Soit dit en passant / Soit dit en passant

Absents à l’appel, ils font quoi ?

Une question ! Celle que je ne suis pas la seule à me poser à leur propos ! Non pas qu’ils nous aient habitués à plus de présence ces dernières années, mais j’avoue être surprise qu’ils n’aient toujours pas fait l’effort de se prononcer en faveur de la rue ou de ceux qui lui sont opposés.
Un petit effort pour dire leur solidarité ou leur rejet de ce que d’aucuns qualifient d’agitation contre-productive. Je parle de ceux qui, le mardi et le vendredi, battent le pavé sans penser à se mettre à l’abri des coups, ne craignant pas d’être embarqués et de croupir en prison sous des accusations qui insultent la raison.
En vérité, ces derniers n’ont absolument pas besoin d’être guidés par une supposée maîtrise des mouvements qui s’opèrent dans un pays lorsque ce dernier, dans sa grande majorité, est convaincu qu’avancer vers la lumière exige que l’on y consacre du temps et de l’énergie. Où sont passés nos intellectuels ? Où sont ceux dont on serait près à jurer qu’ils détiennent la science infuse et le raisonnement qui va avec ? Ceux qui ont l’insupportable audace de partir en croisade contre les compatriotes qui leur font de l’ombre en produisant du sens ? On ne les entend pas ! Il y aurait pourtant de quoi longuement disserter. De quoi dire et s’opposer sans jamais attendre l’embarrassante permission de le faire. Attention, je ne mets pas tous ceux qui pensent, créent, illustrent et publient dans le même panier ! Dieu merci ! Parce que sinon, il y aurait de quoi sérieusement s’inquiéter ou carrément perdre espoir et ne plus rien percevoir de l’avenir que les vilaines choses dont on aimerait nous convaincre.
J’avais trouvé triste, par exemple, qu’un Boudjedra, dont on ne devrait évoquer le nom que pour en conter les qualités, accepte de partager l’univers, lamentablement dépourvu d’intelligence, de personnages douteux qui sévissent au sein de rédactions poubelles qui n’ont d’étique que leur alignement sur ce que leur inspire l’ambiance qui règne en coulisses. J’aurais préféré qu’au lieu de plonger dans leur univers crasse et effroyable, il m’aide à entrevoir, prématurément, cet autre avenir que les Algériens réclament inlassablement !
M. B.