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Rubrique Soit dit en passant

Hommage, émotion et négation

Ce jour-là, tandis que l’on rendait un hommage qui se voulait grandiose aux victimes faites à Israël par le Hamas, le 7 octobre dernier, je suis allée d'une chaîne à une autre, à la recherche de la moindre compassion pour les victimes palestiniennes. Mêmes réactions et même silence sur Ghaza et, pour ne pas faillir à la tradition et ne pas insulter la feuille de route traditionnelle, mêmes condamnations. C'est l'islamisme radical qui frappe. Les Palestiniens, eux, n’auraient aucune raison d’être en guerre contre l'occupant plus «avenant» que barbare derrière lequel se bousculent des Bédouins en mal d’intégration. Ceux-là mêmes qui rament et paient sans compter leur hypothétique adhésion au club très privé des puissants. Là où l’on trinque en veux-tu, en voilà pour fêter chaque passage à l’acte exterminateur de l’allié sioniste ! Durant le vibrant hommage, chaque présence témoignait de la légitimité israélienne d'occuper la Palestine, d’y être en terrain conquis et en droit de se défendre pour les uns et pas pour les autres. Les victimes sont pointées du doigt comme les agresseurs et bourreaux, comme les victimes à défendre et à financer. Que fait le monde pour restituer leur terre aux Palestiniens spoliés ? Rien, sinon faire mine de dénoncer tout en se gardant d’en appeler fermement à l’arrêt du génocide. Parce que c'est l'islam radical qui frappe et pas la résistance palestinienne. La distinction embarrasse. Alors, pourquoi ne pas faire comme si tous les Ghazaouis étaient des islamistes radicaux ? 27 000 morts. Plus ils sont nombreux, moins ils sont visibles.
Les nombres élevés dérangent lorsqu'ils n’appartiennent pas à un monde autorisé à vivre. Quels bouchers traduire en justice pour terrorisme à grande échelle et mise en œuvre d’une solution finale que l’on se garde bien de qualifier comme telle ? Même pour les animaux, le monde a pour habitude de s'émouvoir. Les Palestiniens, eux, n'y ont pas droit. Tu ne peux pas comprendre, m’a affirmé un confrère qui sévit de l’autre côté de l’Hexagone. J’ai dû me résoudre à expliquer pourquoi les Algériens n’ont pas besoin qu’on leur enseigne de quoi est fait le terrorisme barbare.
M. B. 

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