Soit dit en passant / Soit dit en passant

A la bonne heure, ils nettoient !

L’influence n’est pas banale et l’effet d’entraînement susceptible d’en étonner quelques-uns. Mais oui ! Ceux qui regardaient avec mépris le fait de retrousser leurs manches ont quelque peu cessé d’incriminer les seuls élus locaux dans la clochardisation de leurs lieux de vie pour admettre que leur propre responsabilité était engagée à plus d’un titre. N’en déplaise à ceux qui cultivent et encouragent sans vergogne la mauvaise foi ambiante, les gens ou du moins certains d’entre eux semblent avoir enfin consenti à rompre avec une nonchalance de rigueur  et un confort tout relatif au profit de ce qui leur apparaît soudainement bien plus urgent. 
 Le nettoyage à grande eau de leur environnement. On ne sait toujours pas tout à fait clairement à qui ou à quoi l’on doit ces maladies qui emportent brutalement ceux qui en sont atteints comme le choléra. L’enquête n’est pas terminée, nous dit-on. Quand le sera-t-elle ? Même les patrons des services infectieux l’ignorent. Enfin, ils prétendent l’ignorer. Parce que, entre ce que l’on consent à nous dire pour éviter que la contrariété ne se transforme en grosse colère moins facile à étouffer et la réalité que l’on manipule avec délicatesse parce que trop incommodante, il y a une marge ténue dont on a conscience en haut lieu qu’il vaut  mieux ne pas trop s’y frotter. Des fruits et légumes irrigués avec des eaux usées ? De l’eau du robinet à l’origine du mal ? De l’eau de source impropre à la consommation ? La saleté avancée de nos rues et ruelles ? Il n’est pas dans mon intention d’encourager à nouveau le doute, mais avouez qu’il y aurait de quoi flinguer l’insolence avec laquelle l’on nous chante en permanence que tout va bien ! 
Si ceux censés nous rassurer, parce qu’ils disposent de la bonne info, se contentent d’affirmer du bout des lèvres qu’ils contrôlent la situation et veillent donc à notre bonne santé, nous n’avons, pour notre part, aucun autre choix que celui de patienter. 
En attendant, et ce qui rassure, par contre, davantage, c’est que les gens semblent avoir renoncé à regarder ailleurs en niant être en partie responsables de la propagation du choléra.
M. B.