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Soit dit en passant

Gérer le deuil et panser les blessures

Publié par Malika Boussouf
le 10.06.2021 , 11h00
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Comment les valeurs communes, celles que l’on partage généreusement, ont-elles fait pour s’éteindre ? Comment gérer les cauchemars qui hantent encore les nuits des survivants ? L’infatigable association Djazairouna, née le 17 octobre 1996, et que préside Cherifa Kheddar, n’a eu de cesse, depuis sa création, de travailler sur la transmission et contre l’oubli. Elle a perdu sa sœur, une avocate, et son frère architecte. Sa mère et elle-même ont survécu, par miracle, à l’assaut de terroristes venus en finir avec toute sa famille. Autour d’elle, parents et voisins ont succombé sous les balles meurtrières ou ont été froidement égorgés quand les femmes n’ont pas été violées sous les yeux de leurs enfants, de leur mari, de leur père, mère et frères. Cherifa Kheddar se souvient de ces rivières de sang que les survivants ont dû enjamber pour courir se réfugier dans le voisinage. Comment faire l’impasse sur toutes ces horreurs et ne pas créer une association qui plante avec force l’emblème du souvenir ? Celui qui raconte l’effroi et la détresse dont Cherifa se souvient et qu’elle porte encore en elle.  Des blessures qui ne cicatrisent pas, que toutes les victimes qui ont échappé au pire et les familles de victimes porteront en elles à jamais. Parce qu’un criminel qui ne se repent pas et  laisse aux autres le soin d’accréditer l’innocence qu’il tente de vendre à droite et à gauche tandis qu’il pense gagner l’essentiel autrement. Voilà pourquoi l’on comprend aisément les avantages qui l’encouragent à baigner dans ce milieu-là, autrement dit, à choisir son camp.
Il y a longtemps que ce devoir-là s’est transformé en obligation. Il est incontournable parce que des associations, dont Djazairouna,  travaillent à entretenir le souvenir pour les uns et à rafraîchir la mémoire aux amnésiques, à ceux qui tournent le dos à ce qui embarrasse et empêche l’ambition de faire mouche. De gêner la progression. Il y a longtemps que remettre à la une ce que d’autres s’acharnent à enterrer est devenu une obsession. Une rencontre de quelques jours a été organisée récemment pour capitaliser toutes les actions entreprises autour de la décennie rouge. A suivre ! 
M. B.   

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