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Société

L’EMBUSCADE D’OUED ZEGGAR (SKIKDA) LE 11 MAI 1957 DANS LA WILAYA 2 DU NORD-CONSTANTINOIS Vérités et éclairage

Publié par Bouhali Mohammed-Cherif
le 08.09.2019 , 11h00
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L’embuscade tendue par l’Armée de libération nationale, le 11 mai 1957, contre un convoi du 15e régiment des tirailleurs sénégalais (RTS), au lieudit Oued Zeggar, sur la route de Aïn Kechra à Collo dans la wilaya II du Nord-Constantinois, fut l’une des plus grandes tendues par l’Armée de libération nationale (ALN). Elle est connue par le nombre de morts et de blessés parmi les militaires français. 
A contre-courant de certaines contre-vérités colportées par certains historiens, nous avons pris attache avec l’un des moudjahidine survivant de cette fameuse bataille, Kemikem El Hadi, auteur d’un ouvrage El Milia, les souvenirs d’un ancien combattant de l’Armée de libération nationale sur cette embuscade. 
Cet ancien lieutenant-colonel de l’ANP a affirmé que les responsables de l’ALN dans cette wilaya ont choisi la région d’El Milia pour son relief montagneux et fortement boisé avec l’existence de plusieurs oueds, citant entre autres Boussiaba, El Kebir, El Zhor et ses limites avec Oued Zeggar, comme champs d’action des deux bataillons car cette zone, a ajouté notre interlocuteur, a permis aux troupes de l’ALN d’évoluer d’une manière facile en tous temps et toute situation opérationnelle.
Ce haut gradé à la retraite a ajouté que cette zone offrait plusieurs cibles à la guérilla car elle comptait de nombreux cantonnements militaires de l’armée française. Il a souligné, par ailleurs, que le chef de la wilaya II, le regretté Lakhdar Bentobal, a fait appel au début du mois d’avril 1957 aux compagnies de combat en provenance de Taher, El Milia, Collo, Constantine pour la constitution du premier bataillon. 
Selon une autre source, le premier bataillon comptait quatre sériâtes qui étaient composées de 150 soldats chacune : Taher (150), El Milia (150), Constantine (150), Collo (150). Le poste de commandement de ce bataillon dirigé par le défunt commandant Messaoud Bouali se trouvait à Aquabet Saadalh à Mechat dans le secteur 3 à 13 kilomètres au nord du chef-lieu de la commune d’El Milia, nous a précisé Kemikem el Hadi qui fut acteur de cette armée.
Ce dernier a tenu à noter que Messaoud Bouali avait comme adjoints les chefs des 4 compagnies de combat de Taher, El Milia, Collo et Constantine. 
Poursuivant son récit, ce natif de la localité de Ouled Boufaha, relevant de la commune d’El Ancer, a révélé aussi que Krim Belkacem et son adjoint Mohamedi Saïd et Lakhdar Bentobal ont transité par le PC de ce bataillon en partance vers la Tunisie.
Kemikem nous a confié également que «ce bataillon fut une grande puissance». Pour sa part, l’un des rescapés de cette embuscade, Bernard Robin, appelé du contingent, est revenu sur cette opération. Dans un témoignage recueilli il y a quelques années, il est souligné que le 11 mai 1957 son régiment avançait sur la route de Aïn Kechra à Collo près de Constantine. «Nous allions au ravitaillement, un troupeau de mouton avait été mis sur la route pour nous retarder. C’est alors que la vingtaine de véhicules est tombée dans une embuscade tendue par plusieurs centaines d’hommes. Une attaque meurtrière qui fit trente-cinq morts et vingt blessés du côté des troupes.» 
Il convient de souligner que lors de la fusillade, Bernard Robin a été grièvement blessé. «J’ai reçu une balle dans le dos qui a traversé le poumon et est sortie par le cou», se souvient-il. Ses camarades du régiment l’ont cru condamné, à tel point qu’un cercueil lui avait été préparé. Un aveu qui lui a été révélé il y a seulement quelques années par son ancien camarade de régiment, André Orta. 
L’appelé avançait le chiffre de 35 morts et 25 blessés alors que du côté algérien, M. Makhaba, moudjahid du bureau de wilaya de Skikda, avait avancé, il y a trois ans, le chiffre de 93 soldats français tués et 12 autres blessés. Un chiffre qui fait polémique.
Dans leur site, les anciens du 15e Régiment des tirailleurs sénégalais qui étaient attaqués lors de cette opération avançaient le chiffre de 35 morts et 27 blessés et un disparu ajoutant que cette embuscade etait la plus meurtrière de la guerre d’Algérie. Mais elle a moins frappé l’opinion que les 19 soldats tués lors de celle de Palestro…. Mystère médiatique ? s’interrogeait le site.
On apprend aussi, auprès de certains récits, que 370 soldats de l’ALN ont pris part à cette embuscade et 200 soldats pour la mission de logistique. Selon les témoignages du moudjahid Alloua Betatache du groupe du martyr Achour Lebdai, de retour de Tunisie, des djounoud de ce groupe ont aussi pris part à cette opération de grande envergure alors que des dizaines de soldats de quatre compagnies de combat étaient restés au PC du 1er bataillon à Mechat.
Le baroudeur El Hadi Kemikem a ajouté, en outre, qu’après les brillantes opérations militaires de Azrar et Taskifet durant le mois d’avril de la même année, ledit bataillon a été dissout les 13 et 14 mai 1957 dans la région de Oued Zhor non loin de Benifergane.
Après la prise du pouvoir de la wilaya II par Ali Kafi après le départ de Bentobal vers la Tunisie, le nouveau chef de la wilaya a reconstitué le deuxième bataillon vers le début du mois de juillet 1957 avec le même effectif et le même encadrement en gardant le même poste de commandement dont, entre autres, Messouad Bouali assisté par les chefs de compagnie Messaoud Bensam dit Taheri et Dekhli Mokhtar.
Le deuxième bataillon avait à son actif un certain nombre d’opérations dont celle contre la légion étrangère occupant le village de Tanefdour au sud de Mechat en 1957 relevant actuellement de la commune d’El Milia.
Cependant, au cours du repli, le chef de compagnie de la région de Taher, Dekhli Mokhtar, dit El Baraka, a trouvé la mort sous un bombardement d’artillerie, d’après notre interlocuteur qui ne cesse de s’insurger contre certaines contrevérités colportées par certains pseudo-historiens sur les réseaux sociaux qui désorientent les jeunes d’aujourd’hui concernant leur histoire glorieuse écrite par des hommes et des femmes qui se sont sacrifiés pour que l’Algérie recouvre son indépendance.
Bouhali mohammed Cherif

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