Rubrique
Retraite

Témoignage La CNR encore une fois au banc des accusés

Publié par Djilali Hadjadj
le 02.07.2019 , 11h00
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Chers lecteurs, ce témoignage poignant et digne que vous lirez ci-dessous m’a laissé sans voix ! Je savais que pour nombre de retraités, les relations avec les agences de wilaya de la CNR étaient parfois exécrables, mais ce qui est livré par cette retraitée de Sidi Bel-Abbès dépasse l’entendement. Pourquoi cet acharnement contre un retraité privé de ses droits ? 
D. H.

A Monsieur Djilali Hadjadj tout d’abord, bonjour Monsieur et meilleurs  vœux à l’occasion de l’Aïd El fitr.  Effectivement,  comme vous l’avez si bien dit dans votre réponse à M. Asnouni, «la CNR» est incorrigible… Vieille dame  de 80 ans (le 6 octobre prochain incha Allah). 
J’ai trimé de 1961 à 2001 et même plus tard quand l’administration de la wilaya de Sidi Bel-Abbès (SBA) avait besoin de mes services. Officiellement, ma retraite date du 1er août 1996, je pensais à l’époque que les services de la Sécurité sociale étaient humains, je leur faisais une grande confiance. En avril 2006, la CNR a transmis à ses agences une instruction (03/2006) leur demandant de reprendre le calcul des pensions de retraite à compter du 1/08/1996 et attribuer des rappels avec effet du 1er mai 2004. 
C’était clair, net et précis. L’agence de la CNR de Sidi Bel-Abbès n’en tint pas compte et lésa ainsi plus de 120 retraités dont je  fais partie. Pour ma part, je fis tout le nécessaire pour acquérir ce qui m’est du : - d’avril 2006 à juillet 2011, je me rendais régulièrement à la CNR de SBA, j’ai écrit une vingtaine de lettres de réclamations  restées sans suite, on me répondait que je devais patienter, que je n’étais pas la seule, qu’ils étaient débordés de travail. Je leur ai même proposé de leur venir en aide, bénévolement, ce qu’ils refusèrent. Finalement, j’ai déposé une requête auprès du représentant de la FNTR de SBA. Celui-ci la déposa auprès de la commission locale de recours. Une décision favorable a été prise en ma faveur. Cependant, l’agence de la CNR,  mécontente de la décision, déposa un recours à l’échelle nationale.  
Après une année d’attente, la Commission nationale de recours annula la décision de la commission locale sous un faux prétexte. À partir de ce moment, je me suis adressé à la justice. A ce jour,  17 jugements : 9 auprès du tribunal de SBA (section sociale), 6 auprès de la cour de SBA (Chambre sociale), 2 à la Cour suprême dont un est en cours, une plainte pénale auprès du procureur de la République. A ce jour 17 jugements rendus avec une dépense de plus 600 000 DA entre frais d’avocats, greffiers, huissiers, traductions et achats de livres de droit. Le 01/08/2013, un arrêt de la cour de SBA a statué sur «la révision de la retraite avec application de l’instruction 03/2006 et 30 000 DA d’indemnité». La CNR de SBA refusa l’application de l’arrêt de la cour, bien qu'elle soit une Epic, elle refusa de payer les droits de l’huissier et ne refit la révision qu'à partir du 01/08/2013, date de l’arrêt, prétendant que son logiciel ne lui permet pas de reprendre les calculs, ce qui est faux : d’autres agences de la CNR d’autres wilayas ont effectué les calculs et même l’agence de SBA quand elle s’est trouvée au bout du rouleau en 2018.        

Le parcours d’une combattante…
En 2016, j’ai été reçue par M. le DG de la CNR (M. Beldjoudi) ; après les explications que je lui ai fournies avec preuves à l’appui, il m’a promis de régulariser ma situation au plus tard dans une quinzaine de jours. Or, 10 jours après, il a été mis fin à ses fonctions alors qu'’il se trouvait en réunion à la FNTR. L’explication, c’est notre directrice de la CNR qui s’en est vantée. Son ex-mari, un Zerhouni, est allé solliciter son cousin, alors conseiller de l’ex-président de la République, et l’affaire était classée ! Finalement, après 13 ans de persévérance, je viens de percevoir 120 000 DA d’indemnité d’astreinte.
J’ai perçu à peu près 350 000 DA en tout, une misère par rapport au 600 000 DA que j’ai dépensés. Cependant, c’est une question de principe. La CNR de SBA a usé de toutes les balivernes,  mensonges, faux et usage  de faux, mais elle a échoué.
Exemples :  - Durant 5 ans, de 2006 à 2011, elle m’a fait croire qu’elle allait faire appliquer l’article 78 de la loi 08/08 ; or, l’instruction 03/06 est concernée par l’article 80 de la même loi. - Elle a prétendu avoir appliqué l’instruction 30/96 datée de septembre 1996 dans mon cas, alors que mon dossier a été traité en avril 1996, soit 6 mois avant. 
Monsieur, j’ai trimé durant  de longues années, j’étais attachée de cabinet de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, une des rares femmes, si ce n’est la seule en Algérie, chargée du dossier «Victimes du terrorisme» et secrétaire permanente du comité local de solidarité. Je travaillais de 8h à 20h, jeudi et vendredi compris. Je ne regrette rien, je ne travaillais pas pour tel ou tel responsable mais pour les citoyens nécessiteux de ma wilaya.
 Les responsables de la CNR sont-ils aveugles ou inconscients ? Comment une femme de ménage de la CNR peut-elle bénéficier d’une pension de retraite de plus de 50 000 DA, beaucoup plus qu'un administrateur d’une administration publique ? De quel droit les parents des travailleurs de la CNR  perçoivent-ils des pensions de plus de 100 000 DA quand ils sont de simples agents ?  Même un moudjahid ne perçoit que 2 fois et demi le SNMG, soit 45 000 DA.  
Quand les inspecteurs de la CNR viennent contrôler les agences, c’est simplement pour se restaurer, recevoir des cadeaux et prendre des photos : «Hasbiya Allahou wa ni'mal wakil.»  Pardon Monsieur, je suis allée un peu loin, mais c’est la vérité avec preuves à l’appui. Meilleures salutations.
Mme Belhouari.y, sidi bel-abbès

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