Pousse avec eux / Pousse avec eux

Khalouta !

Le couffin du ramadhan. Le cartable de l’orphelin. Et maintenant, le FCE qui nous sort le «cartable du savoir». A croire qu’en Principauté de Dézédie, nous avons un gros problème de…

… Bagagerie ! 

L’image se suffit à elle-même ! En théorie, elle ne devrait même pas avoir besoin d’une notice explicative. Pour ceux qui comme moi, ce jour-là, sur cette portion d’autoroute l’ont vu ! Comme vous n’y étiez pas tous, amis lectrices et lecteurs sur cette portion d’autoroute, donc, explication : un petit «Herbal», de ces camionnettes qui transportent de tout, des sacs de ciment à la famille, en passant par les fruits et légumes. Et justement, fruits et légumes devant moi, sur la petite benne de l’engin lancé à toute vitesse. Quel fruit ! Et quel légume ! Leur association représente désormais à mes yeux la synthèse parfaite du mal qui nous ronge. Une cargaison de melons. De beaux melons bien jaunes, à l’ovale presque sensuel. Et par-dessus cet ensemble-là de melons, quel légume ? Des… oignons ! Oui, des oignons en vrac et d’autres oignons dans des filets. Alors, je ne sais pas vous, mais moi, je fais partie d’une génération qui humait le melon. Je n’en tire aucune gloire, ni volonté de me singulariser ou singulariser ma génération. Non ! Je ne suis pas adepte du «avant, c’était mieux». Sauf qu’avant, effectivement, nous prenions le temps de sentir le melon, d’emplir nos narines, nos têtes et nos sens affolés des senteurs de melon. Nous passions la main dessus pour en éprouver le velouté et en exhaler déjà les primeurs. Juste au toucher. Parfois, simplement d’un regard. Et de voir là, la délicatesse du melon parasitée par le caractère fort et envahissant de l’oignon, cohabitant de force dans cet ensemble roulant et brinquebalant, j’ai enfin eu droit en visuel à ma «synthèse dramatique». Celle qui veut que depuis quelques décennies déjà, au nom des urgences, des décennies rouge, noire ou rose bonbon, tout se mélange, tout s’agglomère. Au forceps. Violemment. Contre nature. Alors ? Alors, hume l’oignon et pleure tes yeux au goût atroce du melon, Ya Ghachi ! La perte des sens est l’antichambre de la mort ! Qui a dit ça ? Sûrement une personne ayant, au-delà du pensable et de l’entendement des chauffeurs de «Herbal», fumé du thé pour rester éveillée à son cauchemar qui continuait. 
H. L.