Rubrique
Société

Réseaux sociaux et nostalgie Souvenirs, souvenirs…

Publié par Sarah Raymouche
le 06.10.2019 , 11h00
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Qui de nous, dans un petit coin de sa tête, ne se remémore pas son premier béguin, ou bien la petite teigne qui nous faisait vivre les pires méchancetés ? Que sommes-nous devenus ? Avons-nous réussi ? Nostalgie d’une jeunesse passée, d’une adolescence enjouée… Internet, en général, et les réseaux sociaux en particulier font remonter ces souvenirs, plus encore les font s’exacerber. Et avec cela, des fois, des impacts sur la personne, son entourage et de facto, sur la cellule familiale.
La nostalgie est une maladie ! Eh, oui ! écrit de cette façon, ce n’est pas très fun ! Ce terme vient des deux mots grecs nostos et algia, qui signifient le retour et la maladie. La nostalgie est alors l’ennui créé par le désir du retour au passé ou dans son pays. Mais, depuis quelques années, c’est devenu pratiquement à la mode surtout avec la tendance rétro !

Les sites internet
Avant les réseaux sociaux et facebook en particulier, des sites internet ont déjà investi le terrain de la nostalgie. Le site le plus connu est sous un nom des plus évocateurs «copainsd’avant.com». Même si sa conception est destinée particulièrement aux Français, cela s’est vite étendu à d’autres pays à l’instar de l’Algérie. «Je me suis inscrite à copains d’avant après le décès de mon mari. J’ai eu un moment d’ennui, de déprime mais aussi de nostalgie. Du fait que je me suis mariée avant la fin de mon parcours au lycée, je voulais savoir si mes camarades avaient poursuivi leurs études et le type de diplôme qu’ils ont obtenu. La question centrale derrière cela était de savoir quel type de vie j’aurais pu avoir dans le cas où j’aurais continué mes études. Et par la suite, cela m’a permis de reprendre contact avec des personnes qui m’accompagnent maintenant. C’est incroyable comment une relation virtuelle avec des amies a pu contribuer à dépasser ma déprime et à reprendre goût à la vie » , raconte Houria, la soixantaine passée.
Il y a aussi ceux qui cultivent la nostalgie en créant des sites internet, des blogs, des forums dédiés à une région, à une certaine époque pour drainer des internautes d’un certain profil. Bruno Salgues, Ingénierie pour la santé et technologies de communication, Institut Mines-Télécom (IMT) écrit dans son article intitulé : « Comment les réseaux sociaux font commerce de la nostalgie » que « pour combattre la nostalgie, il suffirait d’abandonner une perception de la vie qui transforme le passé en période sacrée, la perception du temps sous forme de périodes qui se suivent les unes aux autres et dont les plus anciennes seraient les plus valorisées. Le spleen baudelairien exprime un mal de vivre qui comprend l’ennui, la nostalgie, la solitude et la culpabilité. Dans les faits, nostalgie et ennui sont liés, car s’ennuyer, c’est avoir la nostalgie de quelqu’un ou de quelque chose. Les réseaux sociaux et le relais des plates-formes dans ceux-ci sont une source d’activité indéniable à travers différents ressorts : faire agir l’individu, la force de l’ennui ou encore tout simplement des formes invisibles du travail des données».
Dans son écrit, il met en avant la monétisation des échanges des données au sens virtuel. Comme il l’écrit : «Pour les réseaux sociaux ainsi que les acteurs du web en général, la nostalgie est donc à la fois un moyen et un outil pour faire agir l’individu et en retirer, soit des bénéfices, soit l’adhésion de l’individu à sa plate-forme, soit son travail volontaire.»
Mais l’impact ne s’arrête pas là, il a un effet sur la vie directement des personnes.

«Retrouver son premier amour pour se donner une seconde chance»
Facebook a bouleversé la vie de milliers de personnes en leur permettant de connaître leur âme sœur ou encore de se marier ou de fonder une famille. Facebook  a permis  à  Rachid de retrouver son premier amour mais en contrepartie divorcer. «Je ne l’ai jamais oubliée. Bien que j’avais une épouse charmante et deux enfants. Il m’arrivait de penser à elle, de me demander ce qu’elle est devenue, d’imaginer ma vie avec elle si notre histoire avait pu continuer. Après une énième dispute avec mon épouse, j’ai ouvert un compte facebook. Et un jour, j’ai commencé à chercher après elle et j’ai fini par la contacter. Il était important pour moi de savoir si elle ne m’avait pas oublié. Et c’était le cas. Plus je discutais avec elle, plus je me rendais compte que j’étais malheureux dans mon couple. Mon épouse s’est rendu compte que je passais plus de temps sur facebook mais comme ce contact était établi en France, elle a estimé qu’il n’y avait pas de danger et que ce n’était que du virtuel. Et moi aussi ! J’estimais que je ne faisais rien de mal et que cela permettait juste de garder contact. Mais cela ne s’arrêtait pas là. De plus en plus, je suis devenu accro à nos conversations, à nos rires, ,plaisanteries et en plus, c’était réciproque. Je ne pouvais imaginer qu’un contact virtuel pouvait avoir des conséquences réelles. Cela s’est passé très rapidement. Après quelques mois de conversations et la situation chez moi devenait de plus en plus intenable. Je suis parti en France pour la voir. A mon retour, j’ai décidé de divorcer pour l’épouser. Après 20 ans de mariage, j’ai convolé avec ma première fiancée et nous avons célébré notre mariage auprès de tous ceux qui nous ont compris. J’ai perdu des membres de ma famille qui ne pouvaient réaliser ce que je vivais. Mon rêve à travers Facebook s’est réalisé.»

«Impact sur les couples»
Administrateur d’un groupe dédié aux mamans sur Facebook, Nawel est étonnée par le nombre important de messages qui lui parviennent faisant état de discussions passionnées avec des amourettes du passé. 
«Parce qu’à un moment de leur vie de couple, elles rencontrent des difficultés ou bien encore tout simplement, elles s’ennuient. Ces mamans décident, par curiosité, ou autres motivations, de chercher à connaître le devenir d’un ancien amour. Ensuite,  elles en deviennent amoureuses et commencent à fuir leurs époux. Et c’est toute une spirale de sentiments contradictoires qui commence à les envahir, jusqu’à faire des dépressions. Certaines d’entre elles commencent à s’interroger si elles sont en train de tromper leurs maris ! Au fil du temps, le nombre de messages augmente de plus en plus. Et j’imagine que cela doit être la même chose pour les hommes», explique-t-elle.
Comme toute technologie, les réseaux sociaux ont des points positifs et négatifs, c’est à celui de savoir bien le gérer pour n’en tirer que du bon, même dans la nostalgie !
Sarah Raymouche

 

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