Rubrique
Société

TIPASA Les dos-d’âne, un redoutable fléau de la circulation routière

Publié par Houari Larbi
le 01.12.2019 , 11h00
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L’arrêté du 9 avril 2006 réglementant les ralentisseurs dispose que ces derniers doivent être réalisés en béton bitumineux ou en béton hydraulique et, partant, permettre à l’usager de reconnaître et d’identifier les aménagements qui sont mis à sa disposition.
Outre cet impératif, la réglementation actuelle limite l’implantation des ralentisseurs aux agglomérations, aux aires de service ou de repos routières, tout en stipulant que «les dos-d’âne» disposés sur des chemins forestiers ne doivent être implantés que sur une section de voie localement limitée à 30km/h.
De ce fait , l’’implantation de ces ralentisseurs se trouverait être interdite sur des voies où le trafic est supérieur à une voie de capacité moyenne de 300 véhicules/j lors de flux annuels.
Cette interdiction porte aussi sur une distance d’approche de 200 mètres, concernant les limites d’une agglomération ou d’une section de route à 70km/h.
Le marquage de ces ralentisseurs est constitué de bandes blanches sur leur surface supérieure, tout en débordant de 50 cm sur chaque côté, et en supportant un passage zébré pour piétons.
Ces interdictions précisent l’implantation des ralentisseurs, à l’approche des virages d’un rayon inférieur à 200 mètres avec, en sortie de ces derniers, une distance de moins de 40 mètres. De telles dispositions sont valables sur et dans un ouvrage d’art sis à moins de 25 mètres, de part et d’autre.
La réglementation prévoit en outre que dans tous les types de ralentisseurs ou de «dos-d’âne» leur hauteur ne doit pas avoir plus de 10 cm, afin de préserver des chocs avec les bas de caisse, les réservoirs et les pots d’échappements. Nonobstant cette réglementation, la situation dans la wilaya de Tipasa est malheureusement tout autre.
En effet, la quasi-totalité des communes de la wilaya a déjà eu recours aux ralentisseurs, communément appelés «dos-d’âne». L’installation de ces «dos-d’âne» ne respecte, ni la loi, ni l’urbanisme, ni l’esthétique de la ville. Plus grave encore, ces «dos-d’âne» sont érigés en violation des préoccupations des automobilistes qui voient leurs véhicules gravement malmenés et endommagés.
Le décret exécutif du 29 décembre 2005 et le décret du 9 avril 2006 qui définissent l’usage des ralentisseurs et les conditions de leur implantation sont dans la plupart des cas ignorés, méprisés et considérés comme inutiles et, partant, violés et contournés. 
Ce décret dispose que ces ralentisseurs sont soumis à l’autorisation préalable du wali, et qu’ils doivent s’insérer dans un schéma d’aménagement global et leur choix devra être de dernier recours.
Cependant, il semblerait qu’il y ait un abus dans les moyens de modération de la vitesse en agglomération. La vitesse normalisée qui devra être inférieure à 50 kilomètres/heure, ne justifie pas le recours systématique au «dos-d’âne» et devra être limitée aux seules agglomérations.
Pourtant, les associations de consommateurs disposent de moyens légaux pour ester en justice les maires irrespectueux de la loi , pour non-respect des normes et manquement à l’obligation de sécurité et de prudence.
Dans nos communes les aberrations sont telles que, des «dos-d’âne» hérissent des chaussées situées sur des routes nationales et de wilaya, à l’instar des ralentisseurs placés juste face aux revendeurs à la sauvette qui jonchent la route nationale n°11.
Pourquoi ces ralentisseurs illicites, inopinés et anarchiques ? L’histoire est là pour nous rappeler que l’origine de ces «dos-d’ânes» est liée à des manifestations populaires qui se sont déroulées dans les agglomérations de Cochard,  Hadjout Est, Errahaba et Ahmer El Aïn où furent érigés illicitement et systématiquement des «dos-d’âne» entre 2011 et 2019, dès qu’il y avait des contestations citoyennes, mettant en cause des gestionnaires locaux , lors de distributions de logement ou d’autres sujets de préoccupations citoyennes.
A Ahmer El Aïn, plusieurs dos-d’âne ont été supprimés au passage du Tour cycliste d’Algérie, et remis en place à coups de centaines de millions quelques semaines après.
A Cherchell, lors des années précédentes, plusieurs dos-d’âne ont été supprimés à la veille du passage d’un cortège présidentiel ou d’une délégation officielle, et remis en place quelques semaines après, toujours à coups de centaines de millions.
Un autre phénomène est apparu récemment dans certaines villes de la wilaya, celui où on s’évertue à fermer tout le passage d’un quartier, lors d’un événement social ou festif , à l’instar des mariages, fêtes ou décès, mais aussi lors d’une construction ou d’une « touiza ». 
En effet, l’urbanisme est durement malmené par des autoconstructeurs qui stockent à même la voie, leurs matériaux, rendant difficile la circulation automobile.
Malgré des mesures draconiennes prises au niveau de certaines contrées de la wilaya de Tipasa, pour la suppression des ralentisseurs anarchiques, force est de constater qu’avec la complicité d’élus ou de gestionnaires, des particuliers s’arrogent le droit d’ériger devant leurs domiciles des dos-d’âne , quelquefois disproportionnés, qui engendrent des dégâts dramatiques pour les automobilistes.
Outre l’autre stratégie adoptée par les revendeurs à la sauvette consistant à s’installer juste sur le ralentisseur pour la revente de la pomme de terre, des oranges et autres produits, il y a des délinquants qui squattent et utilisent ces ralentisseurs pour agresser et délester les automobilistes et les personnes malades, faibles ou isolées.
Houari Larbi

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