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Soit dit en passant

A la ville comme aux champs ! (fin)

Publié par Malika Boussouf
le 21.02.2019 , 11h00
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Il était bien furieux ce monsieur qui me reprochait il y a quelques jours de vouloir repeupler les douars en grande partie désertés. Mais je ne veux rien, moi, monsieur. Je dis juste que je partage l’avis du chauffeur de taxi dont vous pensez que parce qu’il est chauffeur il n’a pas la cervelle qu’il faut pour réfléchir à ce qui serait  le mieux pour l’agriculture, pour l’équilibre du pays et pour nous. Il y en a qui le font avec peu d’agressivité, mais qui ne pensent pas moins qu’il y a des choses dont on peut parler et d’autres qu’il vaudrait mieux taire. Soutenir mordicus qu’avant l’indépendance les Algériens étaient tous des ruraux consiste à abuser de raccourcis qui avalisent chacun des travers dont la ville fait les frais. 
Alors, évidemment, il y a des passages où le monsieur me demande d’actionner ma mémoire en m’instruisant par exemple que durant le règne ottoman, aucun Algérien ne pouvait se targuer d’être citadin. J’aimerais bien lui dire que je ne m’en souviens pas, que je n’étais pas encore né et mes arrière-arrière-grands-parents non plus. La stabilité d’un pays ne tient pas au fait que l’on contourne la succession de vérités qui dérangent sous prétexte que pour faire montre de patriotisme, il faut offrir de son pays une image qui force le respect  et toujours laver son linge sale à l’abri des regards extérieurs ennemis qui nous jalousent et ne nous veulent aucun bien. 
Un autre lecteur, pas du tout content, pense que partager les propos d’un taximan, c’est faire dans «la stigmatisation du monde rural». Et quand il rappelle à mon sympathique prétendant à la magistrature suprême que parmi ceux qu’il se propose de renvoyer chez eux pourraient bien figurer «son médecin , son avocat ou son plombier», je réponds que ce serait idéal pour des populations rurales qui méritent, elles aussi, de bénéficier de services aussi  indispensables à leur sédentarisation. 
Par contre, lorsque l’on écrit «dans beaucoup de cas, la ville est aussi rustre que la campagne», et que l’on en veuille pour preuve  «ces lieux de pique-niques jonchés de détritus», ou  que «la problématique réside dans l’acte d’éduquer», j’applaudis !  
M. B.

 

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