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Retraite

Les revers de la capitalisation

Publié par LSR
le 03.09.2019 , 11h00
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Le cas du Chili mérite un développement parce qu'il est le premier exemple moderne d'une conversion d'un système général par répartition en système par capitalisation.
Le Chili avait un système de retraite par répartition depuis les années 1920. Le système comportait 32 caisses en 1979 et posait des problèmes d'équité, de fraude aux cotisations en raison d'un taux pouvant atteindre 50% du salaire et de financement (des subventions croissantes par l'État s'étant révélées nécessaires, passée la longue période où le rapport exceptionnellement élevé entre cotisants et retraités avait conduit à augmenter les prestations).
Le ministre en charge des retraites sous le régime du dictateur Pinochet décide de le remplacer par un système fondé sur la capitalisation et géré par le privé.
Fin 1980, après une longue préparation entamée dès 1974 (uniformisation des régimes, hausse des âges légaux de départ à la retraite, création d'excédents budgétaires pour financer la transition), l'entrée dans l'ancien système est fermé ; les anciens adhérents, qui peuvent malgré tout rester dans ce système choisissent massivement de le quitter car le nouveau est plus avantageux en termes de salaire net, avec un taux de cotisation passant à 13% du revenu, plus souple et lie le montant des prestations versées aux cotisations payées : en 1996, les cotisants selon l'ancien système ne représentaient plus que 4% de la population active.
La réforme apparaît comme un succès à certains observateurs étrangers et cette transition d'une retraite par répartition vers une retraite par capitalisation devient un modèle qui inspire de nombreux pays pour leurs propres réformes en la matière. Néanmoins, cette réforme met aussi en évidence plusieurs problèmes : un rendement faible des capitaux accumulés du fait de frais de gestion élevés (90% des cotisations en 1984, ramenés à 10% en 1995) ; une surcharge budgétaire pour l'État qui, pendant la période de transition prévue pour 2045 règle les pensions des retraités de l'ancien régime, assure le règlement de cotisations initiales pour ceux qui basculent vers le nouveau système, et un risque puisque il garantit les risques de faillite des gestionnaires privés, l'équivalent d'un minimum retraite et les carences en gestion des sociétés qui auraient de trop faibles performances.
LSR

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