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Soit dit en passant

Jihad, Islam, Oussama, Saddam…(1)

Publié par Malika Boussouf
le 15.11.2018 , 11h00
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Voilà des prénoms qui perturbent, peut-être plus que de raison, certaines mairies, de l’autre côté de la Méditerranée. J’ai lu, il y a quelques jours, dans un journal de l’Hexagone, avec quelle force une femme avait manifesté son intention de ne pas en rester là face à l’interdiction qui lui a été faite d’appeler son fils comme elle l’entendait. 
Pas question d’appeler son nouveau-né autrement, quitte à se faire représenter par un avocat pour faire valoir un droit. 
Il faut dire que dans le pays où elle vit et où le bébé est venu au monde, la démocratie teste la réalité de ses fondements au quotidien. Elle ne peut donc être une vue de l’esprit là où l’on tient farouchement à faire valoir des principes liés notamment à la liberté de conscience. Là où l’on ne se soumet aux injonctions de l’administration que si cette dernière est dans son droit. Lorsqu’elle met au monde un garçon, le premier vœu qu’émet la femme en question, qui évolue vite en obsession, est de courir l’inscrire à la mairie sous le prénom de
Jihad ! Elle sait qu’un officier d’état civil n’a pas le droit de s’y opposer. Mais Monsieur le maire n’est pas d’accord. Le prénom du nouveau- né est malvenu. Il évoque à une mémoire, encore blessée, la violence des attentats qui ont endeuillé son pays ces dernières années. 
La situation qui n’a rien de cocasse s’avère au contraire bien tendue par une menace qui plane encore ici et là et dont le terrorisme islamiste qui sévit à travers le monde ne se prive pas d’énoncer les règles sanglantes. Comment, par conséquent, s’étonner que ladite menace puisse susciter autant de rejet ? Le prénom est estimé tellement agressif qu’il inspire très vite au maire d’en appeler au juge des affaires familiales pour faire annuler sa transcription. Le rejet, s’il est justifié à propos d’un prénom à consonance tendancieuse, validerait l’intervention de l’administration. Ce n’est pas la première fois qu’un tel prénom pose problème. Quelques mois auparavant, le même cas avait été médiatisé dans une autre ville.
La mère avait dû, après de vives protestations, plier devant la décision du tribunal. Elle a été autorisée à l’appeler Jahid. 
M. B.

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