Rubrique
Soit dit en passant

Exit le gant de velours !

Publié par Malika Boussouf
le 19.09.2019 , 11h00
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La main de fer l’a abandonné. Je me demande en vérité si elle n’a jamais aimé l’enfiler. J’ai beau tourner ça dans tous les sens, je n’arrive pas à comprendre pourquoi tous ceux qui ont vieilli au cœur du système tiennent tellement à mourir avec lui. 
Ce groupe de responsables impénitents qui aimerait réussir le passage en force en cours sans faire montre de grossièreté ni trop faire de dégâts, mais y aller en force quand même, parce qu’il ne croit pas en un autre moyen de gagner la partie.  On n’est pas habitués à céder à la panique quand on est aux commandes et que l’on veut montrer de quoi on est capables à une rue qui se rebelle. Pour ne pas étaler au grand jour leur affolement et la déroute qui leur pend au nez, ceux qui s’affichent aux côtés de l’autorité qui persiste à vouloir contenir, par la force, la vague de contestation qui va grossissant, brandissent la matraque et en ordonnent l’usage. 
Plus les mois passent, plus la rue multiplie les exigences, et plus l’affolement devient perceptible. Inutile, par conséquent, de chercher à expliquer ce qui nourrit l’énergie qui tient la vieille garde en éveil et lui fait décréter que les marcheurs qui occupent la rue depuis 7 mois sont quantité négligeable. Lorsque la gérontocratie tient lieu d’unique solution pour un pays où la majorité a moins de 30 ans et qu’agir aux lieu et place d’une rue en effervescence ne peut que servir l’intérêt du pays, il faut s’attendre à des lendemains plus prometteurs de violence que de paix. Tous ceux qui assistent, ulcérés, à cette multiplication inadmissible des arrestations ont conscience qu’il y a un seuil que les donneurs d’ordres ne pourront dépasser. On embarque, certes, à tour de bras et sans crier gare, mais on ne saurait enfermer les centaines de milliers d’Algériens qui, chaque semaine,  marquent de leur empreinte l’évolution de la contestation. La pratique qui vise à intimider et à faire craindre le pire étant familièrement inscrite au programme d’un système aux commandes depuis 1962, qui ne pense jamais autrement qu’à se reproduire. Et, dans ce cas, ce dernier n’a même plus besoin de recruter. Les candidats prêts à le servir sont déjà entrés en scène.
M. B. 

 

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