Rubrique
Société

NAÂMA : LA VIE DES NOMADES DANS L’EXTRÊME SUD/OUEST «Entre l’infernal et l’hivernal»

Publié par B. Henine
le 07.09.2019 , 11h00
375 lectures

Nous sommes à un jet de pierre de nos voisins marocains. Plus précisément, à l’extrême ouest de la frontière algéro-marocaine, dans une vaste région steppique relevant territorialement et administrativement de la commune et daïra de Sfissifa, sise à 160 km du chef-lieu de la wilaya de Naâma. Forthassa (ex-Fort d’Assaut) et sa périphérie (Oulakak, Gaaloul, Ouzaght, Néssanis, et Tala), des hameaux qui constituent des groupements d’habitations familiales qui se ressemblent et se rassemblent par la sédentarisation de certaines grandes tribus, à l’exemple des aârchs, les Chouareb à Oulakak et Ouzaght, et les Médabih à Néssanis et Forthassa.
Une vie dans toutes ses dimensions, dans tous ses états, où les activités principales sont liées à l’élevage et à la vente du bétail ovin-bovin, d’ailleurs seule activité principale : principale ressource durant la période dite de récolte (revenu) – avant la fête du sacrifice – qui se fait uniquement de la vente du mouton, autrement, pour le reste de l’année c’est le grand souci, c’est le parcours du combattant auquel sont confrontés les éleveurs, partant, de l’élevage des petits ruminants, à l’engraissement, à l’aliment du bétail si la pluviométrie fait défaut, aux différentes maladies qui touchent des moutons etc. Loin des vacances, loin de la vie politique et bien loin d’autres préoccupations quotidiennes, pour ne pas dire que seules les bêtes les intéressent.
La population dans cette contrée extrême, isolée certainement par l’état des routes, où l’accès y est parfois ardu, vit des périodes caniculaires très dures, sous les menaces des piqûres de scorpion et des reptiles (serpents et vipères), comme elle subit des périodes hivernales très rudes avec une température qui frôle apparemment jusqu’à les moins (-) 17°C.
Pour certains nomades peu isolés des centres de regroupement, vivant encore sous les tentes (kheima), le nomadisme demeure encore de tradition, tels l’utilisation de l’eau dans les outres (guerbas) accrochées sur des trépieds (hammara), du bois pour se réchauffer et pour cuisiner, de même que les ustensiles de cuisine sont faits de la steppia (l’alfa), à l’exemple des couscoussiers (keskas), des plats (tbag), bols de lait (guénina), ainsi que les habits traditionnels sont faits de la laine généralement du mouton (burnous, djellaba, ghaness, haïk…) etc.
Les hommes (la plupart d’ailleurs) sont des bigames et même polygames, les raisons nous dit-on, la femme a plus de charges que les hommes, elle a besoin d’aide : elle trait les vaches et s’occupe de leurs petits, elle ramène du bois de la forêt, elle charrie l’eau des puits, et bien sûr s’occupe des tâches ménagères, la cuisine, le travail de la laine, le tissage etc.
Aujourd’hui, les deux localités de Forthassa et Oulakak sont dotées d’un nécessaire d’infrastructures (antenne administrative d’état-civil, agence postale, centre de santé, écoles primaires, ces villages ont bénéficié dernièrement de plusieurs projets notamment le gaz de ville qui a amélioré le cadre de vie de la population, le revêtement de certaines routes, ainsi que d’autres projets inscrits dans divers programmes qui sans nul doute désenclaveront et rattacheront encore davantage les zones éparses au reste du monde.
Notons, enfin, que la plaine de Forthassa, par son caractère steppique, compte plus d'une trentaine de différentes plantes herbacées, ce qui donne la meilleure qualité de la viande rouge dans cette région, alors que le méchoui, par excellence demeure le plat d’hospitalité préféré à offrir généreusement aux invités et resterait le tonique qui fascine tout hôte qui le déguste.
Vivre un bon moment avec les nomades et comme veut la tradition et l’hospitalité, le méchoui à la braise et le thé à la menthe seront toujours à l’honneur. Difficile ! la vie des nomades, mais s’y adapter et s’y habituer, c’est encore plus dur pour ne pas dire impossible pour les citadins, ceux qui s’aventureraient dans le nomadisme.
B. Henine

CHRONIQUE
DU JOUR

Les + populaires

(*) Période 30 derniers jours

1

Périscoop 11:00 | 11-09-2019

Après Djemaï et Tliba, Ammar Saâdani !

Après Djemaï et Tliba, ce serait au tour du grand «parrain», Ammar Saâdani en l’occurrence, d’être dans le viseur de la justice. Des sources crédibles affirment, en effet, que l’ancien président de l’APN et ex-

2

Actualités 11:00 | 11-09-2019

LE POUVOIR DISPOSÉ À CÉDER SUR CE POINT
Fin de mission pour le gouvernement Bedoui ?

Le pouvoir mène, depuis quelques jours, une véritable offensive, aux plans politique, législatif et institutionnel pour réussir son pari, qu’il sait du reste extrêmement difficile, de tenir l’élection présidentielle avant la fin de l’année. Et face à la gravité de la situation, c’est l’institution militaire qui prend

3

Périscoop 11:00 | 11-09-2019

Quelle mission pour Tebboune ?

4
5

Soit dit en passant 11:00 | 14-09-2019

Chut ! l’APN est en mission