Rubrique
Soit dit en passant

Je marche, tu marches, ils s’énervent !

Publié par Malika Boussouf
le 26.05.2019 , 11h00
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Il s’écoule parfois quelques jours entre les marches du mardi ou du vendredi et le moment où l’on en parle. Mais peu importe, puisque le compte rendu est fait, en temps normal, par des reporters dépêchés sur le terrain pour coller de plus près à l’actualité. Les chroniques, elles, permettent de prolonger la communion et les sensations fortes en traitant autrement de ce qui s’est passé précédemment. 
Je n’ai pas pour habitude de sortir tôt le matin, mais, vendredi dernier, je l’ai fait. Alger était quadrillée. Le dispositif destiné à dissuader les marcheurs de faire comme les étudiants le mardi d’avant était en place. Tous les accès au Palais du gouvernement et toutes les rues susceptibles d’être empruntées par les manifestants étaient déjà bouclés. 
D’imposants véhicules de police occupaient sévèrement la ville comme pour la prémunir d’une invasion d’hommes, de femmes et d’enfants dont ils auraient sans doute à se défendre. Regroupées derrière leurs gros engins, les brigades anti-émeutes étaient parées pour la journée. Déjà sur pied, prêtes à en découdre, alors que la capitale dort paisiblement. On était vendredi. C’est Ramadhan et les Algériens, même s’ils sont toujours autant déterminés à se faire entendre, ne   s’étaient pas donné rendez-vous aux aurores. Alger était furieusement prise en otage par des policiers en uniforme ou en tenue civile qui échangeaient à propos du Hirak, sans se soucier des rares passants qui se frayaient difficilement un chemin entre les véhicules.  
Canons à eau, chasse-neige et autres engins destinés, pas seulement à impressionner, mais aussi à réprimer, étaient tellement collés les uns aux autres qu’il ne fallait pas peser lourd pour se glisser entre eux. Le spectacle était pitoyable. pas beau à voir. Je n’avais jamais vu Alger dans cet état. Assiégée par une force qui se donnait bien du mal pour trouver quoi se mettre sous la matraque et qui passer à tabac. De retour à la maison, je me suis précipitée sur ma tablette, histoire de voir si des amis avaient vu la même chose que moi. Des personnes avaient été arrêtées de bon matin. 
Tout citoyen portant un drapeau sur lui était embarqué. 
M. B.

 

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