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UNIVERSITÉ DE BOUMERDÈS Une grève pour le rachat des mauvaises notes

Publié par Abachi L.
le 11.10.2018 , 11h00
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«Depuis trois années que je suis à la tête de l’université de Boumerdès, je n’ai pas cessé de dialoguer et de faire des concessions. Maintenant que certains veulent dépasser les lignes rouges, je dis stop !» Le professeur Abdelhakim Bentellis, recteur de l’université M’hamed-Bougarra de Boumerdès (UMBB), qui nous a reçu dans son bureau, ne décolère pas.
Après un calme qui a effectivement duré quelques années permettant à l’UMBB de se consacrer à des activités scientifiques de haut niveau, voilà que des organisations estudiantines – certaines ne cachent plus leur proximité avec les partis politiques islamistes —sont entrées dans un processus de surenchère revendicative pour ratisser large. «Dans la nuit du 29 septembre, j’ai été appelé par les étudiants me disant que le lendemain ils feront grève et bloqueront la faculté des sciences, motif de cette action : des cas d’étudiants qui n’ont pas eu de note et qui demandent le rachat. J’ai promis aux initiateurs de cette grève de les recevoir le lendemain et d’étudier toutes leurs doléances. Ils ont malgré tout fermé les portes de la faculté. Par la suite, ils viennent me faire du chantage», nous confiera le professeur Bentellis. Il semblerait que les responsables de certaines organisations, nouvellement installées à Boumerdès, se sont incrustés dans les revendications pour se faire une réputation, mais ces organisations, peu représentatives, n’ont pu maîtriser les grévistes et se sont fait déborder par des groupes d’étudiants qui présentaient des revendications parfois farfelues comme le gonflement illégitime des notes d’examen. Le recteur s’offusque : «Est-ce normal qu’un étudiant qui a quadruplé et qui a 7 de moyenne ferme l’université pour réclamer le rachat !?» Cependant, il y a des cas d’étudiants candidats au master lésés ou victimes de quelques disfonctionnements du système informatique. Nous avons rencontré un cas concret d’une jeune fille qui présente tous les critères pour être admise au master, mais son dossier a été, selon elle, rejeté par le système informatique. «On m’a demandé de faire un recours. J’en ai introduit un et j’attends.» En principe, cette étudiante, comme il en existe certainement d’autres, n’a pas à faire de recours. L’administration devait seulement apporter une correction puisque, à l’en croire, son dossier est solide. Le professeur impute ces cas à la mauvaise utilisation de l’outil informatique par les candidats au master et il nous cite plusieurs exemples concrets d’erreurs d’inscription. En tant que président de la Conférence des universités du centre du pays, j’ai donné instruction pour rattraper toutes ces erreurs dans le plus bref délai.» Le professeur Bentellis ne manque pas de défendre ce système et de rassurer les étudiants. «Le système Progress, introduit depuis l’année 2015-2016 nous permet de maîtriser les effectifs à l’individu. Cette année, nous sommes passés au master. Il y malheureusement quelques insuffisances dans plusieurs départements d’autant plus que l’inscription au master est une inscription nationale.» En tout état de cause, le professeur Bentellis appelle les organisateurs de ces obstructions des entrées de la faculté des sciences à la sagesse et au dialogue pour résoudre les problèmes. «Je ne peux pas laisser l’université aller au pourrissement. Dans ce cas, je saisirai la justice.» Au niveau de l’entrée de la faculté des sciences (Campus sud) qui compte plusieurs milliers d’universitaires, une trentaine d’étudiants et d’étudiantes barrait le chemin. Les cours sont donc suspendus. «Nous sommes en grève ouverte», nous a déclaré le président du Bureau de wilaya du Real (rassemblement des étudiants algériens libre). Cette organisation qu’aident les éléments de l’Ugel (Union générale des étudiants libres), connue pour être une annexe du MSP, se proclame de TAJ de Amar Ghoul. D’ailleurs, le président du bureau de wilaya ne s’en cache pas. L’Aren (Alliance du renouveau des étudiants algériens), une organisation d’obédience FLN est la seconde organisatrice, comme le confirme le responsable local de cette grève au niveau de cette faculté. Les autres facultés fonctionnent normalement. Le représentant du Real nous a remis la copie de la liste des revendications en 5 points. Il est question en premier lieu, de la résolution des problèmes relatifs aux étudiants du master 1. En second lieu, les rédacteurs de cette plate-forme demandent l’ouverture d’une enquête, en pointant du doigt des enseignants et des agents de l’administration au sujet de l’attribution de notes. Ils exigent, en outre, la révision des notes des étudiants en informatique. En dernier lieu, ils souhaitent la réhabilitation des étudiants accusés de perturbations. Il n’est pas exclu que d’ici quelque temps une grève visant la restauration et le transport soit déclenchée. C’est toujours ainsi que ça se passe. Cela permet à certains de s’immiscer dans la gestion des œuvres universitaires et des contrats de fournitures qui vont avec.
Abachi L.

 

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