Soit dit en passant / Soit dit en passant

A Tarascon, Tartarin !

Certains disent en garder une pour la route lorsqu’ils pensent devoir étancher leur soif en cours de trajet. J’avoue, pour ma part, en avoir gardé une pour raviver la flamme de celui dont on négligerait de parler pour peu qu’il cesse durant quelques heures d’intervenir pour tout et n’importe quoi. 
C’est vrai qu’il arrive fréquemment qu’on lui demande de ménager son entrain et de freiner ses déclarations tonitruantes, mais force est de constater que si ce dernier donne de la voix, c’est que, derrière lui, il y en a qui s’agitent et commandent. Vous l’aurez deviné, il s’agit du SG du FLN dont le grand âge n’empêche ni de jouer des coudes ni de donner un avis hautement autorisé. Il y a quelques semaines, un lecteur m’avait interpellée à ce propos :  
«Ould-Abbès m'inspire. Que voulez- vous ? Voilà un homme hors du temps et de l'entendement, acteur imposé de notre actualité, tant les sujets à traiter sont nombreux.  En Algérie, Ould-Abbès raconte partout qu’il est un grand moudjahid. Pour raconter ça, il raconte beaucoup, et pour expliquer ça, il explique ! Mais les Algériens, eux, voudraient bien voir des preuves de son héroïsme… ‘‘A Tarascon, Tartarin raconte partout qu'il est le plus grand chasseur. Pour raconter ça, il raconte beaucoup, et pour expliquer ça, il explique ! Mais les gens de Tarascon, eux, voudraient bien voir des preuves de son héroïsme...’’ Même si Daudet s’inspire d’un personnage ayant existé, Tartarin reste un personnage de roman. Ses vantardises et ses mensonges en font un acteur dont tout le monde se moque. On se prend d’empathie pour lui tant il est stupide, mythomane et vantard. Aujourd'hui, la ville de Tarascon le revendique et en a fait le  symbole de la moquerie et de la bonne humeur provençale.  
Ould-Abbès est, quant à lui, dans notre réalité et dans son mirage. Faut-il en rire ou en pleurer ? J’opterai pour la seconde suggestion !  Il a un auditoire qui boit ses paroles et est prêt à applaudir jusqu’au moindre de ses soupirs !»  Mais de tout ce que l’on peut en dire, l’hyperactif Ould-Abbès se soucie peu. Seuls ceux qui abusent de l’allégresse qu’il met à les servir gèrent son humeur.
M. B.