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Jijel La désertion précoce des classes de terminale prend de l’ampleur

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La désertion précoce des élèves de classes de terminale pour aller s’entasser dans des caves, des gîtes minuscules et des sous-sols en vue de suivre des cours de soutien est un phénomène qui prend de plus en plus de l’ampleur ces dernières années, notamment dans la ville de Jijel.
En effet, ce phénomène préjudiciable a pris une grande ampleur, surtout avec l’entame du deuxième trimestre de l’année scolaire en cours. «La désertion précoce des élèves de classe de terminale est un secret de Polichinelle, mais personne ne bouge le petit doigt pour résoudre ce problème», nous a confié Tahar, cadre du secteur de l’éducation à la retraite. Notre interlocuteur a souligné par ailleurs que la désertion précoce touche principalement les lycées de la ville de Jijel réputée pour l’obsession des parents d’élèves des cours de soutien.
Cet ancien cadre du secteur de l’éducation nous a révélé par ailleurs que le plus ancien lycée de la ville de Jijel est le plus touché par ce phénomène dont la responsabilité de la prolifération est partagée entre les responsables de certains établissements qui ferment les yeux, étant donné que ces élèves justifient leurs absences par des certificats médicaux et leurs parents les laissent faire et parfois les encouragent à s’absenter des cours de l’école publique, objet de nombreuses critiques. Rencontré au seuil de la porte de son établissement, Mourad, élève en terminale, filière scientifique dans un lycée situé sur les hauteurs de la ville de Jijel, dont le père est médecin et la mère avocate, nous a confié qu’il sèche plusieurs cours pour suivre des cours de soutien. «C’est plus bénéfique pour moi. Au lieu d’assister à une séance d’éducation islamique, je préfère la louper au profit d’un cours de soutien en mathématiques qui a le coefficient 5 lors de l’examen du bac», a justifié notre jeune interlocuteur.
Et d’enchaîner : «Sur 38 élèves en classe, n’assistent qu’une dizaine durant certaines séances, alors que la majorité préfère suivre des cours de soutien.» Interrogé sur le pourquoi de cette tendance qui prend de l’ampleur, «avec un programme chargé en physique, en maths et en sciences, les enseignants du lycée accélèrent la cadence car ils sont tenus de finaliser les programmes», a expliqué notre jeune interlocuteur qui nous a révélé qu’il suit «des cours de soutien dans plusieurs matières dont entre autres, les mathématiques, la physique, les sciences naturelles, l’histoire géographie, la philosophie…». De son côté, Abdelahak, cadre dans un établissement scolaire du palier moyen, sociologue de formation, attribue la désertion des élèves des classes de terminale «à l’absence d’une loi qui prive les élèves du passage des examens de baccalauréat s’ils n’assistent pas d’une manière régulière aux cours du lycée». Et d’enchaîner : «Souvent, ceux qui sèchent les cours de leur établissement jugent que le rendement de leurs profs est en deçà de leurs attentes, surtout avec la charge du programme et la difficulté de certaines matières fondamentales qui ont un coefficient très élevé au bac.» Hussein, économe dans un lycée situé au centre-ville, nous a révélé que certains enseignants incitent leurs élèves à sécher leurs cours normaux pour suivre des cours de soutien dispensés par ces mêmes enseignants. Une pratique mercantiliste de ces «enseignants» véreux qui porte préjudice à la mission noble de leur métier
Bouhali Mohammed Cherif
 

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