: elle a annoncé que la plus haute autorité religieuse pour la majorité des chiites d'Irak avait endossé sa feuille de route, qui prévoit notamment une révision de la loi électorale sous deux semaines. 
Le grand ayatollah, qui ne s'exprime jamais en public, «s'inquiète de voir que les forces politiques ne s'investissent pas sérieusement pour mener des réformes», a rapporté Mme Hennis-Plasschaert. 
Pour lui, «si les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif ne sont pas capables ou ne veulent pas mener sérieusement ces réformes, il y aura un moyen de penser à une approche différente», a-t-elle ajouté, en refusant d'élaborer davantage. 
Malgré ces propos rapportés, le grand ayatollah Sistani, qui passe pour faire et défaire les Premiers ministres, n'a pas retiré jusqu'ici sa confiance à Adel Abdel Mahdi, dont les manifestations exigent le départ. 
Il plaide pour des solutions politiques et «pacifiques» aux revendications «légitimes» des manifestants. 
Mais, dans la rue, cela ne suffit pas. «On ne veut pas des amendements, on veut un changement. Total. On ne veut plus du gouvernement, du Parlement et de tous les partis !», résume un manifestant dans le centre de Baghdad. 
Pour les protestataires, le système politique créé après la chute de Saddam Hussein en 2003 est à bout de souffle. Ils veulent une nouvelle Constitution et une classe politique entièrement renouvelée. 
Quant aux appels du grand ayatollah à éviter la violence, ils n'ont jusqu'ici eu aucun impact alors que la majorité des forces politiques du pays se sont entendues pour en finir avec la contestation, quitte à recourir à la force. Depuis samedi, la répression s'est d'ailleurs accentuée. Seize manifestants ont été tués, dont plus de la moitié dans le seul centre de Baghdad, où les forces de l'ordre ont déjà repris trois ponts sur lesquels des protestataires campaient jour et nuit. Sur la place Tahrir, épicentre de la contestation, la mobilisation est désormais moindre, les militants dénonçant une campagne d'intimidation, y compris de forces qui agissent armées et en uniforme mais sur lesquelles l'Etat dit n'avoir aucun contrôle. Beaucoup dénoncent «une nouvelle république de la peur» en Irak, où des dizaines de manifestants ont été raflés — arrêtés ou enlevés — et où des bombes sonores explosent par dizaines, surtout la nuit, faisant trembler tout le centre de Baghdad — une technique d'intimidation, assurent militants et policiers sous couvert de l'anonymat. Hier lundi, malgré tout, de nouveaux rassemblements ont lieu à Nassiriya, al-Hilla, Diwaniya et Kout, dans le sud, où la désobéissance civile continue de paralyser des administrations et des écoles.

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