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Soit dit en passant

Banaliser la détention !

Publié par Malika Boussouf
le 10.10.2019 , 11h00
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Les reproches enflent en même temps que les choses se corsent. Le ressentiment prend de l’ampleur tandis que, de part et d’autre, chacun campe sur ses positions. 
D’un côté il y a le système qui pense à préserver son autorité et à se refaire une santé pour jouir, encore, de tous les privilèges qu’il se permet en retour, et de l’autre des populations qui réclament le changement. Des centaines de milliers d’Algériens qui ne veulent rien entendre aux propositions qui leur sont faites par cette même autorité dont ils exigent le départ sans concession aucune. 
J’ai écouté un groupe d’avocats, qui animait une conférence de presse, faire la comparaison entre le comportement adopté à l’égard d’un responsable qui est traduit en justice et celui réservé à quelqu’un qui n’appartient pas au sérail, se permet d’en critiquer le comportement ou milite pour la promotion des libertés et autres droits humains. 
Au premier on remet respectueusement une convocation. Avec le  second on ne prend pas de gants. On le ramasse dehors, sur une terrasse de café où il est installé avec des amis. J’ai trouvé intéressant que les avocats expliquent à ceux qui l’ignorent, en même temps qu’ils rappellent les fondements de la loi aux magistrats qui sévissent à tour de bras, pourquoi lorsqu’il n’y a pas d’enquête à mener et que les faits reprochés sont clairement établis aucune raison ne justifie plus que l’on mette la personne incriminée en détention provisoire. 
J’avoue m’être rassurée à les écouter exposer leurs griefs. Je comprends franchement mieux pourquoi les avocats et les magistrats ne jouent pas dans la même cour. Il y a ceux qui obéissent parce qu’ils ne savent pas faire autrement, ceux qui obéissent parce qu’ils pensent partager ainsi une part de pouvoir, ceux qui ont choisi de faire ce métier parce qu’ils n’auraient pas su quoi faire sinon et ceux qui partagent l’avis de la défense mais évitent de se compromettre… C’est dire combien les profils divergent. L’information a couru selon laquelle le moudjahid Lakhdar Bouregraâ aurait entamé une grève de la faim. Heureusement que ses avocats ont réussi à le faire renoncer à sa décision ! 
M. B.

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