Soit dit en passant / Soit dit en passant

Au-delà des grandes formules…

Ils sont Premiers ministres, ils sont ministres, ils sont PDG, ils sont walis, ils sont maires et un jour ils ne le sont plus. Ils ne sont plus rien au sens où ils n’ont plus aucune autorité et ne jouissent plus d’aucun privilège. Et c’est même pire pour eux, puisqu’ils se retrouvent devant le juge sommés de rendre des comptes. Souvent face à des juridictions sur lesquelles ils auront eu, auparavant, le pouvoir de faire pression. Avoir tant d’avantages et un matin ne plus exercer la moindre influence sur quiconque. Ne plus avoir de fidèle qui consente à vous livrer le couffin en prison. C’est ce que je racontais il y a quelques mois à propos de la fille d’un Sellal qui se lamentait à propos du lâchage de son pauvre papa, désormais impuissant à imposer sa volonté à quiconque. L’héritière de l’ancien Premier ministre, planquée à Londres avec sa mère, n’a pensé, à aucun moment, à s’appliquer le vieil adage qui certifie que l’on n’est mieux servi que par soi-même. Il y a celles et ceux qui sont convaincus qu’il y a une ferme intention de les enfumer, derrière les histoires de corruption qui n’en finissent pas de raconter la promotion sociale des uns et des autres. Comment se convaincre qu’il n’y a pas là une volonté de détourner l’intérêt d’une réalité pas belle à voir ? Au-delà des grandes formules qui portent quelqu’un au pouvoir ou à la périphérie de ce dernier, une vaste question   interroge sur l’exigence de croire en soi pour pouvoir développer sa capacité à croire en les autres. On se plaint de la presse qui, régulièrement, fait l’objet de critiques au vitriol. Selon ceux que cette dernière n’encense pas, elle ne produirait que des informations infondées et destinées à décrédibiliser les intentions des pouvoirs publics. Admettons, aucun de ses détracteurs ne prend son courage à deux mains ni ne lève le petit doigt pour aider cette dernière à informer concrètement ceux qui s’intéressent à ce qui aide le pays à se redresser, pour ne pas dire à respirer. En apportant des éclairages plus concluants ou en poursuivant ce qui a été entamé en mettant à jour ses prévisions. En comblant les lacunes, au fur et à mesure que l’on avance. 
M. B.