Pousse avec eux / Pousse avec eux

5e colonne, en marche !

Sommet du G7 à Bayonne, en France. Un dispositif policier
impressionnant. Presque aussi impressionnant qu’à…

… Alger !

Comment se faire accepter par la population locale lorsqu’on est une délégation officielle de plusieurs ministres ? Comment faire en sorte de ne pas arriver en voiture rutilante et d’en repartir aussitôt en voiture cabossée et couverte de yaourts ? Il ne faut pas croire que les solutions n’existent pas. Les solutions existent ! La veille de la visite, on peut procéder à l’enlèvement de tous les cailloux et objets pouvant servir de projectiles. Comment ça, on ne peut pas ? Si, on peut ! N’a-t-on pas vu, du temps splendide de Abdekka 1er, des peintres repeindre en une nuit une ville entière aux couleurs des yeux de l’émir d’Oujda-les-Deux-Mosquées ? N’a-t-on pas vu aussi des arbres, des massifs de fleurs et des bosquets, loués chez des pépiniéristes et plantés pour la journée sur le tracé des visites officielles, avant qu’ils ne soient rendus le soir, le soir très tard, à leur pépinière et à d’autres clients ? Je suis désolé, mais lorsqu’on veut, on peut ! Il faut y mettre le « prix ». D’abord, en finir avec cette fâcheuse et capricieuse pratique du cortège ministériel qui arrive toujours à bord de limousines luxueuses. Les visites de travail et d’inspection doivent se faire en chars ! En convois de chars. En colonnes de chars blindés. Et après, laisse-les, les zouaves, balancer leurs pierres, elles leur reviendront en ricochet, et bien fait pour leurs gueules de rouspéteurs ! On peut aussi assurer une couverture aérienne à la visite et aux ministres planqués dans l’habitacle du blindé. Avec ordre de pulvériser tout bipède hostile s’approchant d’un peu trop près des chars. Non mais ! Je le dis, l’écris et le réécris : les solutions existent ! Encore faut-il vouloir y avoir recours. Là, je n’en ai pas l’impression ! Dès la première pierre balancée, dès qu’une tôle est froissée, les officiels décampent. Désolé, mais on ne peut pas construire la 2e République sans un brin de courage et de… blindage ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.