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Retraite

Systèmes de retraite Comment consolider leur efficacité à longue échéance ?

Publié par Djilali Hadjadj
le 12.11.2019 , 11h00
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Le 25 octobre dernier, Mercer, leader mondial du conseil en ressources humaines et spécialiste en retraite & investissements, a dévoilé les résultats de son dernier rapport sur les systèmes de retraite dans le monde. Il compare désormais 37 pays, soit près des deux tiers de la population mondiale.

C’est la 11e édition du rapport annuel de  Mercer sur les systèmes de retraite à travers le monde. S'il souligne le large spectre et la grande diversité des systèmes de retraite, il démontre aussi que même les meilleurs d'entre eux présentent des failles. Bien que chacun se distingue par un contexte unique, le rapport insiste sur la possibilité d'apporter des améliorations communes pour répondre aux défis auxquels font face l'ensemble des pays.

Face au défi de l'espérance de vie
Afin de comparer des régimes de retraite distincts à l'échelle du monde grâce à l'analyse d'un large éventail de caractéristiques (malgré une multitude de contextes et de cultures), l'Indice se fonde sur la moyenne pondérée des sous-indices de performance, de viabilité et d'intégrité pour évaluer chaque système de retraite à l'aide de plus de 40 indicateurs. L'édition 2019 adopte cependant une nouvelle approche de calcul du taux de remplacement net, à savoir le rapport entre le niveau de revenu touché à la retraite et celui perçu en cours de vie active. Même si la plupart des rapports précédemment consacrés à l'Indice calculaient un taux de remplacement net sur la base du revenu médian, la présente étude utilise plusieurs niveaux de revenu découlant des données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour représenter un échantillon de retraités plus large. Au niveau global, les systèmes sont confrontés à une espérance de vie sans précédent et à une pression grandissante sur les ressources publiques permettant d'assurer la santé et le bien-être des citoyens les plus âgés. Il est donc impératif que les décideurs politiques réfléchissent aux forces et aux faiblesses de leurs systèmes pour consolider leur pérennité à long terme.

Effet de richesse
Le rapport de Mercer est la première étude internationale à se pencher sur l’«effet de richesse», c'est-à-dire la tendance des dépenses à augmenter parallèlement au niveau de richesse, associé aux actifs de couverture de retraite. Les données analysées suggèrent en effet qu'avec l'accroissement du montant des investissements retraite, les individus se sentent en meilleure santé financière et sont donc susceptibles d'emprunter davantage. L'auteur de l'étude, le Dr David Knox, «Senior Partner» chez  Mercer  Australie, indique qu'en raison de la croissance des actifs financiers détenus par les fonds de pension, les ménages estiment avoir plus de chances de tirer des revenus futurs de leurs économies. Une situation qui les incite davantage à emprunter avant de partir en retraite pour améliorer leur niveau de vie actuel et futur... «Lorsque la richesse d'un individu augmente, que ce soit sous la forme d'un patrimoine immobilier, de portefeuilles de placement ou d'épargne-retraite, sa propension à s'endetter progresse elle aussi parallèlement. Les données laissent penser qu'au niveau global, pour chaque hausse d'un dollar du montant des actifs de retraite d'une personne, l'endettement net du ménage augmente d'un peu moins de 50 centimes», précise-t-il. 

La viabilité, maillon faible de nombreux systèmes
Créé pour estimer la probabilité d'un système à pouvoir pérenniser ses prestations, le sous-indice de viabilité met à nouveau en évidence la vulnérabilité de nombreux systèmes notamment sud-américains et asiatiques. Une tendance confirmée par la note moyenne médiocre (D) qui leur est attribuée en la matière. 
À titre d'exemple, tandis que la Chine se hisse à un niveau honorable (71,7) dans ce sous-indice, le Brésil et l'Argentine n'obtiennent respectivement que 27,7 et 31,9. De même, en Asie, si Singapour récolte un score de 59,7, le Japon n'atteint lui que 32,2.
Le problème n'est toutefois pas restreint aux économies en développement : nombreux sont les pays européens à connaître des pressions similaires.          Le Danemark a beau décrocher la meilleure note du sous-indice de viabilité (82,0), l'Italie et l'Autriche s'en sortent avec un score respectif bien plus faible de 19 et 22,9.

Recommandations
Même si certaines des mesures contribuant au score de viabilité sont difficiles à changer, d'autres peuvent en revanche être influencées pour consolider l'efficacité d'un système à longue échéance.  Parmi les recommandations, on peut citer celles consistant à encourager ou à exiger la constitution d'un niveau d'épargne accru pour préparer l'avenir, à relever graduellement l'âge légal de départ à la retraite, ou encore à permettre ou persuader les personnes de travailler un peu plus longtemps. Quoique certains systèmes s'appuient toujours sur des régimes à prestations définies qui peuvent appliquer des stratégies de placement adossées au passif, les régimes à cotisations définies jouent un rôle de plus en plus important dans la constitution d'une épargne individuelle en vue de la retraite.
Pour un fonds de pension, ce qui est critique, c'est de diversifier les actifs en portefeuille afin de maximiser les rendements de placement corrigés des risques d'un régime à cotisations définies. Compte tenu de l'allongement de la longévité, il est indispensable de reconsidérer l'âge légal de départ en retraite (ce qu'ont déjà fait certains gouvernements) pour pouvoir réduire le coût des prestations de retraite à financement public.
Synthèse du rapport par Djilali Hadjadj

 

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