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Société

REMÉDIER À LA VIOLENCE DANS LES HÔPITAUX L’affaire de tous

Publié par Noureddine Guergour
le 12.09.2019 , 11h00
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À l’hôpital Okbi du centre-ville de Guelma, les agressions de tout genre sont commises quasi quotidiennement contre des équipes soignantes. 
Pour un sexagénaire accompagnateur d’un malade à cette structure de santé publique, «s’il y a des dépassements, c’est parce que les patients attendent des heures avant d’être pris en charge». «Cette impatience ne suffit pas à justifier l'injustifiable», rétorque un médecin urgentiste. 
Pour lui, «la solution passe par  la réorganisation du service d’accueil et le filtrage à l’entrée des malades. Mais aussi par l’optimisation des relations avec les médecins des unités de soins de santé de base, pour désengorger les hôpitaux». Et d’enchaîner : «Généralement, ce sont les patients qui viennent pour de petites consultations, qui attendent souvent plusieurs heures. Mais, les urgences vitales sont très rapidement prises en charge.» Cette généraliste se rappelle d’une garde où elle a déposé une plainte pour agression. «La fille d’un patient, 36 ans environ, a d'abord balancé une table dans ma direction avant de m'agripper violemment. Je vous jure, au début de chaque garde, je me pose cette question : Qu'est-ce qui va se passer cette nuit ?», déclare-t-elle. 
Les médecins urgentistes, tout en refusant de «céder au catastrophisme», concèdent que rares sont les gardes où ils ne se font pas insulter et traiter de tous les noms. 
Comme par exemple, ces  accompagnateurs de patients frustrés de voir un malade dans un état grave, passer avant leur malade, témoignent des infirmières. Le ton est monté entre eux et les équipes soignantes dans la salle d'attente : «les mécontents ont réussi à entrer en salle de déchoquage malgré le sas sécuritaire. Ils répétaient : vous n’avez pas le droit de faire ça, c'est notre tour d'être pris en charge», ajoutent-elles. 
Avant, on ne parlait d’encombrement des structures de santé qu’aux moments des pics de maladies infectieuses ou autres épidémies. Fini ce temps. Les urgences des établissements de santé publique sont, désormais, saturées en permanence. 
Les conséquences insupportables : des malades allongés dans un couloir, de grands patients peuvent passer des heures à attendre un personnel soignant débordé. 
A cela, s’ajoutent les risques de complication de l'état général des malades et l’augmentation des erreurs de diagnostic. 
La situation est préoccupante. La sonnette d’alarme est tirée, pour se mobiliser afin que la réorganisation des urgences devienne «l'affaire de tous».
Noureddine Guergour

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